Et si nous faisions de l’innovation et du numérique le véritable levier de notre compétitivité…

Vous pouvez consulter cette tribune sur le site des echos:

http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221158720/et-si-faisions-innovation-

 

 

Pour gagner la bataille de la compétitivité, et aller chercher les points de croissance nécessaires à notre sortie de crise par le haut, la France dispose d’un point fort: le numérique, qui est le levier de la transformation de toutes les autres industries. Comme le montre la dernière étude de l’OCDE sur la contribution des entreprises de l’Internet à la croissance, dans les nations numériques, la vitalité des entreprises du numérique procède de leur apport de plus en plus importante aux gains d’efficience des entreprises des autres secteurs. Ainsi, selon cette étude les dépenses en logiciel vont s’accélérer en 2012, suivies d’une augmentation plus rapide des dépenses consacrées aux TIC dans le secteur des ressources naturelles, dans la construction, dans l’énergie et dans les services d’utilité publique.

 

Nous sommes prêts, entreprises du numérique et entreprises d’innovation et de croissance (EIC), à dessiner avec la nouvelle majorité une stratégie globale de renforcement de la compétitivitégrâce au numérique. Le bien-fondé de cette stratégie se vérifie chez toutes les grandes nations industrielles qui ont parié sur le développement technologique pour fortifier leur création de valeur, résorber le chômage et moderniser leur production. Nous pensons que le numérique doit occuper une place centrale dans le redressement productif, afin « que lensemble de la Nation tire le meilleur potentiel de la révolution numérique » (François Hollande) et lui permette de renouer avec la compétitivité.

 

Mais tant que le numérique ne sera pas considéré dans notre pays comme l’un des principaux facteurs de compétitivité dans tous les domaines, il sera difficile d’améliorer notre compétitivité hors coûts. C’est un paradoxe : la France, forte de son système éducatif et de sa recherche, de son excellence en mathématiques, de ses industries de services, première nation numérique d’Europe par le nombre de ses start-up, échoue à en tirer réellement partie pour moderniser et transformer sa production, numériser ses services, et faire grandir ses PME innovantes. Cette année, la France rétrograde de trois places à la vingt et unième place dans le classement du World Economic Forum, tandis que la Corée lui passe devant. Outre-Atlantique, les secteurs traditionnels investissent dans les start-ups pour anticiper les conséquences de ruptures technologiques sur leurs métiers. En France, on fait face à des plans sociaux massifs de filières qui n’ont pas envisagé cette stratégie.

 

Pourtant les gisements de croissance et d’innovation sont bien réels en France et le numérique compte, ici comme en Corée, parmi ceux qui créent plus de croissance pour les autres que pour eux-mêmes. Productivité des entreprises, industries de pointe, e-administration, smart grids, big data, domotique : le numérique en général et le logiciel en particulier sont partout au cœur des processus d’innovation et de création de valeur. La France peut s’appuyer sur une « excellence numérique » reconnue dans le monde entier.

 

Selon nous, l’amélioration des marges est nécessaire parce qu’elle permet d’investir, dans l’innovation et le numérique. Mais la compétitivité, c’est aussi la stabilité et l’attractivité du cadre réglementaire au sein duquel évoluent nos entreprises parce que nos entrepreneurs doivent avoir un horizon clair dès la création de leur entreprise de la part de la valeur qu’ils devront reverser à la collectivité. Le coût de l’innovation participe aussi de la compétitivité. Ainsi, nous soutenons les dispositifs tels que le statut Jeunes entreprises innovantes et le crédit impôt recherche, étendu à l’innovation. Ils ont démontré toute leur pertinence comme le souligne le rapport de l’Inspection générale des Finances dévoilé récemment. Ils peuvent encore être améliorés pour plus d’efficacité.

 

La compétitivité, c’est aussi l’investissement de la collectivité dans le numérique, dans l’e-administration et l’e-santé, permettantau secteur de se consolideret de créer des champions à l’international dans des technologies et des usages où nous avons de très fortes potentialités. La compétitivité, c’est enfin faire le choix de privilégier le soutien à l’export des filières numériques.

 

Il est donc crucial d’intégrer l’innovation et le numérique en amont de la stratégie globale de compétitivité qui passe par la transformation de notre système productif. Un séminaire gouvernemental consacré au numérique, programmé pour février, n’y suffira pas. Il faut réunir tous les acteurs qui participent à cette nouvelle économie dans une large concertation pour mettre de la cohérence dans les choix qui pèseront sur l’effort de compétitivitéà fournir. La convocation d’un Grenelle de l’innovation et du numérique pour la croissance, la compétitivité et l’emploi serait le signal fort de l’engagement de tous, Gouvernement, pouvoirs publics et industriels, Education, Recherche et partenaires sociaux.

 

La France peut restaurer sa compétitivitéet continuer à avoir de belles réussites tant dans le domaine industriel que dans celui des services, si elle décide d’être également une grande nation de l’innovation et du numérique.

 

Philippe BERNA, Président du Comité Richelieu, association française des PME innovantes

Nicolas GAUME Président du Syndicat National du Jeu Vidéo

Jamal LABED, Président de l’Association Nationale des Editeurs de Logiciels et solutions Internet

Guy MAMOU-MANI, Président de Syntec Numérique, chambre professionnelle des métiers du numérique

6 réflexions sur “Et si nous faisions de l’innovation et du numérique le véritable levier de notre compétitivité…

  1. Encore et toujours les mêmes discours grandiloquents sur le numérique… pour ne pas dire grand chose finalement… et surtout pas grand chose de nouveau, ce qui devient lassant !

    Décidément les dirigeants du numérique ont beaucoup de temps à perdre pour pavoiser aussi souvent dans les médias et dans les multiples évènements du numérique en France…

    Hélas tout ceci ne sert qu’à prêcher des convaincus, tourner en rond, se faire plaisir, rencontrer du beau monde… mais au final sans idées – et surtout sans actions – réellement nouvelles, concrètes et réalistes !

    • Monsieur,
      Nonobstant votre ton méprisant je vais publier votre contribution sur mon blog en vous remerciant tout de même pour l’intérêt que vous y portez.
      Pour le fond, je me réjouis que nos propos vous paraissent si évidents. Je vous informe que vous n’êtes pas si nombreux à les partager. Il reste tant de monde à convaincre et en particulier nos pouvoirs publics. Si vous n’en contestez pas le bien fondé je ne comprends pas en quoi vous gêne l’engagement de centaines d’entrepreneurs, qui ont bien d’autres choses à faire, et qui pensent pouvoir proposer des solutions aux grands enjeux de notre pays. Respectez les bonnes volontés et le travail de chacun.
      Pour finir je suppose que vous n’avez pas lu les propositions des 4 organisations signataires, car vous auriez eu la réponse à votre dernière phrase.
      Cordialement

  2. Merci.Passionné par les nouvelles technologies, je pense qu ‘il serait pertinent d ‘entendre le terrain… en effet si l’on prend par exemple les systemes d’information (prescription/gestions des soins/etc. ): ils ne correspondent pas très bien aux cahiers des charges des soignants pratiquants.
    a ce titre parce qu il serait possible de rendre communiquant l ensemble des traitements et matériels de soins il serait possible de developper un « protectionnisme » vertueux qui sous le « couvercle » d ‘un bonus malus financerait les industries et serviice informatiques favorisant la securité des soins, l ergonomie, le zero papier etc…
    il y a tant a faire et pourtant… c’est tout de meme malheureux de se faire draguer par des boites etrangeres alors qu on peut le faire « ICI ».

    • Tout à fait d’accord. Je vous invite d’ailleurs à lire la tribune que nous avons écrite avec Mme Alajouanine concernant le numerique et santé.

  3. Oui merci c ‘est ce lien qui m a conduit vers vous via twitter.
    le HS2 est ce qu’il y a de mieux pour le systeme de santé.
    il faut se souvenir que la iatrogenie engendre jusqu’a plus de 10 000 déces par an et plus de 133 000 journées d ‘hospitalisation(officieusement ce serait bien plus).
    Infirmier depuis plus de 20 ans je sais de quoi je parle… recemment (parce que je bourlingue dans pas mal de strucutre hospitalières j ai encore vu des prescriptions manuscrites indechiffrables .. l infirmière passe sont temps a telephone a l interne ou medecin pour savoir ce qu il a ecrit ou preceser la dose a dispenser…
    l ‘etat devrait developper une politique ou les syteme d’informations soient pervasifs et aident reellement les soignants (Aide-soignants , infirmier , brancardier,etc.) dans l organisation de la production des soins.
    le cloud peut aider grandement a cela. bon nombre de pre requis sont indispensable..; nous sommes malheureusement en France les petits gars comme moi ne sommes pas entendus…c’est aussi pour cela que de grands mouvement de contestation naissent et s ‘amplifient sur les reseaux sociaux qui deviennent une force politique a eux seuls…ceux qui decident sont en complet decalage avec les realitées des soins. Ceux qui sont sur le terrain ont souvent autre chose a faire que de suivre des developpement technologiques qui pourraient les aider…

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