Lettre au futur président à relire vu l’accueil fait au numérique dans cette campagne

Madame, Monsieur le futur président de la République, Dans moins d’un an vous allez être confronté(e) à des problèmes particulièrement difficiles, accrus par une crise mondiale de la dette qui a aggravé les choses et ne facilitera pas les arbitrages indispensables que vous devrez alors prendre avant d’arrêter les décisions courageuses qui s’imposeront.

Que ce soit en matière de santé publique avec un déficit croissant de la sécurité sociale, multiplié par 3 à 24 milliards d’euros de 2006 à 2009 ; de chômage, avec un taux d’emploi passant de 8 à 10% de la population active ; d’intégration avec des difficultés persistante d’insertion des jeunes issus de l’immigration.

Au plan économique, les divergences de compétitivité de nos entreprises comparées à celles d’autres pays comme l’Allemagne qui gagne des parts de marché à l’exportation sont criantes.

Dans le domaine éducatif, les inégalités d’accès à un environnement numérique de travail aux différents niveaux d’enseignement restent patentes même si des progrès significatifs ont pu être réalisés qui indiquent la voie à suivre. Pour ce qui est de la maîtrise de l’énergie et des questions environnementales, il y a encore beaucoup à faire pour limiter les émissions de CO2.

En ce qui concerne la réforme de l’Etat et les grands chantiers de l’Administration, il reste encore beaucoup à faire en matière de dématérialisation de données publiques et de simplification des processus administratifs au service des citoyens et des entreprises.

Sur chacun des points sur lesquels j’ai cru bon d’attirer votre attention, les solutions classiques ont été épuisées : pour ce qui est de la Sécurité sociale, hausse des taxes et déremboursement des médicaments ; pour le Chômage, loi de cohésion sociale, plan d’urgence contre le chômage des jeunes, contrat d’insertion dans la vie active ; pour l’Intégration et l’emploi, les différentes politiques mises en œuvre butent sur la réalité économique de notre pays.

S’agissant de l’économie, nos entreprises ont des difficultés sur la scène internationale et nos PME n’exportent pas assez , notre balance commerciale est toujours déficitaire et notre croissance est atone ; en matière d’Education, le non remplacement des professeurs et les fermetures de classes créent chaque fois un choc et font débat dans notre société ; en ce qui concerne l’environnement, les solutions alternatives à la gestion intelligente de l’énergie (stockage de l’électricité, smart grids) tardent à être expérimentées alors que nos voisins progressent en matière de « gestion de la demande » ; enfin, touchant l’Administration , entreprises comme citoyens critiquent la lourdeur de nos procédures administratives.

Grâce aux technologies numériques nous avons des solutions qui ont déjà fait leurs preuves dans d’autres pays. Je veux croire qu’aux lendemains de votre élection vous puissiez lancer sans délai les programmes correspondant suivant l’exemple de vos homologues canadiens, coréens ou japonais ou du nord de l’Europe pour l’e-santé.

Pour ce qui est de la Santé, la France a un savoir-faire spécifique en télémédecine. Nous venons d’en donner la preuve en publiant à l’occasion du congrés HIT Géront’Expo un livre blanc sur les conditions du développement de la télémédecine en France. En matière de chômage, notre secteur se montre exemplaire. Il crée de l’emploi et recrute en grand nombre : 40 000 recrutements sont prévus en 2011. S’agissant d’intégration, nos entreprises n’ont pas besoin de cv anonymes. La diversité fait partie de l’ADN de notre secteur.

Sur le plan économique, nous encourageons la diffusion des usages numériques dans les PME. Estimant que c’est le levier pour les aider à gagner en productivité, nous plaidons pour l’octroi d’incitations fiscales. Pour ce qui est de l’Education, nous expérimentons déjà à grande échelle l’e-learning qui est une voie d’accès à l’information de qualité pour tous, et recommandons l’adoption de nouvelles pratiques pédagogiques facilitant la mise en relation élèves / parents / professeurs grâce aux « ENT ». Sur le plan environnemental, le green IT et les différentes formes de télétravail devraient permettre de réconcilier croissance et de environnement. Enfin, en matière d’administration électronique où beaucoup de choses existent déjà, il est temps de généraliser la télé-déclaration des données, les inscriptions en ligne sur les listes électorales, de faciliter l’e-voting, le recensement des citoyens en ligne, d’ouvrir un guichet unique emploi à pôle emploi qui offrait de nouveaux services.

Vous pouvez compter sur nous, Madame, Monsieur le futur président de la République, pour vous aider à déployer lors de votre quinquennat une politique de développement des usages au bénéfice d’une industrie numérique forte pour une économie plus compétitive. Nous ne manquerons pas de vous faire des propositions concrètes qui n’auront d’autre objectif que de mettre au cœur du débat les enjeux de notre industrie.

Je vous prie d’agréer l’assurance de ma haute considération,

Guy Mamou-Mani

3 réflexions sur “Lettre au futur président à relire vu l’accueil fait au numérique dans cette campagne

  1. « En matière de chômage, notre secteur se montre exemplaire. Il crée de l’emploi et recrute en grand nombre : 40 000 recrutements sont prévus en 2011. S’agissant d’intégration, nos entreprises n’ont pas besoin de cv anonymes. La diversité fait partie de l’ADN de notre secteur. »

    Cher monsieur, tout le monde sait désormais que tout ceci est inexact :
    – Il y a un peu mais suffisamment de chômage dans l’informatique pour que l’on ne puisse pas parler de plein emploi (http://pro.01net.com/editorial/559612/le-chomage-des-informaticiens-ne-veut-pas-baisser/)
    – Concernant le CV anonyme, je vous invite très vivement à prendre connaissance de l’expérience de la SSII NORSYS : http://munci.org/Presse-Grace-au-CV-anonyme-la-SSII-Norsys-recrute-plus-de-femmes-et-de-seniors
    – Quant à la diversité en SSII… mais à quoi donc la réduisez-vous ? A lire absolument : http://munci.org/Seniors-et-diversite-l-informatique-encore-et-toujours-bonnet-d-ane

    Cordialement,
    Paul,
    Directeur informatique (syndicaliste)

    • Cher Paul,
      Je vous remercie pour votre message dont le ton et la correction malgré notre désaccord me pousse à considérer que je vous dois une réponse.
      Quand vous dîtes que « tout le monde sait que c’est inexact » je pense que vous faites allusion à une infime minorité de professionnels qui en effet essaye de faire beaucoup de bruit. Nous savons qu’il y a environ 25 000 chômeurs dans la profession et c’est encore trop. Toutefois comme le conclut l’article auquel vous faites référence « D’où ce chômage structurel qui ne se résorbe pas » on peut en effet confirmer qu’il s’agit d’un chômage structurel.
      Comme « le reste du monde » sait que c’est exact nous nous sommes engagés
      – D’une part avec le ministère du travail, le pôle emploi, le centre inffo
      – D’autre part au sein de l’observatoire nationale du numérique
      à faire des études approfondies pour recenser le nombre d’emplois et de chômeurs dans la profession.
      Afin de rendre ces chiffres définitivement incontestables j’ai pris la co présidence de la commission emploi avec … un syndicaliste. Et ceci malgré les sarcasmes du pseudo « tout le monde » auquel vous faites allusion. Constatant que vous étiez vous-mêmes syndicaliste vous reconnaitrez que pour des gens qui avons des doutes nous sommes plutôt proactifs.
      Nous préférons d’ailleurs être positifs, travailler, et nous engager plutôt que rentrer dans des querelles de chiffres stériles dont je ne sais pas à qui cela profiterait.

      Enfin pour les questions de diversité j’ai relu avec attention le communique de la société Norsys que je félicite et qui d’ailleurs devrait s’engager au sein du Syntec numérique pour porter ces valeurs.
      Leur expérience est passionnante mais il n’en reste pas moins que le SN représente 1200 entreprises et que si je fais référence à ma propre expérience nous ne tirons pas les mêmes conclusions.
      Nous sommes aussi au travail sur ces sujets ; Engagement sur les handicapes (Certificats de qualification professionnelle) sur la mixité (femmes du numérique) les jeunes….
      Certes il reste beaucoup à faire et nous le reconnaissons, une attitude plus constructive de « tout le monde » me paraitrait plus conforme aux valeurs que vous défendez.
      Cordialement

      Guy Mamou-Mani

  2. Merci pour votre réponse respectueuse et détaillée.

    Je ne faisais pas allusion uniquement à l’association dont je reproduis des liens dans mon message… mais peu importe.

    Je suis ravi d’apprendre autant de bonnes nouvelles… telle que la participation d’un syndicaliste sur cette question du chiffrage de l’emploi (il serait anormal en effet de laisser uniquement ce sujet aux organisations patronales !).

    Néanmoins je ne pensais pas que le « recensement du nombre d’emplois et de chômeurs dans la profession » faisait vraiment débat vu les chiffres publics dont on dispose.

    Il est assez important tout de même de connaitre les chiffres exacts de notre secteur.

    Bon travail dans l’intérêt général de nos professions.

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