« La France n’aime pas ses jeunes » Ah bon ?

Ce titre du magazine « enjeux les échos » de février 2011 est révélateur d’un véritable malaise dont souffre notre pays. Depuis près de 30 ans, le taux de chômage des 15-24 ans en France se maintient au-dessus de 18%. La crise récente a entraîné une aggravation du taux de chômage des jeunes avec un pic en 2010 à 25% (source Eurostat).
On peut toujours discuter des chiffres, les nuancer en faisant observer que le tableau est moins sévère pour la France si l’on rapporte le nombre de jeunes cherchant un emploi à la totalité de la classe d’âge et non plus des seuls actifs, les tendances n’en demeurent pas moins inquiétantes.

Dans les entreprises du secteur des TICs fédérées au sein de Syntec numérique, où le facteur humain joue un rôle clé, l’emploi des jeunes relève d’une toute autre perspective. Pour ces entreprises, la jeunesse représente un atout maître, un actif dont elles ont un besoin vital pour se développer en maintenant un haut niveau de créativité.
Notre secteur d’activité est fortement créateur d’emplois à valeur ajoutée et en fait la démonstration, année après année. Ainsi, il accueille en stages chaque année des milliers de jeunes étudiants qu’il recrute très souvent à leur issue de même qu’il recrute tous les ans la moitié des effectifs d’ingénieurs sortant d’Ecoles .
Au sein du « Collège Employeurs » de l’association Pasc@line qu’il a créée en 2006, Syntec numérique milite en faveur de la reconnaissance et de la promotion des métiers du numérique, et cela à tous les niveaux de la scolarité…
Notre Chambre professionnelle se bat aussi pour encourager les jeunes filles à s’orienter dans notre secteur sachant qu’aujourd’hui seulement 15% des étudiantes se tournent vers nos métiers.
Dans notre secteur, le CV anonyme est superflu: il suffit de connaître nos entreprises pour vérifier que la diversité n’est pas un vain mot. Le Syntec numérique est d’ailleurs fortement engagé avec le ministère de l’intérieur et l’AFNOR sur le label diversité.
Nous sommes également fortement mobilisés autour du recrutement des personnes souffrant d’handicaps. Même si leur taux d’emploi minimum, fixé à 6%, est inadapté à notre secteur, nous restons plus que jamais engagés dans des actions de formation spécifique à cette population: ainsi, des accords ont-ils été conclus avec des centres de réadaptation et nous avons instauré, en collaboration avec l’AGEFIPH, des préparations spécifiques pour permettre à ce public de suivre les cursus menant à nos certificats de qualification professionnels dans les meilleures conditions possibles.
Reste enfin à améliorer sensiblement le taux d’emploi des seniors. De ce point de vue, l’évolution de nos modèles économiques vers plus de valeur ajoutée est un vecteur puissant d’amélioration de la situation.

Voilà en quoi se résume notre credo pour ce secteur des TICs : l’économie de la connaissance, avec la dynamique qui la caractérise, constitue une industrie à part entière. Elle contribue à la performance globale de l’économie nationale.

Je suis pour ma part convaincu que l’un des instruments qui permet le mieux de mesurer la bonne santé de la filière numérique qui est le fer de lance de l’industrie des services est le nombre de créations nettes d’emplois.

Cette croissance riche en emplois, véritable moteur de nos entreprises, permet de démontrer, concrètement, la vivacité de notre secteur et devrait attirer sur lui l’attention des pouvoirs publics.

En un mot, le secteur des TICs est un secteur dynamique, enthousiaste, optimiste… et qui aime ses jeunes. Alors, qu’on cesse de brider son expansion par des taxes successives et qui s’empilent les unes sur les autres jusqu’à l’asphyxier.
On charge sans cesse le coût du travail, en particulier celui des emplois qualifiés, puis on s’étonne du chômage que nos jeunes paient au prix fort. Nos entreprises, à commencer par celles de notre secteur, donnent rendez-vous à la jeunesse de France. Elles font confiance à tous ces jeunes particulièrement bien formés grâce à un système éducatif de premier plan qui sont l’avenir de notre pays autant que la chance de ses entreprises.

Une réflexion sur “« La France n’aime pas ses jeunes » Ah bon ?

  1. Tout ceci est parfaitement juste.
    Je crains en revanche que le problème soit plus profond, et de longue date : en France, et dans la France des élites issues des stéréotypes éducationnels notamment, seule la matérialité du produit est reconnue comme partie-prenante de ladite filière numérique ; l’immatérialité du service n’est pas considérée … nos métiers, fussent-ils de réalisation en engagements forfaitaires de résultats de solutions logicielles complexes, sont considérés, ou tout au moins achetés, tels des métiers d’intérim et de commodité … Aussi ce qui s’y passe, en matière d’emploi et de développement des jeunes, ne sera t’il regardé que dans le filtre très regrettable de la quasi précarité associée à de presque « sous-activités » … Qu’y a t’il pourtant de plus formateur, pour le savoir-être autant que pour le savoir-faite d’ailleurs, que le service et le sens du service ?

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