La Transformation numérique, quels décideurs ?

Bienvenue sur ce nouveau blog, qui a été totalement rénové tant dans le fonds que dans la forme. J’aurai plaisir à vous y retrouver désormais chaque mois pour réfléchir avec vous aux problèmes politiques, économiques, sociaux, voire sociétaux, auxquels nous sommes tous confrontés et qui appellent des réponses inventives, créatrices autant qu’audacieuses, où le numérique aura toute sa part.

S’il est un thème d’actualité, auquel il est fait sans cesse référence et que chacun d’entre nous finit par répéter comme un mantra, c’est celui de la transformation numérique, au point que le concept lui-même devient de plus en plus galvaudé, appliqué en particulier aux entreprises dont l’avenir dépendrait de leur capacité à se réinventer en franchissant le cap de leur mutation digitale.

J’ai moi-même sacrifié à ce rite, notamment dans une tribune dans laquelle je faisais observer que « l’avenir de notre pays et de ses entreprises, notre propre avenir, dépendait pour une très large part des réponses que nous apporterions collectivement aux enjeux de la transformation numérique » (L’Opinion, 15 mai 2015)

Comme beaucoup d’autres, je parle de « transformation numérique » au singulier alors que la mutation en question dissimule en fait une multitude de transformations à mener de front, au moins aussi nombreuses que le sont les enjeux auxquels sont confrontées les entreprises, la première et non des moindres étant de faire évoluer la culture de ceux qui, dans l’entreprise ou en lien avec elle, ont la responsabilité de rendre effective cette mutation digitale, les DSI et les « métiers » d’une part , les ESN (Entreprises de Services du Numérique) et les web agencies d’autre part.

Au nom de l’efficacité opérationnelle et de l’optimisation des processus existants exigées de tous, on assiste en effet depuis un certain temps à une évolution des rapports entre les uns et les autres, en interne comme en externe, qui se traduit par un changement d’interlocuteurs auquel on n’a peut-être pas suffisamment prêté attention alors qu’il est le révélateur des changements profonds de l’environnement concurrentiel et de l’écosystème de l’entreprise.

Jusqu’à une date encore récente, les interlocuteurs des DSI étaient les « SSII » auprès desquelles ils achetaient des ressources informatiques. Quant aux « métiers », le marketing, les RH, les finances, …ils s’adressaient aux web agencies pour leur acheter des solutions digitales leur permettant de mieux répondre aux comportements nouveaux de leurs clients.

Ce changement d’interlocuteur traduit en fait la prise en compte d’une idée qui a fait son chemin, à savoir que le numérique ne fonctionne pas sans l’informatique qui est le moteur du monde numérique comme de la démarche de transformation sous-jacente. L’informatique marie sous nos yeux, de manière transparente et c’est tant mieux, marketing digital, e-commerce, Big Data et réseaux sociaux, obligeant la DSI à assurer la convergence du système d’information et des processus numériques.

Fort de ce constat et prenant le contrepied de l’opinion alors communément partagée, j’osais écrire il y a déjà plus de 2 ans que « chaque fois qu’un DSI est promu responsable de la transformation digitale, on a gagné. » (Petit Web, 5 mai 2014). Exemple, Yves le Gélard, DSI de ENGIE, qui en même temps qu’il se voyait confier la mise en œuvre du plan de transformation numérique de son entreprise, en devenait le Chief Digital Officer (CDO).

Comprenons-nous bien, cette victoire est collective : tout le monde est gagnant à la fusion des métiers, les entreprises du numérique qui font droit à de nouveaux types d’acteurs pour proposer une nouvelle expérience numérique à leurs clients-entreprises qui comptent eux-mêmes sur le digital pour se transformer à l’exemple d’ENGIE pour qui le digital est aussi vital que l’air que nous respirons : « Si nous ne sommes pas capables de comprendre les algorithmes qui vont faire la valeur de notre métier et faire émerger les softwares métiers pertinents, nous ne serons pas capables d’occuper la place qu’on veut occuper dans le monde de l’énergie » (Isabelle Kocher, 28 juin 2016, à l’occasion du salon VIVA TECHNOLOGIES)

De nombreuses entreprises investissent massivement dans le digital. Certaines DSI comme celle de Société Générale Global Banking and Investors Solutions se sont engagées dans une profonde transformation de leurs méthodes de travail et ont recours à des outils d’avant-garde : travail en équipe, usage du Cloud public et Continuous delivery sont par exemple en chantier au sein de la Banque.

Carlos Goncalves, DSI de cette entité de la Société Générale, se fixe un objectif ambitieux de 70% en continuous delivery d’ici 2017 : « Avec le continuous delivery, la transformation est bien plus profonde que celle de l’informatique, c’est la transformation du modèle opérationnel entre les métiers et l’informatique. C’est la capacité à réduire le time-to-market, à réduire le temps de livraison d’une fonctionnalité en production » déclare-t-il.

Les entreprises publiques ne sont pas en reste en termes de projets d’ambition : La Poste, ERDF, la SNCF font appel pour les accompagner aussi bien dans leur transition digitale que dans le passage délicat à négocier du proof of concept « expérimental » vers le déploiement complet à des prestataires qui ont su marier avec succès « informatique » et « digital » mais aussi « capacité de déploiement groupe » après « expérimentation » réussie, qu’ils soient internes comme Voyages-SNCF Technologies, la Big Data Fab de la SNCF, ou extérieurs à l’entreprise.

Aujourd’hui, avec la convergence entre les besoins des clients qui surfent sur la vague numérique et la révolution technologique qui la soutient, on assiste à une évolution sensible du jeu des acteurs : les interlocuteurs des entreprises de services du numérique (ESN) – nouveau nom des SSII – sont, indifféremment, les « métiers » ou les DSI (30 à 40% des budgets informatiques sont d’ores et déjà dépensés hors des DSI dans le numérique proprement dit)

C’est notamment le cas d’OPEN qui fait figure de pionnier dans ce domaine. Au moment de l’annonce de notre plan stratégique en Novembre dernier nous avions clairement affiché quelle était notre ambition, réaliser à l’horizon 2020, 50% du chiffre d’affaires d’OPEN dans le digital!

Deux acquisitions sont venues confirmer cette ambition : celle, en mai dernier, de Lateos/Kynapse, société spécialisée dans le Big data, et celle début septembre de La Netscouade, l’agence digitale fondée par Benoît Thieulin, l’ancien président du CNNum (Conseil National du Numérique), qui devient à cette occasion directeur de l’innovation pour l’ensemble du groupe OPEN .

Tout cela démontre à l’envie que la transformation numérique c’est l’avenir, un avenir qui se présente bien, avec des perspectives réelles et sérieuses de voir les promesses d’aujourd’hui se réaliser demain pour peu qu’on se donne les moyens de réussir cette transformation numérique, objet apparemment de toutes les convoitises.

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