Bonjour! Bienvenue...

guymamoumani Je suis ravi de vous accueillir sur ce blog que j’ai ouvert pour favoriser les échanges et les débats sur ce qui nous lie tous et me tient particulièrement à cœur : le développement de l’économie numérique. Notre société et notre économie sont aujourd’hui transformées en profondeur par l’apport des nouvelles technologies et nos entreprises y contribuent amplement. Elles doivent être entendues dans leurs spécificités, leur rôle et leurs ambitions. Elles sont également confrontées à de nombreux sujets qui font l’actualité du numérique. C’est la raison pour laquelle ce blog est d’abord le vôtre, adhérents de Syntec Numérique, professionnels de l’informatique ou simplement intéressés par ce numérique qui bouleverse notre quotidien : toutes les contributions sont les bienvenues et je m’efforcerai d’y répondre rapidement. Je souhaite que ce blog s’enrichisse de dialogues et d’idées et j’apporterai régulièrement ma contribution et mon regard personnels sur les sujets qui m’animent. Je suis impatient de vous lire.

16 septembre 2014 ~ 0 Commentaires

DSI versus Métiers : la controverse de l’été

Décidément, le numérique fait son chemin. Il a alimenté tout au long de l’été une controverse comme seuls des passionnés savent en produire. J’ai été involontairement à l’origine de cette polémique estivale ayant accordé au mois de mai dernier une interview au site d’information  le « Petit Web », lequel avait cru bon de résumer mon propos dans un titre de sa façon qui a suscité le débat: « à chaque fois qu’un DSI est promu responsable du digital, on a gagné » (http://www.petitweb.fr/actualites/guy-mamou-mani-a-chaque-fois-quun-dsi-est-promu-responsable-du-digital-on-a-gagne/)

Avec sa sagacité coutumière, Eric Mettout, directeur adjoint de la rédaction de L’Express et directeur éditorial de Lexpress.fr, qui avait repéré en bon professionnel qu’il est le développement sur twitter  d’un « débat sauvage» (sic) pour savoir qui, du DSI ou des Métiers, avait le plus de légitimité pour piloter la transformation numérique, a souhaité à son tour apporter sa pierre à l’édifice en publiant au cœur de l’été un papier (http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2014/07/30/a-chaque-fois-quun-dsi-est-promu-responsable-du-digital-on-est-mal-barre/ ) dans lequel il entendait prendre le contrepied des propos qui m’étaient prêtés par le chroniqueur du décodeur numérique.

Contrairement à ce que cette polémique sur fond de débats sémantiques et d’apparente opposition entre DSI et Métiers pourrait laisser croire, nos points de vue, certes contrastés, ne sont pas aussi éloignés que cela. On se souviendra que c’est moi qui ai changé le nom de Syntec Informatique en Syntec Numérique et celui de « société de services en ingénierie informatique » (SSII) en « entreprise de services du numérique » (ESN). Qu’on ne m’accuse pas après cela d’être le défenseur d’une définition étroite, unilatérale, de l’informatique.

Il faut toutefois se rendre à l’évidence, il y a une vraie différence entre l’informatique et le numérique, la DSI et les métiers. Je partage d’ailleurs la définition englobante qu’en donne Eric Mettout qui met bien en exergue cette différence sans nier pour autant la proximité des termes: « si le numérique, c’est de l’informatique, c’est aussi des tas d’autres choses, du contenu, des réseaux sociaux, de la communication, de la curiosité, de l’adaptabilité, de la réactivité… tous éléments dont les DSI ne sont pas naturellement des spécialistes ».

Là où nous divergeons c’est quand il écrit, fort de son expérience des rédactions confrontées quotidiennement aux injonctions des développeurs de site et autres DSI qui brident leurs « envies de mouvement perpétuel et de créativité non stop » au nom d’impératifs techniques, que « les deux fonctions sont contradictoires ».

En opposant ainsi des fonctions qui, dans la réalité, entretiennent entre elles des relations d’ordre – d’aucuns qualifierait cet ordre d’architectonique pour marquer l’éventuelle prééminence de l’une des fonctions sur l’autre -, Eric Mettout s’interdit de penser la révolution numérique en cours qu’il voit, à tort selon moi, exclusivement sous l’angle des métiers. La question qui se pose et qui est loin d’être triviale, est celle de savoir qui va  porter cette révolution, de la DSI ou des Métiers?

Les DSI portent d’ores et déjà, en raison même des compétences techniques qui leur sont reconnues, tout ce qui a trait à la sécurité, à la gestion et à la circulation des données. Les Métiers, quant à eux, doivent comprendre ces enjeux que sont la sécurité, l’intégrité, la protection des données, la disponibilité de la DSI.

Les métiers ont besoin du numérique pour exercer leur activité comme le fait justement remarquer notre journaliste : « lorsque les tuyaux sont fermés, c’est généralement plus catastrophique, plus immédiatement visible et inquiétant en tous cas, pour [les développeurs] que pour nous – aussi, parce que quand les dits tuyaux sont fermés, que l’info ne part pas ou que l’alerte arrive trop tard, la rédaction tape sur un seul et même clou, rarement la DSI, presque exclusivement son interlocuteur quotidien… le développeur. »

A contrario, je milite avec nos amis du CIGREF, pionniers s’il en est de la transformation numérique, pour que l’on n’oppose pas inutilement ces deux mondes, qu’il faut en réalité réconcilier. Je suis convaincu comme eux que la réussite de la transformation numérique des entreprises passera par la convergence entre les enjeux traditionnels de la DSI et ceux des métiers, comme on le voit par exemple avec l’alignement DSI-marketing en passe d’être réalisé.

En dépit des tensions liées à la croissance des budgets IT gérés en dehors de la DSI qui perdurent,  Ariane Beky  observe en effet que «  les directions informatique et marketing sont davantage prêtes à collaborer que par le passé, selon un sondage réalisé par Accenture Interactive auprès de 1 100 dirigeants dans 10 secteurs et 11 pays, dont la France, entre novembre 2013 et janvier 2014 ». Cette progression s’expliquerait selon elle « par la mutation numérique du marketing, combinée à la consumérisation de l’informatique (BYOD, Cloud, mobilité) »

C’était le sens même de mon interview. Mes propos retrouvent un regain d’actualité avec les déclarations  concordantes avec les miennes que vient de faire Nils Ehle, Head of CoE Operational Sales Transformation d’E.ON ( http://www.petitweb.fr/actualites/comment-e-on-se-transforme-pour-reconcilier-marketing-et-it/) qui montre que quand la DSI comprend les enjeux business de l’entreprise et, inversement, quand les métiers apprennent à composer avec les contraintes du numérique, on est sur le chemin critique du succès.

C’est en prenant conscience « que les systèmes d’information ne pouvaient fonctionner que s’ils étaient envisagés comme des éléments du processus de transformation globale de [son] business et de [sa] stratégie » que le géant de l’énergie a pu réussir simultanément la nécessaire convergence SI-métier et la transformation du marketing à l’échelle du groupe.

On l’aura compris, s’ils veulent porter avec quelque chance de succès la transformation numérique , les DSI devront faire leur révolution et s’approprier les questions que les métiers leur posent. Symétriquement, si les gens des métiers veulent porter la transformation numérique, ils doivent s’approprier les compétences des métiers informatiques. Ceux qui vont porter la transformation numérique en cours, ce sont donc de nouveaux profils, issus de l’un ou de l’autre monde ou qui viendront d’ailleurs, comme Nils Ehle, dés l’instant qu’ils porteront l’ensemble de ces enjeux

Pour la transformation numérique que nous sommes en train de vivre nous devons reconcevoir les modèles économiques des entreprises et, quel que soit le secteur d’activité, veiller à intégrer les métiers au système d’information dont les données deviennent le centre de l’intelligence de l’entreprise et sa richesse.

 

01 septembre 2014 ~ 1 Commentaire

La sous-représentation des femmes dans le numérique : Pourquoi se priver de tant de talents ?

27,4 % de femmes travaillant dans le numérique alors qu’elles sont représentées en général à hauteur de 48 % partout ailleurs, c’est notoirement insuffisant au regard du potentiel de notre secteur d’activité où les ingénieurs formés à nos métiers et justifiant d’un niveau bac+5 sont en situation de « plein emploi ».

Le numérique en général et Syntec numérique particulièrement est très préoccupé par cet état de fait. Comment  peut on se priver de 50% de nos talents  dans le contexte de pénurie de ressources que nous connaissons ?

Il n’y a en effet aucune raison qu’il n’y ait pas davantage de femmes dans notre métier alors que le numérique offre de très nombreux débouchés. Du fait d’une présence en nombre insuffisant aussi bien dans nos entreprises que chez nos clients, nous nous privons des qualités propres qui leur sont reconnues et qui représentent une véritable richesse.

C’est précisément pour remédier à cette situation, d’autant plus critique que la profession globalement manque de talents,  que notre chambre professionnelle a créé la Commission Femmes du Numérique, aujourd’hui co-présidée par Véronique di Benedetto, Directrice générale d’Econocom et Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de Talentia Software (Dernier signal fort Viviane vient d’être élue Présidente de la fédération Syntec).

Cette commission a précisément pour objectif de rendre le secteur IT plus attractif chez les femmes et de faire connaître les métiers du numérique en particulier auprès des jeunes filles qui, de manière spontanée, ne s’orientent pas vers eux.  Alors que 46% des Bacs S sont des femmes, on constate qu’elles ne sont plus que 10 à 20% dans les écoles d’ingénieurs en France : « Au rythme actuel de fréquentation par les femmes des écoles d’ingénieurs, il faudrait attendre 170 ans pour atteindre la parité » fait justement observer Viviane Chaine- Ribeiro.

Conscients des inégalités salariales entre hommes et femmes qui nuisent également à l’attractivité de notre secteur, toujours  aiguillonnés par cette commission, nous avons mis au point un certain nombre de dispositifs pour y remédier. Grâce aux efforts de transparence salariale opérés dans les entreprises du numérique, les écarts salariaux ont fortement diminué.

Je m’honore d’être arrivé chez OPEN, à ce qu’il n’y ait plus d’écarts de salaire à niveau de travail comparable entre les hommes et les femmes.

Reste à accélérer le rythme de féminisation de notre profession et des formations qui y préparent.

C’est l’objectif de notre participation au Trophée Excellencia en partenariat avec l’EPITA, une école internationale à la pointe de l’informatique et des technologies de l’information.

http://blogs.ionis-group.com/epita/2014/07/guy-mamou-mani-president-syntec-numerique-parrain-promotion.html

« Premier trophée à récompenser les femmes High-Tech » comme se plaît à le souligner Véronique di Benedetto, ce trophée vise à récompenser trois profils de femmes: deux jeunes filles qui souhaitent faire/poursuivre des études scientifiques, une créatrice d’entreprise numérique, une femme qui travaille dans le numérique.

Le Trophée « Etudiante scientifique » distinguera deux étudiantes (une en post-bac et une autre en bac + 2) pour les inciter à s’inscrire dans une école de l’EPITA ; les deux lauréates se verront offrir la prise en charge complète de leurs études pendant 2 à 4 ans y compris l’intégralité des frais de scolarisation et du coaching pour la mise en confiance.

Le Trophée «Créatrice d’entreprise numérique» récompensera une lauréate parmi des jeunes femmes qui ont un projet d’entreprise numérique ; l’idée est de les accompagner pendant quatre mois et de leur offrir une accélération technique et marketing. Par le biais d’un incubateur : Paris Pionnière.

Le Trophée «Femme investie dans l’action sociale et humanitaire » vise à mettre en lumière une femme qui se distingue car, elle sait concilier vie privée – vie professionnelle, s’engager au profit d’une action humanitaire, caritative, de mécénat de compétence ; le trophée lui permettra de bénéficier du sponsoring d’un ou deux partenaires de l’opération pendant un an pour accompagner son action.

Rendez-vous donc le 30/09 à 18h.

http://www.excellencia.org/

On en parle sur BFM business dans mon ITW de rentrée par Frédéric Simmotel

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/syntec-numerique-quels-sont-les-enjeux-et-les-priorites-de-la-rentree-guy-mamou-mani-dans-01business-3008-14-307514.html

 

15 avril 2014 ~ 0 Commentaires

Les industriels du numérique en santé prêts à cosigner un « pacte de responsabilité » avec les acteurs publics

Il y a deux ans, des membres éminents de l’équipe de campagne de François Hollande dressaient un constat sévère sur l’enlisement numérique qui, selon eux, plombait les industries de santé et du numérique (http://www.liberation.fr/societe/2012/04/11/cinq-ans-denlisement-numerique-une-menace-pour-la-qualite-des-soins_810931)

Nous partagions alors le sentiment de ne pas avancer suffisamment vite en matière d’intégration des Technologies de l’Information et de la Communication (TICs) dans le système de santé au regard des enjeux énormes que représentaient ces transformations (selon l’étude prospective de PwC « Socio-economic impact of m-health » de septembre 2013, l’Union Européenne pourrait augmenter son PIB de 93 milliards d’euros en 2017 grâce à la m-santé)

Nous déplorions notamment l’absence de lignes directrices nationales claires et constantes, l’empilage de structures aux compétences proches prêtant à confusion et la trop grande fragmentation des systèmes d’information alors que les TICs sont des leviers puissants susceptibles de favoriser la coordination des professionnels de santé entre eux, au sein et en dehors des établissements, d’améliorer la qualité et la sécurité des prises en charge, et d’optimiser l’utilisation des ressources sur tout le parcours de soin.

 

La multiplication des « appels à projets », e-santé n°1 puis n°2[1], ne nous paraissait pas davantage répondre aux besoins du moment : des expérimentations loco-régionales sans objectif de passage à l’échelle ne dessinent pas les contours d’une véritable politique industrielle en santé.

 

Aussi avons-nous accueilli avec satisfaction la publication par Marisol Touraine, le 23 septembre 2013, de la Stratégie Nationale de Santé (SNS) qui est venue clarifier le débat et éclairer la route. Non seulement la Ministre des Affaires sociales et de la Santé fixait le cap et les échéances mais elle reconnaissait le rôle déterminant des TICs dans le développement des collaborations sur les territoires et dans l’optimisation des compétences.

 

Nous ne pouvions que nous réjouir de retrouver dans ses orientations un écho direct de nos propres préoccupations concernant en particulier la Télémédecine, l’Hôpital Numérique ou encore l’ouverture des données de santé[2].

 

Depuis, nous assistons à un foisonnement impressionnant d’initiatives en matière d’usage du numérique au service de l’amélioration et de la modernisation du système de soins.

 

Ce foisonnement va à priori dans le bon sens, même si les acteurs ne sont pas toujours au clair sur les différents projets, et surtout sur leur articulation. Passons en revue quelques une de ces initiatives :

 

  • Le programme « Territoire de soins numérique » (TSN). Doté d’une « enveloppe FSI » de 80 millions d’€, ce programme est l’une des premières traductions de la stratégie de santé. Il en épouse en effet l’un des axes majeurs qui consiste à organiser les soins sur un territoire donné dans le cadre d’une médecine de parcours s’appuyant sur les ressources du numérique. Ce sont les agences régionales de santé (ARS) qui ont été invitées à candidater et qui, si elles sont sélectionnées, feront appel – et alors seulement – aux industriels pour mener à bien le projet moyennant rétrocession d’une partie de la dotation.
  • Seconde initiative lancée quasi simultanément par le Ministère de la santé, l’appel à candidatures pour des expérimentations de télémédecine dont les actes seront pris en charge à titre dérogatoire et pour une durée de 4 ans par un fonds d’intervention régional (FIR) selon les termes de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2014. Là aussi ce sont les ARS qui, d’ici le 21 février, doivent se déclarer candidates. Suivra le temps de l’instruction administrative puis celui de la sélection des régions sur la base de l’intérêt de santé publique des projets candidats et de leur capacité à faire adhérer au programme le plus grand nombre de professionnels de santé, ce qui laisse entendre que l’aire géographique concernée pourrait être plus grande que dans le cas de TSN.
  • Mentionnons également celle prise par le « Comité Stratégique de Filière » Santé qui s’est engagé à faire progresser une mesure relative à la e-santé/télémédecine en tant que filière technologique émergente à fort potentiel de développement.
  • Dans le même temps, une nouvelle filière fait son apparition à côté du sanitaire, la Silver Economie, laquelle ambitionne de faire du vieillissement de la population un atout économique. Le Syntec Numérique figure au nombre des signataires du « Contrat de Filière », constatant que les outils numériques sont à ce jour encore peu utilisés par les acteurs concernés.
  • Enfin, l’une des dernières initiatives des pouvoirs publics est le Plan Santé Numérique (PSN), l’une des 34 priorités de la « nouvelle France industrielle » du Ministère du Redressement Productif.

 

On le voit, il manque à cet empilement de projets, tous vertueux par ailleurs, un cadre architectural, qui fixe les objectifs à atteindre pour chacun de ces projets, leur ordonnancement réciproque; qui positionne les Cahiers des Charges et les métriques d’évaluations respectifs, voire détermine la « Doctrine Administrative » sous-jacente.   

 

En tant que partie prenante sur ce Plan Santé Numérique, nous proposerons des actions qui permettront d’aller vers un meilleur pilotage et de lever les freins que la filière industrielle constate. .

 

« PSN » réunit en effet dans une formation mixte, acteurs du public et du privé, autour d’une feuille de route définie par l’exécutif : « préciser les objectifs à atteindre, les freins à surmonter, les outils à mobiliser, les financements à solliciter (notamment dans le cadre des investissements d’avenir), les éventuelles expérimentations à conduire, les partenaires à associer et le calendrier à suivre. »

 

Un bilan d’étape est prévu courant avril 2014 et nous en attendons beaucoup, au-delà de l’évaluation qui reste à faire de ce qui a été déjà expérimenté au-travers d’innombrables rapports et appels à projets subventionnés. On l’aura compris, nos attentes sont fortes, notamment en matière de fixation d’objectifs industriels atteignables, de parcours mieux fléchés d’accès au marché, de clarification des règles du jeu concurrentiel et d’une architecture globale de pilotage national lisible.

 

Nous souhaiterions que les préconisations du Plan Santé Numérique aident à compléter ce qui manque encore à la stratégie nationale de santé pour produire son plein effet, à savoir l’existence d’un cadre commun d’urbanisation. La définition de ce cadre comme celle de ses principes fondateurs procède d’une démarche collective et reste entièrement à faire.

 

Nous sommes prêts pour notre part à contribuer activement au succès de cette stratégie en introduisant la démarche d’urbanisation dans le volet numérique de la SNS, à participer aux côtés des ARS aux expérimentations préfiguratrices qui s’annoncent et à accompagner la mise en œuvre opérationnelle de ce qui sera édicté dans le Plan Santé Numérique ».

 

Ce travail de co-construction pourrait être régi par un « pacte de responsabilité » qui nous associerait étroitement aux Ministères concernés, en particulier dans les phases de concertation amont. C’est dans ce cadre que pourraient, par exemple, être fixés les objectifs phasés de la stratégie nationale et arrêtée la doctrine d’emploi des Entreprises de Services du Numériques (ESN) [3] en santé qui peuvent se prévaloir d’un modèle économique particulier.

 

 L’idée de « bénéfice moralement acceptable » est totalement étrangère à ces entreprises pour qui la santé n’est qu’une activité parmi d’autres. Il serait dés lors aberrant de leur demander de « sponsoriser » le marché santé dont elles attendent un ROI normal tout comme les « Medtechs » françaises regroupées au sein d’InnoTechmed France qui ont récemment fait valoir qu’en l’absence de ventes significatives en France, elles « n’ont souvent pas d’autres solutions que de faire leur premier chiffre d’affaires à l’étranger »[4].

 

Les signataires de cette tribune sont conscients que faute d’engagements réciproques dans la durée les efforts des uns et des autres pour rendre possible ce qui est nécessaire dans le domaine qui nous intéresse resteront vains.

 

La santé mérite mieux !

 

 

 

Thierry Zylberberg                                                                Guy Mamou-Mani                

Vice-président exécutif d’Orange                                         Président, Syntec Numérique

Directeur Général d’Orange Healthcare                              

 



[1] Sous l’intitulé « santé et autonomie sur le lieu de vie grâce au numérique »  pour le 1er et « Développement de services numériques pour la santé et l’autonomie » pour le 2d, ces appels à projets menés dans le cadre des investissements d’avenir étaient dédiés au soutien de déploiement expérimentaux de technologies et de services numériques dans le champ de la santé

 

[2] Cf les Livres blancs Syntec Numérique sur l’hôpital numérique,  la télémédecine

[3] Cf le livre blanc à paraître : de la SSII à l’ESN, enjeux et modes de transformation

[4] Pierre Moustial et les dirigeants d’InnoTechmed in La Tribune, 5 02 2014

28 mars 2014 ~ 0 Commentaires

Il faut impérativement réorienter les efforts fiscaux du Pacte de responsabilité vers les emplois à forte valeur ajoutée

 

J’y vois une obligation même si elle ne fait pas consensus. C’est peu dire que les positions en présence sont contrastées, les unes insistant sur l’emploi et la réduction du chômage,  les autres sur la compétitivité des entreprises et l’attractivité du pays.

 

Des économistes comme Vincent Beaufils (sur BFM le 27 mars 2014), ou David Thesmar soutiennent l’idée (les Échos du 6 février) que dans les futurs allègements, il faudra cibler les réductions de charges sur les bas salaires. Cet allègement de charges sur les  salaires voisins du SMIC aurait un effet rapide et puissant sur l’emploi et contribuerait notamment à la résorption du chômage des jeunes, très élevé en France, en les rendant employables. Une étude récente publiée par l’Institut Montaigne viendrait étayer leur conviction : « une mesure annulant complètement les charges patronales qui subsistent au niveau du SMIC (14 points en moyenne) pourrait créer jusqu’à 800 000 emplois ». A noter toutefois que cet allègement de cotisations sur les bas salaires a pour corollaire une surcharge des salaires plus élevés qui pénalisent l’emploi qualifié.

 

D’autres veulent que la baisse des charges soutienne prioritairement la compétitivité et donc soit appliquée à des niveaux de salaires plus élevés. C’est le point de vue développé par Jean-Louis Beffa dans la livraison de Challenges de cette semaine ; c’est aussi l’orientation prise par le Medef qui, par la voix de son vice-président, Jean-François Pillard (les Échos du 12 mars), plaide pour « le maintien des allégements de charges dits ‘ Filion’, le maintien du CICE et la mise en œuvre d’une baisse supplémentaire […] sur les cotisations patronales », soulignant au  passage que la concentration des allégements sur les bas salaires « serait inacceptable pour le Medef et en particulier pour les activités à haute valeur ajoutée [qui ] seraient obligées d’en tirer les conséquences »

Alors que rien n’est encore arrêté et que les arbitrages sur le ciblage des 10 milliards d’allégement de charges du pacte de responsabilité n’ont pas encore été rendus, je me réjouis de cette prise de position du Medef qui augure bien de l’issue des débats à venir avec l’Exécutif qui, pour l’heure, comme tous les gouvernements depuis 20 ans – qu’ils soient de gauche et de droite-, penche plutôt pour la solution préconisée par Vincent Beaufils et David Thesmar d’une baisse des charges sur les bas salaires donc pour une croissance riche en emplois peu qualifiés qui entrave la montée vers le haut de gamme et les services à forte valeur ajoutée.

Ces négociations sur ce sujet du ciblage des charges qui, loin d’être trivial, engage notre perception de l’avenir. Il est impératif de demander, contrairement aux idées généralement reçues, à ce que les charges qui pèsent sur les emplois qualifiés- les métiers à valeur ajoutée-, soient allégées sans délai. Ce sont ces emplois qui créent de la valeur et donnent à notre pays un avantage compétitif. Or ce sont aujourd’hui ces emplois et derrière eux les acteurs des secteurs qui les suscitent qui sont indûment pénalisés. Ils devraient au contraire être encouragés à créer des emplois qualifiés par des mesures fiscales appropriées.

 

De plus, la compétitivité obtenue par l’ensemble des entreprises favorisant les investissements de rupture générera mécaniquement des créations de postes dans les catégories socioprofessionnelles les moins qualifiées.

 

Une étude COE-Rexecode/Syntec récemment publiée souligne à raison que les entreprises françaises payent les salaires chargés parmi les plus élevés d’Europe alors que leurs salariés perçoivent des rémunérations nettes qui sont parmi les plus faibles. Cette situation ne peut plus durer, sauf à prendre le risque de voir notre pays à jamais disqualifié, ses entreprises les plus innovantes et ses centres de recherche & développement s’étant délocalisés comme c’est déjà le cas pour certaines activités très pointues. Certains éditeurs de jeux sont ainsi partis, de guerre lasse, à Montréal (Canada), alors que ces pépites avaient vocation à rester françaises.

 

Il faut trouver le moyen pour que les entreprises de notre secteur puissent continuer à attirer des talents et à mieux payer leurs collaborateurs de haut niveau – ce qui est une manière de reconnaître leurs compétences et de les fidéliser -, sans pour autant que cela les mette en difficulté. Le CIR répond pour partie au problème posé mais ce dispositif est réservé à la recherche. Il reste à imaginer des mécanismes applicables aux activités du secteur numérique.

 

Aussi , pour faire gagner à la France la bataille de la compétitivité, demandons-nous de manière insistante  au Gouvernement et en particulier à François Hollande qui sera in fine l’arbitre de la situation :

 

  1. que le plafond du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) actuellement assis sur des rémunérations dont le montant n’excède pas 2,5 Smic et concerne de ce fait peu le secteur des TICs où le salaire moyen est supérieur à celui des autres secteurs d’activité, soit porté au moins à 3,5 fois le SMIC comme le préconisait le rapport Gallois
  2. que la baisse des charges cible prioritairement les salariés investis dans les secteurs les plus porteurs comme le Numérique, afin que leur rémunération nette augmente et les incite à moins quitter la France dans un contexte où la concurrence est rude et mondiale, un des effets de cette mesure étant de renforcer l’attractivité du territoire national et de réduire les approches dites « off-shore »
  3. que l’on soit attentif au bon équilibre des comptes des entreprises de pointe qui doivent supporter un coût horaire du travail dans la programmation, le conseil et d’autres activités informatiques parmi les plus élevés d’Europe.

 

Notre pays est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Les recettes utilisées depuis des décennies l’ont conduit dans une impasse dont il faut impérativement sortir. Les analyses concernant les solutions à apporter au drame du chômage manquent de nuances et sont trop simplistes. Leurs auteurs reconnaissent eux-mêmes leur caractère court-termiste qui conduit aux millions de chômeurs actuels : Pole Emploi, recensait en janvier 2014, toutes catégories et territoires confondus, 5 972 000 inscrits, auxquels il faudrait ajouter les chômeurs invisibles…

Il est temps de changer de méthode !

20 décembre 2013 ~ 1 Commentaire

Le numérique est toujours « terra incognita » en France

Même si nous avons déjà les yeux rivés sur 2014, cette période de l’année est traditionnellement propice aux bilans. Je ne dérogerai pas à la règle et, ce qui ne devrait pas vous surprendre, je le ferai à l’aune du numérique.

C’est avec une très grande satisfaction, comme je l’avais indiqué lors de la présentation par François Hollande des « 34 plans industriels », que je vois des pans entiers de l’industrie française pénétrer dans l’ère du numérique rendant obsolète la dialectique passée opposant l’industrie aux services.

En favorisant l’innovation et la diffusion des technologies numériques dans l’ensemble de l’économie par une politique industrielle qui ne se limite pas à l’étroit segment de la haute technologie mais au contraire privilégie l’usage, notre pays s’adapte aux caractéristiques et aux défis des économies fondées sur le savoir.

Si je salue la digitalisation croissante de toute notre économie, je déplore par contre qu’en dépit des efforts de tous la « culture numérique » qui figurait pourtant en bonne place dans l’agenda présidentiel n’ait pas progressé davantage cette année et reste encore trop cantonnée dans une frange de la population, certes de plus en plus nombreuse, mais encore trop limitée en nombre.

Force est en effet de constater que la culture de la transformation numérique se développe à un rythme beaucoup moins soutenu qu’escompté par les industriels du secteur. Si l’on ne corrige pas de manière volontariste la trajectoire en jouant sur les bons leviers, à commencer par le système éducatif, je ne vois pas que la situation puisse s’améliorer, du moins à brève échéance.

Nous courons plutôt le risque, en comparaison avec les autres pays, de voir la France continuer à s’enfoncer dans les bas du tableau des classements internationaux, quoique l’on pense par ailleurs de ces classements et, en particulier, des biais méthodologiques introduits comme ceux liés à la construction d’une échelle de compétences et l’algorithme d’estimation des scores à ces échelles.

Les résultats de la dernière étude du Programme international de suivi des élèves (Pisa) réalisée par l’OCDE sont à cet égard éloquents qui placent Shanghaï à la première place.

Les performances testées par l’enquête PISA des élèves français en mathématiques et lecture sont comparativement parmi les moins bons du panel. Ces résultats sont corroborés par ceux d’une autre étude de l’OCDE publiés en novembre dernier qui montrent que la France accuse une perte rapide de compétences, et cela à tous les niveaux, ce qui nuit à sa compétitivité globale.

http://www.usine-digitale.fr/article/former-au-numerique-un-enjeu-d-efficacite-economique-et-d-insertion-sociale.N223436

Il est encore temps, collectivement, de réagir. Le choix du déclin n’est pas une option, même si certains s’y complaisent. Aussi proposons-nous au président de la République qui a bien voulu solliciter notre avis de faire entrer la France de plein pied dans ce « nouveau monde » qui nous attend en propageant méthodiquement la culture numérique.

Ce monde qui vient est en effet encore, pour trop de nos concitoyens, une « terra incognita». Il faut aller au-delà de la simple acculturation au numérique. Aujourd’hui, seuls les « digital natives », ceux qui ont grandi dans un environnement numérique depuis leur naissance, maîtrisent les codes de ce nouveau monde qui est en train de casser les codes des ères précédentes.

C’est parce que cette culture du numérique leur fait défaut, que le parlement a voté sans sourciller l’article 13 de la loi de programmation militaire qui crée, sous couvert de généraliser la cyber surveillance, une brèche dans le contrôle démocratique des données.

http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/high-tech-medias/internet/221186541/lpm-et-confiance-numerique-si-viens-numeriqu

Pour que la fracture numérique ne se creuse pas davantage et éviter que ne se reproduisent pareilles aberrations qui font perdre confiance dans le numérique, nous préconisons la mise sur pied d’une filière de formation Informatique et Numérique qui permettra de remettre à niveau les compétences du plus grand nombre et dés lors de renouer avec le leadership que la révolution industrielle de la fin du 19 ème siècle nous avait donné.

N’est-ce pas ce que nous pouvons nous souhaiter de mieux au seuil de l’année prochaine.

Avec tous mes bons vœux.

03 octobre 2013 ~ 0 Commentaires

Une rentrée riche pour le numérique et gâchée par un nouvel impôt

La rentrée est déjà loin derrière nous. On s’est tous, plus vite et plus tôt peut-être que d’habitude, remis dans le bain avec un calendrier qui, ces derniers jours, s’est encore accéléré.

Le 12 septembre, François Hollande dévoilait en présence d’Arnaud Montebourg et devant un parterre de chefs d’entreprises, les priorités de la politique industrielle de la France http://www.elysee.fr/declarations/article/intervention-du-president-de-la-republique-sur-la-nouvelle-france-industrielle/

A cette occasion, il a présenté 34 plans de reconquête dont 14 sont consacrés au « numérique » qui voit ainsi son omniprésence reconnue.

Ne boudons pas notre plaisir devant ces annonces gouvernementales que je tiens tout particulièrement à saluer: que le numérique soit aussi bien représenté dans les plans du gouvernement c’est, pour notre chambre professionnelle, un aboutissement autant qu’un motif de fierté.

Pour autant, cette reconnaissance de l’importance du numérique comme fer de lance des « industries du futur », levier de transformation et de compétitivité au service des autres secteurs de l’industrie, loin de nous autoriser à nous endormir sur nos lauriers, oblige notre secteur à se hisser à hauteur des attentes qu’on place en lui.

C’est un premier pas qui va dans la bonne direction, mais qui doit se traduire maintenant dans les faits comme j’ai eu l’occasion de m’en expliquer dans la « Tribune des décideurs » le 16 septembre dernier.

C’est dans leur « exécution » en effet que les entreprises du numérique apprécieront la pertinence des mesures annoncées. Elles n’ont pas tant besoin d’un plan étatique comme celui qui avait prévalu lors de la réalisation du TGV mais d’être accompagnées, encouragées à innover par une fiscalité adaptée, créer des emplois… En un mot, que leur soit donnée plus de latitude et de marges de manœuvre pour se développer tant en France qu’à l’international.

C’est dans ce contexte que j’ai estimé devoir intervenir auprès des pouvoirs publics, constatant non sans surprise la multiplication des contrôles fiscaux à l’endroit de nombreuses entreprises du numérique de toutes tailles bénéficiaires du Crédit impôt recherche et la recrudescence des notifications de redressement.

Qu’on me comprenne bien : je trouve normal que les agents de l’administration fiscale procèdent épisodiquement à des contrôles fiscaux pour prévenir les abus. Je déplore par contre cet acharnement contreproductif dont pâtissent les entreprises du numérique.

J’ai plaidé pour que les spécificités de notre R&D soient prises en compte et appréciées par des spécialistes du ministère de la Recherche et de la Technologie à même de les comprendre. J’ai apparemment été entendu puisque, désormais, Syntec Numérique participera aux travaux de la commission fiscale compétente, ce qui devrait avoir pour effet de rassurer les chefs d’entreprise concernés. Pour contenir cette inflation des contrôles et des redressements nous avons demandé un moratoire de 6 mois pour laisser le temps à cette commission de travailler.

J’ai aussi des motifs de me réjouir des engagements sur le numérique et la santé pris par Marisol Touraine, ministre de la santé et des affaires sociales, lors de la présentation qu’elle a faite lundi dernier de la Stratégie Nationale de Santé et de la feuille de route qui en découle http://www.social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/SNS-version-longue.pdf

Notre propre « feuille de route » en la matière ne sera pas restée lettre morte, Nous retrouvons dans les orientations données par la ministre un écho direct des préoccupations du Comité Santé de Syntec Numérique que ce soit sur la Télémédecine, l’Hôpital numérique ou encore l’ouverture des données de santé.

Ce mois de septembre aura également vu naître, en interne Syntec, trois nouveaux groupes de travail, le premier réunira les entreprises souhaitant être épaulées pour attaquer l’international , le second, centré sur les questions liées à « l’autonomie », permettra à notre Chambre de contribuer utilement aux travaux en rapport avec la filière de la « Silver économie » installée cet été, le dernier, présidé par Luc-François Salvador, s’intéressera à la cyber-sécurité dont il est un des experts reconnus.

Enfin, je ne pouvais pas finir sans faire connaître mon désaccord total sur ce nouvel impôt qui vient frapper l’EBE. J’ai assez défendu le CICE pour m’autoriser aujourd’hui à dire au gouvernement qu’il est en train de tout gâcher en revenant sur ses promesses. Lors de l’université d’été du Medef, fin août, Pierre Moscovici, ministre de l’Economie et des Finances, s’était engagé solennellement à ne plus augmenter les charges. C’est le moment d’honorer la promesse faite et de renoncer à mettre en place cet impôt catastrophique qui pèse sur les entreprises qui créent le plus d’emplois et comptent parmi les plus gros investisseurs.

A tous, bon courage !

17 juillet 2013 ~ 4 Commentaires

« Dans le numérique, nous avons des jobs mais pas suffisamment de candidats »

Publié le

Dans une tribune faite pour L’Usine Digitale, Guy Mamou-Mani, président de Syntec Numérique et co-président du groupe Open, lance un cri d’alarme. Selon lui, près d’un emploi créé en France sur quatre serait le fait de la filière numérique. Problème : seule la moitié de ces offres trouvent preneurs. Il dresse ici quelques pistes pour lutter contre ce « gâchis ».

Les trois années qui viennent seront employées par Syntec Numérique à relever le défi de l’emploi dans le Numérique. En effet, l’informatique, les télécoms, les services et logiciel, représente près de 1,2 millions d’emplois en France, dont 700 000 créés en dix ans. Le CREDOC prévoit qu’un million de plus le seront dans les cinq ans à venir. En Europe, il est fait état d’un besoin de 900 000 emplois d’ici à 2015 dans le numérique, objet d’une grande coalition lancée par la commission européenne.

En France, en mai, 26 % des offres d’emplois enregistrées à l’APEC ont été pour le numérique. Mais le secteur des logiciels et services informatiques, dont le chiffre d’affaires s’élève à 62,9 milliards d’euros et qui a proposé en 2012 près de 35 000 offres d’emplois, n’arrive pas trouver assez de talents pour suivre son rythme de croissance soutenue, en dépit de la crise. De fait, ce secteur n’aura finalement créé en 2010 que 12 000 postes nets. Autrement dit, nos entreprises ne trouvent pas les profils dont elles ont besoin ; elles souffrent d’une pénurie de ressources qualifiées, et cela freine leur développement.

le secteur numériquE proche du plein-emploi

L’inadéquation persistante de l’offre et de la demande explique en partie qu’environ 36 000 informaticiens ne trouvent pas à s’employer, alors qu’existent des postes en tension faute de compétences. Toutefois, le taux de chercheurs d’emploi à Bac +5 dans notre secteur est de 4%, proche du plein emploi. Il faut donc se concentrer sur les autres profils de formation et de compétences et agir pour corriger cette situation.

Syntec Numérique a engagé plusieurs leviers pour cet objectif. Tout d’abord la réalisation d’une étude prospective, dont les résultats seront connus avant la mi-juillet, menée conjointement par notre Branche et l’Etat et inscrite dans la feuille de route numérique du Gouvernement, pour identifier les compétences clefs de notre secteur et permettre aux acteurs de la formation d’adapter leur action aux besoins des entreprises.

Des promesses d’embauche

Dans le cadre de l’agenda attractivité-emploi 2013-2014 de Syntec Numérique, nous lançons pour la rentrée une initiative de « promesses d’embauches pour les jeunes » à travers notre soutien à toutes les initiatives de formation, de reconversion et d’intégration professionnelle des jeunes vers les métiers du numérique, notamment des dispositifs d’associations qui oeuvrent pour les publics décrocheurs, telle la Web Academy. Nous allons mobiliser les moyens de la formation professionnelle de la branche, son conseil et ses propres dispositifs d’accompagnement ainsi que des propositions de débouchés et des promesses d’embauche pour accueillir ces jeunes dans les métiers du numérique.

Le 12 septembre, la journée 4F Numérique avec l’association Pasc@line, qui regroupe les entreprises et les grandes écoles et universités des cursus numériques, fournira aux professeurs référents de l’option ISN, une vision technique économique et sociétale du numérique avec l’objectif d’amorcer des projets de formation supérieure, puis professionnel, auprès de jeunes.

Le 24 septembre, nous tiendrons une grande conférence sur l’apprentissage dans le numérique afin de développer l’attractivité auprès des jeunes, filles et garçons, des formations aux métiers du secteur en apprentissage, pour élargir le nombre des diplômés et faire face au renouvellement des générations. Plutôt que de bâtir une structure de formation ad hoc, nous avons engagé un travail avec les Conseils régionaux afin de « labéliser » les CFA proposant des cursus numériques via un cahier des charges.

Comme il y a 2 ans, Syntec Numérique sera à nouveau candidat, au printemps 2014, pour être le relais et le représentant pour la France de l’initiative Européenne E-Skills, développée par la profession au niveau européen, pour une semaine de programmation d’attractivité des métiers du numérique partout en France.

Cette opération sera précédée en février, après le succès de notre premier pilote cette année, par les JEM’ NUM, journée des entreprises et des métiers du numérique à l’Université, avec le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, la Région Ile de France et dans toute la France. L’année qui s’engage devrait voir le droit de la formation évoluer significativement. Syntec Numérique va saisir cette occasion unique de promouvoir le numérique, en tant que filière de formation, mais également en tant que vecteur de modalités d’apprentissage innovantes. Nous allons relever le défi de l’emploi du numérique, soutien de sa croissance, afin qu’il réponde aux promesses de nouvelles perspectives pour les jeunes de notre pays.

Guy Mamou-Mani, Président de Syntec Numérique

 

07 juin 2013 ~ 1 Commentaire

Parlons d’avenir

Guy Mamou-Mani Programme 2

Telecharger mon programme

Alors que le terme de mon premier mandat se précise, j’ai souhaité vous faire connaître que je me portais candidat à un deuxième mandat.

Je présenterai donc ma candidature devant le 1er Conseil d’Administration qui suivra l’Assemblée Générale du 6 juin pour un second mandat de trois ans, lequel viendra parachever le plan d’ensemble que j’avais dessiné à l’aube du premier.

Je m’étais engagé à impulser une nouvelle dynamique qui réponde aux attentes de la profession dans son ensemble et permette d’affirmer le positionnement de l’innovation et des services dans notre pays.

C’est le premier des grands chantiers auquel je me suis attelé qui s’est concrétisé par un double changement de dénomination :

- « Syntec informatique » devenant « Syntec Numérique » pour mieux souligner la transformation profonde, du fait même du numérique, de nos métiers et de l’activité de nos clients,

- « SSII » se transformant en « Entreprises de Services du Numérique » (ESN) pour mieux signifier la manière dont, collectivement, nous abordons les problématiques de développement et de croissance de l’écosystème pris dans sa globalité.

La nouvelle ambition : le syndicat du futur

Syntec Numérique affiche désormais une nouvelle ambition, se revendiquant comme le « syndicat du futur » en même temps qu’il s’ouvre à de nouvelles professions. Nous sommes devenus avec le temps le vecteur de la transformation de toute l’industrie par le numérique, au plus près des enjeux de modernisation économique que connaît notre pays.

L’accélération du nombre des adhésions – avec, en particulier, celles venant du monde de l’internet et des associations régionales -, font maintenant de Syntec Numérique la chambre syndicale de tout l’écosystème numérique.

Cette volonté de peser sur les orientations numériques de notre pays a conduit notre chambre professionnelle à participer à la création du « Collectif du Numérique » – qui a recueilli les feuilles de route numériques des candidats à la présidentielle 2012 – à contribuer au succès des « Assises de l’Entreprenariat » aux côtés des autres acteurs représentatifs du monde numérique comme à la mise sur orbite de la « Commission Nationale des Services »

Nous nous sommes ouverts à de nouvelles catégories d’adhérents, assurant de ce fait une visibilité accrue aux nouveaux métiers du secteur. Cet élargissement de notre périmètre avait toutefois une contrepartie : la nécessité de renforcer nos ressources financières propres pour pouvoir répondre aux préoccupations de ces nouveaux adhérents et à l’élargissement de nos responsabilités syndicales. Une refonte de nos bases de cotisation a pu être menée à bien qui donne aujourd’hui au Syntec Numérique les moyens de son ambition.

La gouvernance de notre chambre professionnelle

Une réflexion sur la gouvernance de notre chambre professionnelle a été menée parallèlement à ce premier chantier conduisant, dans le cadre d’une organisation par Collèges, à mieux valoriser nos différents métiers et à les faire reconnaître dans leurs spécificités. Le comité exécutif de Syntec Numérique comprend désormais des présidents de collèges élus par leurs pairs, la responsabilité m’incombant de veiller tout particulièrement à l’image et à l’unité de l’ensemble dans le respect des spécificités métiers de chacun des Collèges.

Cette évolution dans la gouvernance s’est accompagnée d’une réorganisation interne, avec une équipe de permanents désormais répartie par grands pôles d’activité pour mieux répondre aux préoccupations des adhérents, dont la mobilisation fait mon admiration: 800 collaborateurs d’entreprises membres de Syntec Numérique participent en effet activement à l’une ou l’autre des 350 réunions de travail qui rythment l’année.

Pareille organisation nous a permis de démultiplier nos actions tout en gagnant en efficacité, laissant aux présidents de chacun des Collèges (ESN, Editeurs, Conseil en technologie) ou des Comités métiers le soin de valoriser eux-mêmes leur filière, pour concentrer toutes nos énergies au niveau central, dans une logique de transversalité, sur l’élaboration, par exemple, d’une Charte de bonnes pratiques visant à créer une relation équilibrée, authentique et durable entre grandes entreprises, opérateurs publics et PME.

Continuons a valoriser le numerique

Il fallait, parallèlement, poursuivre le travail de valorisation des métiers du numérique qui avait été engagé de longue date. La campagne de sensibilisation aux débouchés du numérique qui a été lancée auprès des 15-18 ans (les Snum’s), rencontre un grand succès. Nos métiers devraient être placés aujourd’hui en tête des métiers privilégiés par les familles. On ne redira jamais assez que Syntec Numérique est l’organisation professionnelle la plus engagée dans le développement des filières de formation aux métiers du numérique, depuis l’école jusqu’aux filières universitaires et des grandes écoles, en passant par l’apprentissage.

Tout ceci dessine les contours du grand syndicat du numérique – à construire avec l’ensemble des organisations représentant les différentes facettes du numérique en France – que j’appelle de mes vœux dont le projet figure en bonne place parmi les idées programmatiques que je présenterai avec mes engagements devant le prochain Conseil d’administration de Syntec Numérique.

Mon programme pour les 3 prochaines annees

Vous trouverez [ci-joint fichier] les grandes lignes de mon programme pour les trois prochaines années. Je souhaite toutefois à ce stade vous faire partager mes convictions les plus personnelles pour demain.

Je compte travailler aussi étroitement que possible avec la nouvelle équipe de tête du MEDEF espérant comme je l’ai écrit sur ce blog qu’elle partagera l’ambition numérique qui est la nôtre et en fera « un principe pivot au cœur de la stratégie de reconquête industrielle du mouvement entrepreneurial » .

Je n’imagine pas que les entreprises de Syntec Numérique se replient du fait de la crise aux dimensions de l’hexagone. Nous devons au contraire les encourager à poursuivre leur expansion à l’international.

Je suis de même très attaché comme vous le savez à la diffusion de la culture « RSE » au sein des entreprises, à commencer par celle que je co-préside. Je m’emploierai tout au long de mon mandat à la renforcer au sein des grands groupes et à ce qu’elle soit davantage prise en compte dans les petites et moyennes entreprises.

Je multiplierai les initiatives en direction des populations les plus jeunes, en particulier, les jeunes femmes. Nous devons nous montrer plus imaginatifs que par le passé pour les attirer en nombre vers les métiers de notre secteur. Nous devrons œuvrer plus en synergie avec des associations comme Pasc@line, « nos quartiers ont des talents », « 100 000 entrepreneurs » ou encore le nouvel « Institut de la Société Numérique ».

Je mettrai enfin en place en tout début de mandature, parce que ce sujet ne souffre pas l’improvisation et que les enjeux sont trop importants, les conditions d’une succession préparée qui viseront à faire émerger des candidats à la présidence. Si d’aventure personne ne se déclarait, je m’emploierai personnellement à susciter des vocations. Dans tous les cas, je ferai en sorte d’associer étroitement les postulants à la gouvernance en leur confiant d’entrée des responsabilités à la mesure de leurs ambitions au service du bien commun.

29 mai 2013 ~ 0 Commentaires

Le numérique, une chance pour le mouvement des entreprises de France

Tribune publiée dans le huffington post le 27/05/2013

http://www.huffingtonpost.fr/../../guy-mamoumani/numerique-entreprises_b_3332560.html

 

Le mouvement des Pigeons et la réponse, bienvenue, du Gouvernement de Jean-Marc Ayrault sur la fiscalité de l’entrepreneuriat illustrent les problématiques et les défis auxquels notre économie doit faire face pour tirer bénéfice de la troisième révolution industrielle, la révolution numérique. Ils rappellent à leurs responsabilités les pouvoirs publics, les entreprises, la société civile, et ceux qui les représentent, pour que notre système productif se modernise.

Il est significatif que ce soient des investisseurs de capital-risque et des entrepreneurs du numérique qui ont su se faire entendre sur le problème de la fiscalité et du financement de nos entreprises. Et il est significatif que ce soit la ministre des PME, de l’Innovation et de l’Economie Numérique qui ait su convaincre le Président de la République et le Gouvernement de corriger le tir.

En effet, si tout le monde convient que le numérique est un secteur d’avenir pour la France, il ne s’y développe pas aussi rapidement qu’il le pourrait, alors que nous disposons de nombreux atouts pour le faire : un potentiel scientifique de valeur, des ingénieurs compétents, des investissements publics en soutien au développement du secteur et de l’innovation – tel le plan d’investissements annoncé par le président de la République – , un écosystème dynamique avec le plus grand nombre de start-up en Europe et des grands groupes d’envergure internationale.

Ce constat laisserait à penser que c’est l’économie du numérique le problème en France. En fait, la vraie problématique est que toute l’économie est devenue numérique, mais que les industries et les services de notre pays n’en tirent pas suffisamment profit pour améliorer leurs marges, développer de nouveaux produits compétitifs et de qualité, tout en offrant aux jeunes Français des emplois qualifiés à hauteur de leurs attentes.

Il ne suffit pas de se tourner vers les pouvoirs publics pour réclamer – légitimement – soutien financier, stabilisation de l’environnement juridique et fiscal, effort drastique de réduction des dépenses publiques et une orientation favorable de la politique économique et industrielle en faveur du numérique. Le mouvement des entreprises doit s’organiser lui-même pour relever ce défi majeur. Levier essentiel de croissance économique, les Technologies de l’Information et de la Communication (TIC) se développent au niveau mondial de près de 6 % l’an et représentent aux Etats-Unis ou en Corée environ 15 % de la production nationale, contre 6 % à peine en France. Mais cette contribution du numérique à la croissance est aujourd’hui moins celle de la vitalité des entreprises des TIC que le résultat de leur contribution de plus en plus importante aux gains d’efficience des autres secteurs.

Les organisations professionnelles, et en premier lieu le MEDEF, doivent tenir pleinement leur rôle pour relever le défi du numérique, afin de contribuer à favoriser le développement économique en France. A ce titre, le numérique est une chance pour le mouvement des entrepreneurs de France, parce qu’enfin, avec l’hybridation des produits et services qu’il permet, il en sera fini de l’opposition stérile entre l’industrie et les services. En concertation avec le Gouvernement, dans le dialogue avec les organisations syndicales, en connexion directe avec l’ensemble de la société, qui a besoin que se développent les usages de l’aire digitale, tous les entrepreneurs de France ont la responsabilité de soutenir une stratégie forte de développement du numérique dans toutes nos entreprises, petites et grandes.  Systèmes intelligents, objets connectés, industrialisation des processus, développement de l’innovation et des compétences numériques à tous les échelons jusqu’à la gouvernance, il est temps de conférer un véritable avantage numérique à notre tissu industriel et de services.

Les candidats à la présidence du MEDEF doivent avoir cette ambition numérique dans leurs programmes. Si Laurence Parisot avait su faire entrer le numérique au MEDEF, le prochain Président devra en faire un principe pivot au coeur de la stratégie de reconquête industrielle du mouvement entrepreneurial. C’est cette stratégie qui permettra de soutenir l’export, de renouer avec la croissance et donc avec la création d’emplois. C’est cette ambition qui impliquera de manière forte le monde de l’entreprise dans les politiques de formation, parce qu’elle devra mobiliser tous les talents et révéler toutes les potentialités des Français. C’est au prix de cet effort, et avec ces résultats attendus, que l’image du patron, de l’entrepreneur, redeviendra positive en France.

13 mai 2013 ~ 0 Commentaires

Les ESN au devant de la scène numérique

Par Christian Nibourel, Président d’Accenture France Benelux et Président du collège Entreprises de Services du Numérique (ESN), Syntec Numérique

 

Un changement de nom. Plus que cela : un reflet de la transformation profonde vécue en France par les milliers de sociétés de services opérant dans les technologies de l’information. Dans ce « troc de sigle », par lequel les sociétés de services en ingénierie informatique (SSII) deviennent des Entreprises de Services du Numérique (ESN), la notion charnière est bien celle du numérique. Elle témoigne de la formidable convergence de toutes les activités sociales, économiques, culturelles, éducatives, associatives, vers les mondes de l’Internet, de la mobilité, des réseaux de personnes et d’entreprises.

Dans ce nouvel espace, où réel et virtuel s’entrelacent en permanence, l’informatique constitue le matériau de base, quand le numérique incarne l’usage, la fonction. Si l’on compare avec le domaine de l’architecture, les technologies informatiques sont à l’image de l’acier, du béton, du verre ou du bois choisis comme éléments de construction. Le digital désignant le rôle joué par l’édifice : école, crèche, stade, chambre de commerce, marché, entrepôt, pont, aéroport…

Cette généralisation de l’Internet fixe et mobile dans la vie courante a propulsé les fonctions informatiques des coulisses vers le devant de la scène. En devenant des ESN, nous manifestons auprès de toutes nos parties prenantes – acteurs et représentants du numérique, pouvoirs publics, médias, grand public – que nous endossons pleinement ce nouveau rôle de bâtisseurs d’usages numériques. Nous endossons aussi la responsabilité qui va avec : anticiper les nouvelles interactions professionnelles et grand public, adapter les modèles économiques, accompagner la prise en main de technologies innovantes, fluidifier l’expérience de tous les utilisateurs - des particuliers aux entreprises, des services publics aux collectivités locales, des écoles aux structures associatives et solidaires.

Avec les ESN, nous témoignons de la diversité de nos missions - d’où le pluriel du mot « services ». Tout en inscrivant ces actions dans l’unicité que constitue aujourd’hui le numérique, qui englobe le logiciel en ligne, la mobilité, les grands volumes de données, l’analytique, le e-commerce, les télécommunications, les réseaux sociaux, l’audiovisuel et le multimédia…

Les Entreprises de Services du Numérique offrent des opportunités de carrières passionnantes et participent à la création de l’économie de demain. Avec ce nouveau nom, nous voulons attirer toujours plus de talents, pour accompagner les entreprises et administrations dans leur dynamique de transformation, stimuler l’innovation, favoriser la création de nouvelles activités, le développement de nouveaux secteurs, l’émergence de nouveaux champions de l’industrie et des services et ainsi contribuer à la relance du moteur de la croissance française.