Le Numérique au service
de la croissance des PME

Tribune publiée le 21 avril 2018 à l’occasion du 3e forum Normandie Connectée

L’étude réalisée par le Cabinet Roland Berger et Google France en vue de l’édition 2017 du CES de Las Vegas (à consulter ici) établissait la nécessité pour notre pays de s’engager dans une nouvelle étape de la révolution numérique pour en faire un vrai moteur de croissance à l’exemple d’autres pays en Europe et dans le monde qui ont engagé pleinement leur transformation digitale.

La France enregistre un niveau de numérisation qui se situe dans la moyenne européenne mais accuse, aux dires des auteurs de ce rapport, un retard qui pourrait s’avérer critique par rapport aux pays les plus avancés qui jouent mieux qu’elle des différents leviers de la numérisation pour tirer parti de la reprise économique qui se confirme.

“les entreprises traditionnelles et plus particulièrement plus petites continuent d’utiliser les outils informatiques acquis il y a 10 ou 20 ans”

La France dispose sans doute d’une base solide pour devenir une grande puissance numérique mais, comme le fait remarquer le Cabinet dans son rapport, elle se repose trop sur ses acquis: « les entreprises traditionnelles et plus particulièrement plus petites continuent d’utiliser les outils informatiques acquis il y a 10 ou 20 ans mais n’abordent que peu la vente en ligne, le cloud, la robotisation »

Ce constat est corroboré par une étude réalisée par BPI France qui s’appuie sur les résultats d’une enquête réalisée auprès de 1800 dirigeants de PME et ETI dont on peut tirer plusieurs leçons.

Tout d’abord, il apparaît que la transformation digitale n’est pas une priorité stratégique pour 87% des dirigeants de PME interrogés pour qui le numérique représente un phénomène anecdotique au regard de leur propre activité.

Si l’on regarde les 13% qui ont une ambition digitale pour leur entreprise, une toute petite minorité se donne les moyens de ses ambitions: 63 % n’estiment pas nécessaire d’établir une feuille de route indiquant clairement les jalons qui leur permettraient de mener à bien la transformation digitale de leur PME.

Plus préoccupant encore pour la BPI, le fait que les dirigeants de PME confondent encore trop souvent la transformation numérique de leur entreprise avec la seule digitalisation des outils et des process.

Plutôt que de se focaliser sur l’acquisition de technologies, ils devraient davantage s’attacher à créer de la valeur autrement, par exemple en réinterrogeant leur business model dans un contexte digital. Les technologies viennent en appui, sont des moyens pas des fins.

Qu’il s’agisse de s’adapter au changement pour rester compétitives, d’innover pour renouer avec la croissance ou d’adapter leurs canaux de distribution aux nouveaux modes de consommation, les dirigeants de PME doivent d’urgence prendre les mesures qui s’imposent.

Il est urgent de s’atteler à la numérisation des PME françaises comme l’a montré un rapport du Conseil National du Numérique (CNNum) auquel j’ai eu l’honneur d’être associé qui met les dirigeants de PME face à leurs responsabilités en leur indiquant les voies et moyens de réussir la transformation digitale de leur entreprise, sans pour autant leur cacher les difficultés.

Les dirigeants de PME ne sont pas tous au même stade de maturité numérique. Ils sont plus ou moins convaincus du caractère stratégique du numérique. Si on veut qu’ils s’engagent dans un processus accéléré de numérisation riche en croissance, il faudra proposer à chacun, selon ses besoins – comme s’y est employé le CNNum dans son rapport – un accompagnement spécifique:

  • faire d’abord et avant tout œuvre de pédagogie pour vaincre les résistances des dirigeants les moins convaincus,
  • leur faire prendre conscience de la nécessité de se transformer en se mettant à l’école des grandes entreprises qui ont longtemps connu les mêmes difficultés qu’elles et ont su, par contre, surmonter leur handicap numérique comme en témoigne la 4ème édition du palmarès du eCAC40,
  • baliser le parcours de ceux qui ont compris l’importance des mutations en cours mais sont perdus dans le maquis des dispositifs d’aides,
  • remédier au manque de compétences numériques qui freine le rythme de transformation numérique des dirigeants de PME les plus convaincus par des mesures visant à développer l’offre de formation dont pourraient bénéficier leurs équipes.

Parce qu’il partage lui-même cette conviction que le numérique peut être tout à la fois accélérateur de croissance, créateur de valeur et d’emplois pour les PME, Edouard Philippe a lancé fin 2017 une mission qui s’inscrit dans le sillage du rapport du CNNum.

Cette mission qui a été confiée à l’ancien président de l’ordre des experts-comptables a pour objectif d’« accompagner ou financer les premiers pas numériques et la transformation digitale des TPE/PME ».

Je veux croire que les conclusions de cette mission qui devraient être connues au moment où se déroulera l’édition 2018 du Forum de la Normandie connectée seront de nature à lever les derniers doutes des dirigeants de PME vis-à-vis du numérique.

Gageons que ceux d’entre eux qui n’ont pas encore franchi le pas se lanceront à leur tour dans la numérisation de leur entreprise parce qu’ils auront compris que le numérique est un levier de croissance qui ne demande qu’à être actionné.

Mieux vaut tard que jamais !

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