Bonjour! Bienvenue...

guymamoumani Je suis ravi de vous accueillir sur ce blog que j’ai ouvert pour favoriser les échanges et les débats sur ce qui nous lie tous et me tient particulièrement à cœur : le développement de l’économie numérique. Notre société et notre économie sont aujourd’hui transformées en profondeur par l’apport des nouvelles technologies et nos entreprises y contribuent amplement. Elles doivent être entendues dans leurs spécificités, leur rôle et leurs ambitions. Elles sont également confrontées à de nombreux sujets qui font l’actualité du numérique. C’est la raison pour laquelle ce blog est d’abord le vôtre, adhérents de Syntec Numérique, professionnels de l’informatique ou simplement intéressés par ce numérique qui bouleverse notre quotidien : toutes les contributions sont les bienvenues et je m’efforcerai d’y répondre rapidement. Je souhaite que ce blog s’enrichisse de dialogues et d’idées et j’apporterai régulièrement ma contribution et mon regard personnels sur les sujets qui m’animent. Je suis impatient de vous lire.

16 mai 2012 ~ 0 Commentaires

Avec le numérique, il faut d’urgence réinventer l’industrie !

Publié dans « L’Usine nouvelle » le

Guy Mamou-Mani, co-président de la SSII OPEN et président de Syntec Numérique, et Henri Verdier, président de Cap Digital, en appellent tous les deux à agir urgemment pour développer une industrie de référence de l’après-numérique en France. La réponse nécessaire à une crise de la modernité.

Regardez nos adolescents partir au Lycée : pas un de leurs vêtements, pas un de leurs objets familiers n’est conçu ou produit en France. Rien d’étonnant, puisque, pour la première fois sans doute dans notre histoire, aucun des 25 produits de grande consommation les plus vendus dans notre pays n’est conçu ou produit en France.

Nous traversons une crise industrielle majeure, ayant abouti ces trois dernières années à la fermeture de 900 entreprises et à la perte de 100 000 emplois industriels. 800 000 en dix ans.

Le constat a été effleuré au cours du débat des présidentielles. Mais le diagnostic et les remèdes n’ont pas été posés. Au contraire, le débat a ouvert de fausses oppositions, qui risquent d’être extrêmement néfastes : entre l’industrie et les services; entre le numérique et la production; entre produire en France et concevoir en France…

Nouvelle illustration du paradoxe français. Voilà un grand pays d’éducation et de recherche, un grand pays industriel, un des leaders mondiaux des industries de service, le berceau des plus belles startup Internet non américaines. Et pourtant, sa production industrielle échoue à se moderniser, ses industries de service ne sont plus soutenues, et ses PME innovantes ne grandissent pas.

Il est essentiel de bien comprendre ce qui bloque cette économie qui a tout. Il n’y a pas là un simple effet de la crise financière. La reprise ne sera pas automatique. Les subventions, les relocalisations et les vieilles méthodes ne suffiront pas. Nous traversons une crise plus profonde. Une crise de la modernité, qu’illustre la crise de son modèle industriel.

Le numérique, grammaire de l’économie et de la société

La révolution numérique nous a fait changer d’ère industrielle. Les règles de la création de valeur ont changé. Nous sommes entrés dans un processus de transformation économique – toujours à l’oeuvre – au moins équivalent à celui de la révolution industrielle. Ne pas le comprendre, c’est prendre le risque, comme en 1929 de voir s’installer une « reprise sans emploi » appuyée sur les énormes gains de productivité fournis par le numérique, dont nous n’aurions pas su faire le levier d’une croissance durable.

Parce que le numérique est désormais la grammaire de l’économie et de la société, il nous faut entrer dans cette modernité, retrouver l’ambition collective, l’intelligence stratégique.

Pour ce faire, il faut comme préalable définir une nouvelle politique économique et industrielle appuyant sur tous les leviers à la fois : – libérer l’innovation, la créativité et l’explosivité numériques. Car même si ces secteurs créent pour le moment peu d’emplois, ils seront source de croissance économique et génèreront une emprise culturelle et symbolique sur les autres activités – accompagner la mutation des industries de production et des industries de services, qui doivent réussir à incorporer en temps réel les flux d’innovations issus du numérique pour regagner positions et capacités d’expansion. – investir massivement sur les nouveaux secteurs : santé, réseaux intelligents d’énergie, Internet des objets, tous ces secteurs qui hybrident indistinctement le logiciel, le matériel et le service, et portent aujourd’hui les principaux espoirs économiques de l’Europe, donc de la France.

Mais surtout, il nous faut retrouver le projet d’inspirer le monde, l’ambition de délivrer les meilleurs produits et services, la qualité qui suscite une adhésion universelle instinctive.

Faire confiance à nos créateurs, les soutenir et vouloir porter de nouvelles propositions, voilà l’ambition d’une société qui se projette et envisage l’avenir. Au lieu d’une stratégie de relocalisation, ou d’une stratégie de réindustrialisation, c’est bien à une stratégie de « néo-industrialisation » qu’il est urgent de s’atteler, pour faire naître, en France, l’industrie d’après la révolution numérique. Voici un enjeu majeur du quinquennat qui vient.

Les auteurs de cette tribune :

Henri Verdier Président de Cap Digital et Guy Mamou-Mani Président de Syntec numérique

 

02 mai 2012 ~ 0 Commentaires

La santé plus que jamais au cœur des préoccupations des professionnels du numérique

J’ai toujours pensé que la Santé était un sujet  important et pas seulement parce que les Etats Généraux de l’Industrie le positionnaient parmi ses priorités. Au travers de diverses rencontres avec des personnalités du monde de la santé et sur la base de mes propres expériences professionnelles en matière de systèmes d’information de santé et d’organisation des soins, j’avais pu me forger ma propre conviction. Aussi, c’est assez logiquement que j’avais fait de la santé une pièce maîtresse de mon programme dans le cadre de ma propre « campagne présidentielle » il y aura bientôt de cela deux ans.

La Revue parlementaire m’a donné l’occasion de remettre les choses en perspectives à l’occasion de la publication de son numéro spécial sur l’avenir du système de santé.

Syntec numérique s’est en effet fortement investi  dans la Santé grâce à la très forte mobilisation des entreprises regroupées au sein du Comité santé. Les membres de Syntec santé travaillent de manière soutenue sur les chantiers de transformation liés aux infrastructures de santé comme l’Hôpital numérique, le Cloud santé et la mutualisation, ou encore sur des questions liées aux systèmes d’information du professionnel de santé et le développement de la Télémédecine.

Au cours de la 5ème édition de Health Information Technologies (HIT), plusieurs d’entre elles étaient réunies sur le « village Syntec santé» où je recevais  la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale, Roselyne Bachelot-Narquin, accompagnée de Jean Léonetti, alors président de la Fédération Hospitalière de France, à qui j’ai remis en main propre le Livre blanc Syntec sur la Télémédecine, l’enjoignant d’adopter le scénario d’ambition sur lequel nous avions travaillé dans le cadre de l’Observatoire paritaire des métiers de notre Branche.

Ce scénario, documenté depuis par le groupe de travail télémédecine de Syntec santé et qui a été formellement approuvé par la directrice générale de la DGOS, avance un taux de croissance annuel du secteur de 30% environ qui pourrait se réaliser si les acteurs du secteur se mobilisent de façon importante et si.la télémédecine est considérée comme elle l’est au Royaume-Uni comme un domaine d’investissement stratégique pour les pouvoirs publics. Il impliquerait un triplement, voire même un quadruplement du secteur en 5 ans. Le marché de la télémédecine pourrait ainsi atteindre 300à 520 Millions d’euros dans 5 ans.

Le déploiement généralisé des outils de télémédecine au bénéfice des patients souffrant de  maladies chroniques (qui représentent 38% des dépenses ALD) permettrait, à l’échéance 2020, une économie potentielle de 2,6 milliards d’euros chaque année, somme dont il faut déduire les coûts de mise en œuvre des dispositifs. Dans la réédition du livre blanc prévue pour l’édition 2012 de HIT, nous ferons état d’un programme d’études de grande envergure mené au Royaume-Uni par les pouvoirs publics (« The Whole System Demonstrator programme ») qui confirme les gains potentiels offerts par la télésanté pour les patients et les finances publiques. Impliquant près de 6200 patients atteints de diabète, de maladies chroniques systémiques d’origine respiratoire et de maladies coronariennes équipés d’outils de télésurveillance, cette étude a montré en un an une réduction des admissions aux urgences (-21%) et des hospitalisations programmées (-24%), du nombre de jours d’hospitalisation (-14%) et de visites aux médecins (-15%), des coûts globaux de traitement (-8%) et une baisse spectaculaire de la mortalité (- 45%).

Si les industries de santé sont plus mobilisées que jamais comme elles viennent d’en faire une nouvelle fois la démonstration à Bercy il y a deux mois lors des Assises numériques et santé  les pouvoirs publics ne sont pas en reste et se montrent très actifs. La concertation avec les industriels est plus que jamais à l’ordre du jour côté Ministère de la santé qui organisé des réunions à échéance régulière avec les industriels pour favoriser une meilleure compréhension des enjeux et donner davantage de visibilité sur les programmes et marchés à venir encadrés par la loi HPST.

Une annonce récente illustre le rapprochement souhaitable dans ce domaine du public et du privé, la création d’une délégation à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS) auprès des ministres chargés de la santé, de la sécurité sociale, des solidarités et de la cohésion sociale placée sous l’autorité du secrétaire général des ministères chargés des affaires sociales, qui manifeste la volonté de l’Etat de vouloir, dans la durée,  « animer le travail d’élaboration des orientations et des priorités nationales dans le domaine des systèmes d’information de santé et médico-sociaux et des technologies numériques appliquées à la santé ».

Si nous avions un vœu à formuler, ce serait de compléter ce dispositif par la mise en place d’un Conseil des technologies de l’information de santé qui, à l’image du CNN installé l’an dernier par le Président de la République ferait appel à des experts qualifiés des services numériques en santé appelés à être force de proposition aux côtés des responsables de la politique de santé auprès de qui ils s’emploieraient à faire émerger des projets de taille. Nous aurions ainsi davantage de visibilité sur les grands appels d’offre nationaux et les processus de décision dont nous sommes largement tributaires.

Je souhaiterais enfin qu’en amont d’une bonne gouvernance qui affranchisse les industriels des changements de cap liés aux aléas du calendrier politique que le Comité stratégique de filière auquel Syntec numérique a été associé tout au long de l’année 2011 soit pérennisé. Si l’on veut en effet « Faire de la France un leader pour les innovations de rupture, les solutions multi-technologiques et la médecine personnalisée » comme le préconise le Conseil Stratégique des Industries de Santé (CSIS), il faut  faciliter les alliances et regroupements, improbables sans une volonté forte de la part des diverses parties prenantes,  entre les industries du médicament, du Dispositif Médical (dont biomarqueurs, tests compagnons) et celles des solutions IT de type télésanté.

 

 

29 mars 2012 ~ 2 Commentaires

Réindustrialisation et nouvelle révolution industrielle : le débat de fond pour l’avenir économique de notre pays fait l’impasse sur le numérique

 

 

La mondialisation a redistribué les cartes : plus que l’effet de concurrence, logique et naturel, des pays émergents, c’est le retard pris par l’adaptation de notre système productif à une nouvelle aire (ère)industrielle qui la rend plus difficile pour nos concitoyens.

On peut vouloir renforcer l’égalité des échanges, lutter contre le dumping social, mais le cœur du problème est ailleurs, comme l’illustre le débat sur la réindustrialisation dans la campagne présidentielle qui fait l’impasse sur l’apport du numérique dans une stratégie globale de modernisation, voire de réorientation de notre système productif.

 

Nous changeons d’aire industrielle, les anciennes recettes ne peuvent plus fonctionner. Les IT, Internet, nous font passer d’une société centralisée à une société collaborative. C’est l’un des enjeux du « collectif du numérique », que nous avons lancé le 19 mars, qui cherche moins à peser sur les décisions en haut de la pyramide du pouvoir, qu’à mettre en place une « collaboration » entre les acteurs du numérique, « l’industrie du futur », et les structures politiques et représentatives afin de participer « au futur de notre industrie ».

 

 

Que l’on soit ou non en accord avec la vision que développe Jeremy Rifkin dans son dernier livre « la 3e révolution industrielle », où il voit la convergence entre IT et changement de régime énergétique (vers un modèle d’énergie distribuée sur le modèle d’Internet), l’impact de la technologie intelligente ne fait que commencer pour des millions de gens qui vont notamment changer de travail.

 

Nous devons collectivement nous préparer à cette transition sinon les dégâts pourront être plus dramatiques que le simple effet de la concurrence mondialisée, et je défends que nos entreprises du numérique, qui sont aussi « des communautés créatives » et des projets collectifs, ont beaucoup à apporter dans cette transition.

 

Le numérique, ce n’est pas que des solutions techniques, c’est une transformation et une rationalisation de notre façon d’agir, de diriger et de gérer, plus transparente, plus collective et qui peut aider autant à la mise en valeur du monde qu’à le protéger. Il est une chance, il propose des solutions pour améliorer certaines difficultés de notre pays dans le domaine de l’éducation, pour rationaliser, afin de la préserver, notre modèle social et de santé, pour moderniser et rendre plus performant notre Etat.

 

Je déplore que le numérique ne soit toujours pas considéré dans mon propre pays comme un facteur de croissance dans tous ces domaines. Et je déplore qu’il reste encore trop souvent cantonné à être un coût, économique pour les entreprises, surtout en période de crise, et social pour le politique et une partie de la société.

 

Or aujourd’hui il n’est plus temps de tergiverser, la « digitalisation » de notre économie, dans le cadre de la réindustrialisation, est devenue une question stratégique, une question de souveraineté.

Comme l’explique très bien Henri Verdier, qui parle même de « néo-industrialisation », il est urgent :

-          d’achever la transformation numérique des industries de services fortement exportatrices,

 

-          de réorienter les politiques de soutien à l’innovation et à la R&D pour les entreprises qui ne font pas de R&D et en comblant le fossé PME/grands groupes,

 

-          de développer les activités qui hybrident l’industrie, le logiciel et les services (santé, villes intelligentes, transport intelligents, réseaux intelligents ou smart grids)

 

-          et de prendre des positions fortes sur des secteurs à fort potentiel de croissance (services numériques, internet des objets, greentech,etc), même s’ils ne vont pas immédiatement créer beaucoup d’emplois.

Nous avons des atouts en France, les CV de Français s’arrachent outre-atlantique pour leurs savoirs-faire dans les métiers de l’internet, de la programmation, du conseil et de la création.

Nous avons de bonnes infrastructures, avec un horizon de développement qui pourra supporter et permettre le développement des nouveaux usages, nous avons créé des marques internationales à partir de start-up de l’internet et nous exportons largement nos services et conseils informatiques et technologiques.

Alors, la France, 5e puissance économique en PIB ne peut plus se contenter de sa piteuse 20e place « numérique », il s’agit d’une question de responsabilité face à l’avenir et face aux enjeux du progrès. J’attends que la prochaine Présidente, ou le prochain Président, de la République, manifeste ce réalisme et cette ambition. Industriels du numérique, nous sommes prêts à les partager avec elle ou avec lui.

 

 

14 mars 2012 ~ 0 Commentaires

La commission Femmes du Numérique

Syntec Numérique présente le 15 mars prochain la commission Femmes du Numerique, présidée par Viviane Chaine-Ribeiro. Cette soirée sera l’occasion de découvrir l’ensemble des actions menées et à venir : enquête réalisée auprès de sociétés du secteur, présentation de rôles modèles, lancement de « la Route du Numérique au Féminin »…

Née de la volonté de femmes charismatiques du secteur, Femmes du numérique s’est fixée une triple mission :

  • promouvoir l’égalité entre femmes et hommes dans notre écosystème,
  • donner des outils à nos PME pour sa mise en œuvre,
  • mettre en valeur l’attractivité de notre profession pour les femmes

Le secteur du numérique est attractif et source d’emploi (1,15 million), nous considérons que la responsabilité sociétale dans toutes ses composantes est essentielle. Femmes du Numérique s’inscrit totalement dans la vision d’un secteur d’avenir qui doit être exemplaire. C’est en capitalisant sur l’ensemble des compétences et la complémentarité entre femmes et hommes que nous renforcerons encore plus cette industrie

14 mars 2012 ~ 3 Commentaires

Lettre au futur président à relire vu l’accueil fait au numérique dans cette campagne

Madame, Monsieur le futur président de la République, Dans moins d’un an vous allez être confronté(e) à des problèmes particulièrement difficiles, accrus par une crise mondiale de la dette qui a aggravé les choses et ne facilitera pas les arbitrages indispensables que vous devrez alors prendre avant d’arrêter les décisions courageuses qui s’imposeront.

Que ce soit en matière de santé publique avec un déficit croissant de la sécurité sociale, multiplié par 3 à 24 milliards d’euros de 2006 à 2009 ; de chômage, avec un taux d’emploi passant de 8 à 10% de la population active ; d’intégration avec des difficultés persistante d’insertion des jeunes issus de l’immigration.

Au plan économique, les divergences de compétitivité de nos entreprises comparées à celles d’autres pays comme l’Allemagne qui gagne des parts de marché à l’exportation sont criantes.

Dans le domaine éducatif, les inégalités d’accès à un environnement numérique de travail aux différents niveaux d’enseignement restent patentes même si des progrès significatifs ont pu être réalisés qui indiquent la voie à suivre. Pour ce qui est de la maîtrise de l’énergie et des questions environnementales, il y a encore beaucoup à faire pour limiter les émissions de CO2.

En ce qui concerne la réforme de l’Etat et les grands chantiers de l’Administration, il reste encore beaucoup à faire en matière de dématérialisation de données publiques et de simplification des processus administratifs au service des citoyens et des entreprises.

Sur chacun des points sur lesquels j’ai cru bon d’attirer votre attention, les solutions classiques ont été épuisées : pour ce qui est de la Sécurité sociale, hausse des taxes et déremboursement des médicaments ; pour le Chômage, loi de cohésion sociale, plan d’urgence contre le chômage des jeunes, contrat d’insertion dans la vie active ; pour l’Intégration et l’emploi, les différentes politiques mises en œuvre butent sur la réalité économique de notre pays.

S’agissant de l’économie, nos entreprises ont des difficultés sur la scène internationale et nos PME n’exportent pas assez , notre balance commerciale est toujours déficitaire et notre croissance est atone ; en matière d’Education, le non remplacement des professeurs et les fermetures de classes créent chaque fois un choc et font débat dans notre société ; en ce qui concerne l’environnement, les solutions alternatives à la gestion intelligente de l’énergie (stockage de l’électricité, smart grids) tardent à être expérimentées alors que nos voisins progressent en matière de « gestion de la demande » ; enfin, touchant l’Administration , entreprises comme citoyens critiquent la lourdeur de nos procédures administratives.

Grâce aux technologies numériques nous avons des solutions qui ont déjà fait leurs preuves dans d’autres pays. Je veux croire qu’aux lendemains de votre élection vous puissiez lancer sans délai les programmes correspondant suivant l’exemple de vos homologues canadiens, coréens ou japonais ou du nord de l’Europe pour l’e-santé.

Pour ce qui est de la Santé, la France a un savoir-faire spécifique en télémédecine. Nous venons d’en donner la preuve en publiant à l’occasion du congrés HIT Géront’Expo un livre blanc sur les conditions du développement de la télémédecine en France. En matière de chômage, notre secteur se montre exemplaire. Il crée de l’emploi et recrute en grand nombre : 40 000 recrutements sont prévus en 2011. S’agissant d’intégration, nos entreprises n’ont pas besoin de cv anonymes. La diversité fait partie de l’ADN de notre secteur.

Sur le plan économique, nous encourageons la diffusion des usages numériques dans les PME. Estimant que c’est le levier pour les aider à gagner en productivité, nous plaidons pour l’octroi d’incitations fiscales. Pour ce qui est de l’Education, nous expérimentons déjà à grande échelle l’e-learning qui est une voie d’accès à l’information de qualité pour tous, et recommandons l’adoption de nouvelles pratiques pédagogiques facilitant la mise en relation élèves / parents / professeurs grâce aux « ENT ». Sur le plan environnemental, le green IT et les différentes formes de télétravail devraient permettre de réconcilier croissance et de environnement. Enfin, en matière d’administration électronique où beaucoup de choses existent déjà, il est temps de généraliser la télé-déclaration des données, les inscriptions en ligne sur les listes électorales, de faciliter l’e-voting, le recensement des citoyens en ligne, d’ouvrir un guichet unique emploi à pôle emploi qui offrait de nouveaux services.

Vous pouvez compter sur nous, Madame, Monsieur le futur président de la République, pour vous aider à déployer lors de votre quinquennat une politique de développement des usages au bénéfice d’une industrie numérique forte pour une économie plus compétitive. Nous ne manquerons pas de vous faire des propositions concrètes qui n’auront d’autre objectif que de mettre au cœur du débat les enjeux de notre industrie.

Je vous prie d’agréer l’assurance de ma haute considération,

Guy Mamou-Mani

13 mars 2012 ~ 0 Commentaires

Il y a une industrie où il y a des emplois : LE NUMERIQUE


 

Le ministre du travail, de l’emploi et de la santé Mr Xavier Bertrand s’est rendu ce jour dans les locaux de Lefevre Software éditeur de logiciel société présidée par Viviane Ribeiro administratrice de Syntec numérique. Nous avons pu y avoir un échange remarquable sur les enjeux du numérique et signer une convention sur l’emploi et la formation.

Notre profession s’honore de signer cette convention que je qualifierai volontiers d’emblématique de la puissance d’entraînement de notre écosystème quand il veut bien se mettre en branle.

L’accord auquel nous sommes parvenus souligne, s’il en était encore besoin, la détermination qui est la nôtre d’ouvrir l’accès des professions du numérique au plus grand nombre et de trouver une réponse à la pénurie de main-d’oeuvre dont souffre notre secteur, un secteur dont les politiques commencent tout juste à percevoir qu’il représente un formidable vecteur de croissance, qui plus est de croissance riche en emplois.

Les entreprises qui se sont réunies sous la bannière de Syntec numérique avec pour ambition affichée de « changer le monde » viennent en effet de conclure un accord-cadre de toute première importance avec les pouvoirs publics avec comme objectif de consolider le secteur du numérique au sein de l’économie française et de libérer tout le potentiel de compétitivité de ce secteur d’avenir notamment en termes de création d’emplois et d’entreprises.

Aux côtés du Ministère du travail, de l’emploi et de la santé, de sa Délégation générale à l’emploi et à la formation professionnelle (DGEFP), de pôle emploi et de Centre inffo, Syntec Numérique s’est engagé à évaluer avec ses partenaires, qui sont pleinement dans leur rôle d’animateurs stratégiques, les besoins en recrutements au niveau territorial, à analyser les emplois tout en veillant à anticiper les effets sur l’emploi des mutations économiques et technologiques, à promouvoir les métiers du numérique, enfin à appuyer les entreprises dans leurs recherches de compétences-clés qui leur font défaut.

Dans le cadre de ce travail collectif qui aura un volet européen – la promotion des métiers et des compétences numériques ne s’arrêtant pas aux frontières de la France , Syntec Numérique et ses partenaires veilleront à faire connaître les dispositifs de formation, initiale ou continue, menant aux professions numériques, à informer les interlocuteurs de pôle emploi sur les métiers du numérique et leurs évolutions, s’attacheront à pallier le faible taux de féminisation des emplois du secteur numérique, à attirer vers ce secteur les jeunes talents sans négliger les publics en difficultés.

Vous aurez compris que j’attends beaucoup de cet accord qui s’inscrit dans la durée puisque nous sommes engagés sur une période de trois ans et qui dépasse tous les clivages politiques. Toutes les composantes de l’écosystème logiciel et services sont concernées, des éditeurs aux intégrateurs de systèmes en passant par les opérateurs de services et les grands cabinets qui nous accompagneront dans cette démarche pour réussir ce grand « bond en avant » qui, à côté de l’indispensable processus de ré-industrialisation en cours, montrera tout le parti que notre pays peut tirer des acteurs du Service quand ils se rassemblent autour d’un projet commun.

L’emploi ne se décrète pas plus que l’innovation. On peut par contre imaginer qu’en combinant dans un nouveau « mix » les savoirs faire respectifs des acteurs publics et des industriels du numérique concernés au premier chef par la « guerre des talents » et les enjeux de compétitivité on parvienne à mieux satisfaire leurs besoins prévisionnels de recrutements qui ne cessent de croître !

Cliquez ici pour télécharger l’Accord entre le Ministère du travail et le Syntec Numérique

27 janvier 2012 ~ 1 Commentaire

Appel à l’union de tous les acteurs du numérique

Nous sommes de plus en plus nombreux à penser que notre pays est à un tournant de son histoire. Il a pris le virage de la modernité et de la mondialisation mais son avenir reste incertain tant la bourrasque de la crise est forte et les freins au changement nombreux. Tout peut basculer, dans un sens ou dans un autre. En un sens, l’avenir de la France est entre nos mains. La campagne présidentielle dans laquelle nous entrons est propice aux débats autour des grands enjeux économiques et sociétaux. Ce serait dommage de se priver de cette tribune.

logoC’est dans ce contexte d’élections que plusieurs organisations professionnelles dont Syntec numérique ont souhaité s’associer pour porter ensemble dans la campagne, comme d’autres pays s’y sont employés avec succès un certain nombre de propositions faisant droit au formidable potentiel de croissance et d’innovation que recèle l’industrie numérique.

Nous avons d’ores et déjà rencontrés les équipes de campagne des principaux candidats qui nous ont toutes réservé un accueil chaleureux, manifestant toutefois vis-à-vis de nos propositions respectives un intérêt très en deçà de nos attentes. Aussi pensons-nous qu’il est urgent de passer à la vitesse supérieure !

Pour cela, il nous faut trouver une structure qui permette à tous les acteurs du numérique de faire œuvre collective et de s’exprimer d’une seule voix. C’est à ce prix et à ce prix seulement que nous serons crédibles, que notre message sera tout simplement audible alors que se multiplient les déclarations de tous bords.

Notre message aura d’autant plus de poids et de retentissement qu’il sera simple et direct :

LE NUMERIQUE DOIT ETRE AU CENTRE DE VOS IDEES PROGRAMMATIQUES

Emploi, Formation, Fiscalité, Compétitivité, Ré-industrialisation, Déficits, Santé, Education,… les programmes des différents candidats tournent tous autour de ces grandes thématiques ; chacun d’entre eux s’emploie à le défendre le mieux qu’il peut sans pour autant faire grand cas du numérique qui risque une nouvelle fois d’être le grand absent de la campagne. Il est temps qu’ils s’en saisissent et comprennent que le numérique est le levier de croissance par excellence.

Je propose donc à tous ceux qui ambitionnent d’installer le numérique au cœur de la campagne, et en premier lieu aux présidents d’associations qui se retrouvent dans notre projet, de se réunir autour d’une table dans les meilleurs délais pour qu’ensemble nous essayons de trouver, sans aucun a priori, la meilleure voie (et voix) d’expression pour y parvenir avec succès.

23 janvier 2012 ~ 2 Commentaires

10 Propositions Syntec Numérique pour les candidats à l’élection présidentielle de 2012

La ré-industrialisation de la France passe par le développement d’une industrie de « l’immatériel » forte, ainsi que par un retour de la compétitivité des industries traditionnelles, transformées à l’aide de l’innovation et des nouvelles technologies. En effet, dans les décennies à venir, l’industrie du numérique va connaître un essor sans précédent, à la hauteur de la révolution métallurgique du XIXème siècle. La France doit être le moteur de cette évolution mondiale. Elle a, là aussi, une occasion unique de moderniser son industrie traditionnelle qui disposera ainsi des armes solides pour affronter ses concurrents du monde entier.

Le numérique : industrie du futur, futur de l’industrie

Le secteur du numérique emploie déjà 1,5 million de personnes en France. C’est un secteur très dynamique qui propose chaque année, pour le seul domaine des Logiciels et Services, 40.000 emplois dont 10.000 créations de postes. Les rapports McKinsey de 2011 indiquent que 20% de la croissance française entre 2005 et 2009 a été directement liée au numérique et à Internet, ce chiffre s’élevant à 25% pour 2010. L’industrie du numérique est donc majeure pour notre pays.

10 proposition Syntec sur la tribuneL’industrie du numérique apporte donc des réponses en matière de croissance, de création d’emplois, de compétitivité de ses entreprises, mais aussi de réduction des déficits publics et de transformation de la société, à l’heure où la France doit affronter des enjeux économiques et sociétaux déterminants.

Sa contribution à la croissance économique réside en premier lieu dans son utilisation par les entreprises. Dans une compétition mondialisée, la compétitivité des entreprises françaises garantit leur pérennité et leur croissance. Elle passe par la hausse de la productivité grâce aux technologies numériques. Notre pays doit investir en faveur de l’usage massif du numérique dans toutes les entreprises.
Dans le domaine de l’emploi, alors qu’un pourcentage encore trop important de chaque classe d’âge termine son parcours scolaire sans diplôme, le secteur numérique, qui figure parmi les premiers recruteurs de cadres en France, peut permettre la création de milliers d’emplois notamment dans les bassins en difficulté.

En matière de réduction des déficits, le numérique permet des économies tangibles pour l’Etat dans les domaines de la gestion et de la gouvernance de l’administration ou de la lutte contre la fraude sociale notamment.
Enfin, alors que les domaines régaliens de l’Etat sont au cœur des problématiques de demain, en particulier la santé (maîtrise des dépenses face au vieillissement de la population et au développement des maladies chroniques), l’éducation (adéquation de nos systèmes de formation aux métiers de demain), et l’environnement (préservation des ressources énergétiques), le numérique apporte des solutions innovantes qui ont vocation à transformer en profondeur la société dans chacun de ces domaines.

Cependant, la France ne bénéficiera pleinement des effets du numérique qu’à condition de mettre en place une politique volontariste afin d’accélérer les programmes d’investissements dans les infrastructures numériques de très haut débit capables de répondre à l’évolution rapide des besoins des entreprises et des individus.

Pour illustrer son propos, Syntec Numérique formule 10 propositions pour 2012 qu’il met à la disposition des candidats à l’élection présidentielle pour alimenter leur réflexion.

Les voeux du Syntec sur 01 Net

Télécharger l’interview d’Hedwige Chevrillon sur BFM


Guy Mamou-Mani, Président du Syntec Numérique par frenchweb

Voir l’article sur French Web : http://frenchweb.fr/syntec-numerique-invite-dans-la-campagne-60164

 

01 décembre 2011 ~ 0 Commentaires

Une quinzaine presque ordinaire…

… des activités Syntec Numérique

Avec un agenda de plus en plus bousculé, obligeant tout un chacun à revoir ses priorités le Syntec numérique vit une véritable accélération. C’est particulièrement vrai dans un monde du numérique qu’Eric Besson a justement qualifié de « Nouveau Monde 2.0 ».

Nous avons trop conscience des responsabilités qui sont les nôtres en tant qu’acteurs du numérique pour nous dérober face à cette crise systémique qui sévit et appelle de notre part des réponses nouvelles, à l’échelon global mais aussi de chacune de nos entreprises et organisations.

Une question se pose: comment passer des principes aux actes, des idées à la réalisation ? « Il est temps de concrétiser », c’est en ces termes que le ministre de l’Economie numérique ouvrait l’eG8 qui réunissait le mois dernier à Paris 13 ministres venant de 5 continents.

Le temps presse et, comme vous pouvez le vérifier en revisitant notre agenda de ces derniers jours, la Profession a pris la mesure de l’urgence et ses dirigeants sont plus que jamais mobilisés

Chronique d’une semaine folle

Jeudi 17 novembre

Lors de notre 2de Conférence de Presse de l’année, nous avons pu confirmer les chiffres de croissance que nous vous avions annoncés en avril dernier : +3,6% pour 2011 avec une perspective pour 2012 de +1%.

Pour donner davantage de relief à ces annonces et élargir l’audience au-delà du premier cercle, je me prêtais le même jour à une interview sur le plateau de BFMBusiness

Vendredi 18 novembre

Déplacement à Lille pour participer à un événement organisé par le l’antenne régionale Nord de Syntec Numérique sur le thème « La finance au service du développement des Entreprises du Numérique »

A l’occasion de cette tournée lilloise, j’ai pu découvrir EuraTechnologies  qui accueille des sociétés de tous profils, favorise l’émergence de projets TICs et attire de nouveaux talents.

Mercredi 23 novembre

Rencontres annuelles du club des processus sur le thème « Economie numérique et usages 2.0 : menaces ou opportunités pour les processus. Une table ronde enthousiasmante où des dirigeants montrent comment le numérique est au centre de la transformation des entreprises tout en respectant l’aspect humain. 

Le même jour Syntec numérique co-organise une nouvelle fois Les Assises de l’Embarqué , parfaite illustration de ce qu’est une rencontre du troisième type, celle de l’Industrie et des services.

J’ai tenu à assister  à la remise des Trophées qui chacun venait récompenser des entreprises innovantes, start up ou grandes entreprises.

Jeudi 24 novembre

A l’occasion d’un Grand débat Citoyen sur le Numérique, Syntec Numérique dévoilait ses propositions que je défendrai personnellement devant les candidats à l’élection Présidentielle et à leurs équipes.

Le même jour, paraissait dans la presse un papier sur un sujet qui nous tient particulièrement à cœur : Réforme de la JEI : tribune commune Syntec Numérique, AFDEL et SNJV.

Lundi 28

Syntec Numérique est aussi conduit à prendre position nettement sur certains sujets d’actualité. Si notre chambre comprend la nécessité d’un rééquilibrage des comptes publics, elle dénonce l’adoption de l’ Amendement Brunel, amendement qui remet en cause l’avantage fiscal accordé aux utilisateurs de prestations d’assistance informatique à domicile et qui revient à être contre productif .

Le même jour, j’accueillais Philippe Burnel, le nouveau délégué à la stratégie des systèmes d’information de santé (DSSIS) qui pour sa première « sortie officielle » avait accepté de participer à une ½ journée de réflexion avec les membres de Syntec santé et d’autres représentants d’agences du ministère (DGOS, ANAP, DSSIS santé) et la CDC à un séminaire sur le Cloud en santé .

Mardi 29

Lors des  « Assises du Numérique » organisées par le ministère de l’industrie, j’ai été invité à participer à la Plénière de clôture sur un thème qui, à lui seul, est tout un programme : « Le Numérique pour la Compétitivité et la Croissance ». Une mention spéciale pour Laure de la Raudière qui a montré sa grande sensibilité et une parfaite compréhension de nos enjeux  au cours de ce débat.

Lors de cette journée on a pu assister à des discours de Mrs Besson et Fillion et Mme Berra montrant la prise de conscience de nos pouvoirs publics concernant l’industrie du numérique. Des premiers résultats du travail commun de tous les acteurs qu’il faut accentuer dans la perspective des élections présidentielles.

A suivre… ! Décembre s’annonce aussi riche en événements.

19 octobre 2011 ~ 1 Commentaire

Ma réponse à Clara Gaymard : «L’industrie revient au cœur du débat»

Voici ma réponse suite à l’article de Clara Gaymard dans le Figaro Economie.

Clara Gaymard

Clara Gaymard, présidente de General Electric France. (Crédits photo: AP)

Chère Clara Gaymard,

J’ai lu avec beaucoup d’intérêt l’interview que vous avez accordée és qualités de présidente de General Electric France, au Figaro et qui a été reprise en pleine page de son supplément économie daté du 6 octobre sous un titre qui ne pouvait pas me laisser indifférent : « l’industrie revient au cœur du débat ».
Je suis très admiratif de la foi qui vous anime et de la passion avec laquelle vous cherchez à mobiliser en faveur d’une politique industrielle forte et je la partage. Vous prêchez d’ailleurs d’exemple. En faisant l’acquisition de Converteam, GE affiche en acte et pas seulement en parole sa croyance dans l’industrie en France, même si notre pays n’est pas aussi compétitif que votre groupe pourrait le souhaiter.

Pour autant, vous redoutez, dites-vous, un possible ralentissement de l’activité industrielle dans notre pays. L’industrie, tous secteurs confondus, serait menacée de déclin faute de mesures volontaristes qui viseraient à la renforcer. Il conviendrait, selon Eric Besson, de « protéger » l’industrie française « pour préparer l’avenir » selon ses propres mots.

J’ai par contre plus de mal à vous suivre quand, pour donner corps à ce plan d’ambition, vous estimez nécessaire comme d’autres s’y sont essayés en leur temps, d’opposer le monde des services, « l’économie de l’immatériel », au monde de la production : « je me suis toujours inscrite en faux, dites-vous, contre l’idée qu’un pays mature doit passer de l’agriculture à l’industrie et de l’industrie aux services ».

Je souhaite vous alerter sur les conséquences indirectes que peuvent avoir vos propos. L’industrie du numérique, intégrée à tort dans la catégorie des « services », sert en fait de « vache à lait » dans la défense de l’industrie traditionnelle et ce au risque de lui faire perdre toute compétitivité.
J’en veux pour preuve l’arbitrage qui a été réalisé sur la suppression de la taxe professionnelle. Cette taxe qui handicapait certainement l’industrie s’est transformée en une taxe sur la valeur ajoutée pénalisant fortement les entreprises du numérique basées par définition sur la création d’emplois et sur la haute valeur ajoutée.
De plus, les différents empilements de taxes portent pour l’essentiel sur le type d’emplois que nous créons et la liste serait longue si on y ajoutait les fonds de péréquation (ex celui de la formation) qui alourdissent systématiquement le fardeau au détriment de cette valeur ajoutée.
Comble du paradoxe, ce sont les PME/ ETI du secteur IT qui souffrent le plus des arbitrages rendus au bénéfice de l’industrie traditionnelle. Or ce sont ces entreprises qui sont le fer de lance de l’innovation.
Une part non négligeable de la valeur ajoutée et de la compétitivité française de l’industrie traditionnelle provient précisément des « services » du numérique : on le doit à cette forme particulière d’ingéniosité que l’on retrouve notamment parmi les salariés de notre Branche qui manient le « click » et le « mortar ».

Loin de s’imposer sur les ruines de l’industrie, ces « travailleurs de l’immatériel » viennent au-contraire s’appuyer sur les forces vives de l’industrie pour développer les solutions innovantes que vous embarquez ensuite dans vos activités manufacturières.
Ces services contribuent fortement à l’excellence française et aucun de ses tenants ne défendrait aujourd’hui l’idée absurde qui a eu pourtant cours, mais pas chez nous, d’une « France sans usines ». La France qui gagne c’est, vous le savez aussi bien que moi, celle qui sait faire des choix gagnants, qui a des idées, et qui travaille à leur réalisation en s’en donnant les moyens (les investissements d’avenir font partie de ces grandes idées).
C’est sans doute ce que vous vouliez dire quand vous nous invitez à prendre garde à la désindustrialisation et à « choisir ses secteurs d’excellence ».

Je partage avec vous, chère Clara, cette forte conviction et compte à mon tour sur vous pour nous aider à gagner le pari de l’intelligence, celui de l’ingéniosité française. Ce combat nous est commun même si nous utilisons des moyens différents pour y arriver. C’est en mariant les services à l’industrie que nous serons forts. Nous obtiendrons ainsi une industrie du futur forte et un futur pour notre industrie.