Les SSII : Atout majeur ou maillon faible de l’économie numérique ?

Le 18 février au soir, l’inter club « informatique, télécoms, multimédia » des anciens de grandes écoles, qu’on désigne plus familièrement sous l’appellation de « G9+ », organisait une rencontre au cours de laquelle quelques-uns des principaux dirigeants du secteur se sont livrés à une forme d’introspection. Suivant l’exemple de Paul Hermelin, P-DG de Capgemini, les protagonistes devaient s’interroger sur les SSII au sein de l’économie numérique : atout majeur ou maillon faible ?

Répondant à l’invitation de Jean-François Perret, l’organisateur de cette soirée du G9+, il me revenait l’honneur de conclure les échanges entre les interlocuteurs de la table-ronde et de livrer à mon tour mes propres convictions en brossant, autant que faire se peut, de nouvelles perspectives devant un auditoire aussi fourni qu’attentif.

J’ai tout d’abord souhaité confirmer le diagnostic qui avait été établi et reconnu qu’en France les SSII ont non seulement connu une croissance faible en 2012 – alors qu’elles avaient plutôt bien résisté en 2011 (+ 2,7%) – mais qu’elles enregistrent des résultats moyens, se trouvant en butte à un « effet de ciseaux » négatif avec un double phénomène de baisse des prix et d’augmentation des coûts.

De plus une image héritée des fonctionnements du passé continue souvent à dévaloriser le travail de fond qui est en train de s’accomplir. Cela étant, au-delà du constat de morosité ambiante qui fait consensus, la première des convictions que j’ai souhaité partager avec mon auditoire et avec vous aujourd’hui c’est que les SSII sont à un moment charnière de leur histoire.

Pour dire les choses autrement, les SSII sont en pleine transformation. A la vérité, elles n’ont plus rien à voir avec celles que nous avons connues il y a 20 ans et sont encore loin de ressembler à ce qu’elles seront dans 20 ans, du moins celles qui auront su prendre le virage à temps et ne pas s’être fait racheter par des entreprises étrangères.

On le voit bien, la mise en œuvre de la chaîne numérique est en train de transformer complètement les usages dans les entreprises. Nous utiliserons dans quelques années nos applications avec la même simplicité faciale que nos smartphones, sans nous soucier de la complexité qui se cache derrière. On « allumera » son numérique comme on ouvre son électricité. Le choix du nom de nos deux Cloud souverains, Cloudwatt et Numergy, est à cet égard éloquent. Ces noms expriment parfaitement l’image de centrale d’énergie numérique.

Au sein de cette chaîne numérique les SSII auront un rôle primordial à jouer. Elles sont le maillon de sa mise en œuvre. Loin du statut de fournisseur de ressources à TJM elles se positionneront comme l’un des composants de la chaîne numérique, facturant des usages. Le pseudo statut « d’intérim déguisé », totalement illégitime, disparaîtra naturellement pour faire place à des entreprises socialement responsables et démontrant leur valeur ajoutée.

J’ai rappelé, pour ma part, que j’étais décidé à m’atteler à cette transformation. Mesurant la responsabilité des acteurs du Numérique, au premier chef celle de Syntec Numérique, fort bien décrite par Christian Saint-Etienne dans son dernier livre, France : état d’urgence – une stratégie pour demain, j’ai choisi de précipiter les événements et de donner aux SSII une image d’elles plus conforme à la réalité. Ce qui s’est traduit d’une part par le changement de notre nom – Syntec informatique devenant Syntec Numérique- pour marquer la volonté de la chambre professionnelle de s’ouvrir sur l’écosystème numérique et d’en épouser toute la complexité, d’autre part par le lancement d’une campagne de communication nationale pour attirer les jeunes vers nos métiers.

Je veux croire qu’avec l’aide active des ministres du redressement productif et de l’économie numérique nous serons au rendez-vous de l’histoire et que les SSII de notre pays seront au diapason la troisième révolution industrielle!

2 réflexions sur “Les SSII : Atout majeur ou maillon faible de l’économie numérique ?

  1. Merci Guy

    Merci de tes propose relatifs à la transformation des SSII.

    Je ne dis rien d’autre dans mon ouvrage « une radiographie des SSII » que tu avais si violemment vilipendé à sa sortie …

    A ta disposition pour en parler, il se trouve que nous accompagnons plusieurs de tes confrères dans la transformation de leurs entreprises.

    Franck Lacombe

  2. Effectivement Guy, je partage votre point de vue. L’avènement du cloud computing impose déjà une redéfinition des modèles économiques des vente de matériels, de logiciels et de services. Les solutions Cloud que nous distribuons sont « low-cost », se paramètrent et se déploient très rapidement et sont accessibles au plus grand nombre…
    En résumé, nous faisons plus avec moins mais gagnons moins…
    Il faudra donc faire preuve de beaucoup d’ingéniosité et d’innovation pour s’adapter à cette profonde mutation de notre éco-système numérique.
    Le développement et parfois la survie de nos entreprises en dépendent !

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