La transformation numerique de l’économie française

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Dans une précédente « tribune » de l’Opinion, je faisais observer que l’avenir de notre pays et de ses entreprises, notre propre avenir, dépendait pour une très large part des réponses que nous apporterions collectivement aux enjeux de la transformation numérique qui concerne aussi bien l’administration centrale que les collectivités locales, les entreprises que les individus.

Même si nous n’en sommes pas toujours conscients, notre vie quotidienne dans ses différentes composantes tout comme d’ailleurs ses représentations, à commencer par celle de l’âge avec la “silver économie”, est en passe à l’aune du numérique de changer radicalement. Son avènement embarque une révolution complète de la connaissance qui entraîne avec elle toutes les autres disciplines tant son potentiel est contagieux.

C’est un phénomène général qui est en train de gagner toute la société et prospère au rythme d’innovations qui ne sont pas qu’incrémentales. Les particuliers en sont les premiers bénéficiaires, qu’ils soient consommateurs ou citoyens. Nous le verrons s’agissant de nos rapports avec l’administration (Etat-offreur de solutions, généralisation de la dématérialisation des actes administratifs, accés libre aux données publiques) dans un prochain billet.

Paradoxalement, nos entreprises, pourtant aussi conscientes de l’importance du numérique que leurs homologues des 28 pays de l’union européenne qui accélèrent leur transformation numérique (75% des entreprises européennes possèdent un site web contre 65% des françaises; 30% des entreprises utilisent un média social contre 19% en France), donnent l’impression de marquer le pas: “en France, alors que les usages numériques sont largement répandus chez les consommateurs, ils tardent à s’imposer dans les entreprises”.

C’est le constat accablant que dresse le cabinet McKinsey dans son étude 2014 sur la mutation numérique des entreprises[1] que corrobore Philippe Lemoine dans le Rapport sur “la transformation numérique de l’économie française” [2]qu’il a remis en fin d’année dernière au Gouvernement.

Ce retard, qui prive notre pays d’un gisement considérable de croissance et de compétitivité, m’interroge d’autant plus que la responsabilité en incombe, pour une part du moins, à des dirigeants qui manquent encore visiblement de motivation – pour ne pas dire d’implication –  pour épouser leur temps et entreprendre la “métamorphose numérique” de leur entreprise.

Ils sont pourtant mieux placés que quiconque pour discerner le parti qu’ils pourraient tirer du potentiel de valeur attaché au numérique qui modifie les processus métiers, casse les organisations en silos, instaure des démarches de transversalité porteuses de nouveaux équilibres dans la gouvernance, eux-mêmes source de nouvelles modalités d’engagement.

Si les entreprises, jouaient pleinement le jeu en acceptant de bouleverser les habitudes et les usages qui ont cours dans l’économie matérielle, la France collerait davantage au nouveau monde dans lequel nous sommes entrés et pourrait accroître la part du numérique dans son PIB de 100 Md€ par an selon les estimations McKinsey.

Il est donc urgent de corriger le tir et de sonner l’heure de la mobilisation générale, sauf à se résoudre au déclin de notre pays, à la disparition les uns après les autres de ses fleurons industriels faute d’avoir su réinventer à temps leurs business models, et à nous voir rétrograder pour la nième fois dans le classement des grandes puissances économiques mondiales.

C’est tout le sens de l’initiative prise par le Président de la République en confiant à des acteurs économiques (dont le SYNTEC Numérique), la création d’une association dédiée à l’Industrie du futur.

Parmi les propositions concrètes de l’association, figurent 3 actions emblématiques : la création et la promotion – d’ici fin 2016 – de plus de 15 projets de dimension nationale voire européenne, la sensibilisation de plus de 15000 entreprises à la transformation numérique et l’accompagnement  de 2000 PME ou ETI industrielles dans leur projet de modernisation, et enfin, le déploiement de plates-formes technologiques accessibles aux industriels sur l’ensemble du territoire français.

Cette initiative qui prolonge et amplifie les actions conduites dans le cadre du plan Nouvelle France industrielle pourrait avantageusement être déclinée dans d’autres secteurs d’excellence  qui n’ont pas encore exploité toute la richesse que le numérique met pourtant à leur portée. Je pense par exemple à la santé et au médico-social: les énergies des acteurs du numérique dans ces deux domaines gagneraient à être fédérées comme le montre le  livre blanc “la révolution du Bien vieillir” que SYNTEC Numérique va publier prochainement.

J’ai personnellement la conviction que c’est en favorisant systématiquement le basculement de la technologie vers l’usage et en les adossant sur un environnement de type click-and- mortar plus propice à leur développement que les entreprises, qu’elles soient traditionnelles ou pure players, rencontreront leur marché et feront mentir Henri Verdier, chief data officer (CDO) de la France, qui pouvait encore observer mi 2012 dans son Plaidoyer pour une néo-industrialisation  qu’ il n’y a aucun produit français parmi les 25 produits les plus vendus en France!

 

 

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