Bonjour! Bienvenue...

guymamoumani Je suis ravi de vous accueillir sur ce blog que j’ai ouvert pour favoriser les échanges et les débats sur ce qui nous lie tous et me tient particulièrement à cœur : le développement de l’économie numérique. Notre société et notre économie sont aujourd’hui transformées en profondeur par l’apport des nouvelles technologies et nos entreprises y contribuent amplement. Elles doivent être entendues dans leurs spécificités, leur rôle et leurs ambitions. Elles sont également confrontées à de nombreux sujets qui font l’actualité du numérique. C’est la raison pour laquelle ce blog est d’abord le vôtre, adhérents de Syntec Numérique, professionnels de l’informatique ou simplement intéressés par ce numérique qui bouleverse notre quotidien : toutes les contributions sont les bienvenues et je m’efforcerai d’y répondre rapidement. Je souhaite que ce blog s’enrichisse de dialogues et d’idées et j’apporterai régulièrement ma contribution et mon regard personnels sur les sujets qui m’animent. Je suis impatient de vous lire.

16 décembre 2015 ~ 0 Commentaires

Préface [#80PortraitDeStartuper] de Sebastien Bourguignon – Les start-up représentent un formidable moteur de croissance

https://sebastienbourguignon.wordpress.com/2015/12/07/80portraitdestartuper-extrait-les-start-up-representent-un-formidable-moteur-de-croissance-frenchtech-guy_mm/

La France a, étonnamment, une préférence pour le déclin, comme si la France qui gagne, celle qui innove, se voit comme « un pays d’entrepreneurs » (Emmanuel Macron, Lyon, 13 octobre 2015), qui prend des risques et regarde l’avenir avec confiance n’intéressait plus qu’une minorité de nos compatriotes.

Aussi, quand Sébastien Bourguignon m’a présenté son projet d’écrire un livre blanc sur des startups françaises dont le succès apporte la preuve tangible qu’il existe des raisons de croire que la France peut encore faire la course en tête, je n’ai pas hésité un seul instant.

Je lui ai apporté d’entrée mon soutien tant je trouvais que son initiative de faire le portrait des réussites françaises était non seulement sympathique pour les créateurs de startups sélectionnées mais surtout courageuse car il faut aujourd’hui un certain courage pour afficher son optimisme.

Au-delà du cercle de ses lecteurs, je ne doute pas que ce livre blanc contribuera à promouvoir dans notre pays l’esprit d’innovation et de conquête que l’on prête aux startups, du moins à celles qui innovent vraiment et ne se contentent pas de copier un projet déjà existant. Une partie de la solution à la situation économique française se trouve sans doute dans la stimulation de leur développement. 

Les start-up représentent en effet un formidable moteur de croissance et un gisement d’emplois pour notre pays. La croissance annuelle moyenne de leur chiffre d’affaires est d’environ 40% dont 1/3 réalisé à l’international. Aussi, pour faire gagner la France, nous devons nous attacher à faire croître ces startups pour qu’elles deviennent les champions de demain.

Elles ont connu une forte croissance en 2014 (+ 37 %). Le phénomène a pris encore davantage d’ampleur cette année. Avec 1000 à 1500 startups créées chaque année, la France est le pays qui crée le plus de startups au monde rapporté au nombre d’habitants, notamment dans le numérique où l’on en dénombre entre 5000 et 7000 (au CES de Las Vegas, on dénombrait 80 startups françaises, ce qui faisait de la France la seconde nation derrière les USA).

Nous sommes devenus une « startup Nation » avec des atouts forts, en particulier le couple : système éducatif / dispositifs fiscaux (JEI, CIR). Accompagner ce phénomène qui a été judicieusement labellisé sous le nom de « French Tech » dans l’espoir qu’il aura un effet d’entraînement économique sur l’ensemble du territoire, c’est l’ambition portée par Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat au numérique. C’est naturellement aussi celle de Syntec Numérique.

Sur les 1500 membres que compte notre Chambre professionnelle, 200 sont des startups. Au travers du programme « 5000 startups » présidé par Bruno Vanryb Syntec Numérique propose aux jeunes pousses du numérique un accompagnement  à 360°, s’engageant notamment à les rapprocher des grands groupes nombreux dans ses rangs avec qui elles doivent apprendre à faire de l’innovation collaborative tout en leur inoculant cet « esprit startup » qui traverse votre Livre blanc.

16 décembre 2015 ~ 0 Commentaires

La conférence franco-allemande sur le numérique, une occasion manquée ?

]http://www.observatoire-fic.com/la-conference-franco-allemande-sur-le-numerique-une-occasion-manquee/

Une Europe en avance dans le numérique n’est pas seulement un rêve : ce doit être un objectif constant de nos politiques, des patrons d’entreprises. La stratégie européenne semble néanmoins prendre un certain temps à se mettre en place, comme souvent, et c’est sans doute pour cela que la France et l’Allemagne ont décidé de prendre le taureau par les cornes en réunissant le 27 octobre à Paris une conférence sur le numérique.

Si elle a eu le mérite de prouver une volonté politique réelle de la part de nos dirigeants, la circonspection reste de mise sur les débouchés de cette grand’messe. La conférence a en effet pris trois grands axes de décisions : le premier est du lien entre industrie du futur et Industrie 4.0, qui vise à porter la numérisation dans l’ensemble de l’économie. Le second vise à augmenter les capacités de financement de nos pays pour les start-ups, pour leur permettre de grandir et de concurrencer d’autres places de marché. Le troisième axe veut fournir un cadre à l’économie numérique. Autant d’idées qui vont plutôt dans le bons sens. Et pourtant, la conférence semble avoir eu de grands oublis quand on regarde d’un peu plus près ses conclusions.

Cette conférence n’a, d’abord, pas tellement cherché à s’appuyer sur ce que nous faisons, des deux côtés du Rhin, le mieux, nos PME et ETI. Les ETI allemandes et les PME françaises sont pourtant la colonne vertébrale de nos économies, le lieu de la majorité des embauches – les propositions de la Chancelière Angela Merkel, du Président de la République et du rapport conjoint du Conseil national du numérique et de son équivalent allemand se concentrent sur les jeunes pousses, ces start-ups qu’on ne veut pas voir partir outre Atlantique. La création d’un fonds d’investissement va bien sûr dans le bon sens mais elle laisse de côté la majorité de ceux qui font la croissance de l’Allemagne et de la France. Même remarque pour la création d’un statut unifié de jeune entreprise européenne : pourquoi n’y inclure que les start-ups, alors que ce sont bien souvent des entreprises un peu plus anciennes qui vont à l’assaut des marchés voisins ? Les actions se concentrent, aussi, sur l’industrie, l’automatisation, les objets connectés, alors que, quitte à afficher une volonté d’indépendance vis-à-vis de certaines grandes entreprises américaines, nous aurions tant à apporter en matière de cyber-sécurité, de gestion des données massives et dans les services numériques, dans lesquels nous sommes tellement en avance, dans le BtoB plutôt que dans le BtoC.

La conférence a vu aussi l’annonce de la création d’une académie franco-allemande pour l’industrie du futur : l’idée est excellente, là encore, mais elle oublie qu’aujourd’hui, le problème majoritaire n’est pas tant du côté de la recherche que du côté des vocations à faire du numérique. C’est dans nos écoles qu’il faut aller chercher les ingénieurs, les docteurs en informatique de demain, des hommes et des femmes (surtout !). Un autre bon point de départ aurait pu être également de proposer un CIR franco-allemand qui se serait construit sans agrément.

Nos politiques ont également annoncé vouloir proposer un cadre pour l’économie numérique : il s’agirait de proposer un label commun pour la sécurité de l’informatique en nuage et de réguler les plates-formes. Mais, en avançant seules pour inciter l’Europe à suivre leurs traces, la France et l’Allemagne prennent le risque d’isoler nos espaces économiques, sans être sûres que les choix qu’elles feront seront à même d’atteindre les objectifs, de protection de la vie privée ou d’indépendance économique.

Alors, peut-être cette conférence du 27 octobre était-elle un lancement, l’aube d’une initiative que nous pourrons, industriels, société civile, enrichir de nos idées, de nos pistes concrètes pour faire progresser l’ensemble des vingt-huit Etats membres de l’Union Européenne. Peut-être permettra-t-elle d’engager une politique du numérique pour la croissance. Nous le souhaitons et nous l’appelons de nos vœux mais demandons à nos gouvernements d’entendre leurs industriels pour créer une stratégie numérique à même de donner à l’économie numérique l’élan dont elle a besoin.

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16 décembre 2015 ~ 0 Commentaires

Régions : numérisez-vous !

http://acteursdeleconomie.latribune.fr/debats/2015-11-09/regions-numerisez-vous.html
Avec la loi NOTRe, les régions ont désormais les capacités d’engager des réformes structurantes, elles doivent utiliser ces compétences pour numériser, rapidement, notre pays. Le potentiel de croissance du numérique ne se limite pas à Paris. Par Guy Mamou-Mani, Président de Syntec Numérique.

Est-il besoin de le répéter encore ? Le numérique est partout, à la source des emplois de demain et au bout de nos doigts, dans les bâtiments en cours de construction et dans nos futurs réfrigérateurs. Il détient le potentiel de croissance de notre pays. Mais cette croissance ne sera effective que si elle passe par tout le territoire français, sans être limitée à Paris. Et, avec la loi NOTRe, les régions ont désormais les capacités d’engager des réformes structurantes et d’envergure : elles doivent utiliser ces compétences nouvelles pour numériser, rapidement, notre pays.

Transformer les secteurs traditionnels

Dans le domaine du développement économique, il est indispensable qu’elles transforment les secteurs traditionnels comme l’agriculture, le tourisme, l’industrie ou l’artisanat, confrontés à une concurrence accrue. Pour porter cette transition, les régions doivent œuvrer pour créer un écosystème structuré et vertueux de l’innovation permettant l’émergence d’entreprises du numérique, créatrices de valeur et d’emplois, capables de s’affirmer sur les scènes nationale et internationale. Nous ne serons compétitifs que si nous sommes capables d’être innovants. C’est là une condition incontournable pour répondre aux mutations des marchés, aux transformations industrielles, aux mouvements perpétuels qui affectent l’économie mondiale.

Un terreau de croissance

Nos régions doivent aussi engager une politique ambitieuse d’inclusion et d’aménagement du territoire, portée par le numérique. Que ce soit par une zone urbaine plus « intelligente » ou une meilleure organisation des transports avec l’intermodalité. Les infrastructures numériques seront le terreau de cette croissance. Cette nouvelle structuration des régions se retrouvera aussi dans l’e-administration, à l’origine d’économies réelles, grâce notamment à l’informatique en nuage, et d’améliorations aussi bien pour l’administration que pour les usagers.

Former au numérique

Enfin, face à la constante évolution des compétences professionnelles et l’émergence de nouveaux métiers dues à cette révolution numérique, la capacité des salariés à acquérir de nouvelles compétences tout au long de la vie est primordiale. La formation et l’apprentissage sont des enjeux cruciaux. Nos régions peuvent se lancer dans une politique volontariste en ces domaines, afin de favoriser l’adéquation de l’offre et la demande d’emploi, et in fine l’insertion professionnelle des futures générations, en favorisant l’apprentissage dans les métiers du numérique.

Syntec Numérique, syndicat de l’écosystème numérique, a fait des propositions que nous portons dans les régions de France. Nos industriels sont prêts à échanger, à faire avancer ces projets. Alors, régions, n’attendez-plus, numérisez-vous

16 décembre 2015 ~ 0 Commentaires

Réussir ensemble « la ville collaborative »

http://www.latribune.fr/regions/smart-cities/reussir-ensemble-la-ville-collaborative-524066.html
A l’occasion du Forum Smart City du Grand Paris, organisé par La Tribune les 26, 27 et 28 novembre prochains à l’hôtel de ville de Paris, experts, politiques et entrepreneurs ont pris la parole dans un numéro spécial consacré à la ville intelligente. Pour Guy Mamou-Mani, nous pouvons tous devenir des citoyens pleinement impliqués dans le développement de notre cité.

Alors que se développent tous les jours un peu plus les pratiques collaboratives (voitures partagées, échanges d’appartements, repas « maison » à emporter, etc.), nos villes semblent se rapprocher d’une « vision idéale » de la cité, une ville partagée mieux possédée par tous. Une ville dans laquelle les citoyens peuvent voter pour un budget, circuler avec des véhicules communs signalés dans une application, indiquer des travaux à effectuer en deux clics. Ces nouveautés peuvent d’ailleurs conduire beaucoup plus loin, si notre nouvelle ville réussit à emporter l’adhésion des citoyens pour devenir « une ville collaborative ».

Bien sûr, ces pratiques ne font pas que des heureux, elles bousculent les habitudes mais aussi les modèles économiques, comme l’illustre l’interdiction d’UberPOP en France. Elles font craindre une remise en cause des fondamentaux de la société.

Cocréer la ville nouvelle

Et pourtant, quelles opportunités sont devant nous ! Non seulement de nouveaux services, de nouveaux commerces apparaissent tous les jours et font de chacun de nous un entrepreneur, mais encore nous pouvons tous devenir des citoyens pleinement impliqués dans le développement de notre ville, pour des espaces adaptés à nos besoins.

Tous autant que nous sommes, personnes âgées, en situation de handicap, femmes, hommes, urbains, ruraux, nous nous devons de participer à cette nouvelle économie, permise par le numérique, pour ne pas en devenir les oubliés mais surtout pour cocréer une nouvelle ville, pour la réinventer, pour la collaborer. Les nouvelles méthodes nous permettront d’expérimenter pour reprendre possession de nos quotidiens.

 

 

16 décembre 2015 ~ 0 Commentaires

Le numérique, facteur d’intégration pour tous

http://www.respectmag.com/9917-le-numerique-facteur-dintegration-pour-tous-par-guy-mamou-mani

 

l est devenu, ces dernières années, de bon ton de dénoncer la panne de l’ascenseur social, de constater que les fils et les filles d’ouvriers sont toujours moins nombreux dans les grandes écoles, que les écarts sont toujours plus grands et la compétition sociale toujours plus rude. Vu par les entreprises du numérique, cela semble invraisemblable tant le secteur recrute tous azimuts animé par des patrons du numérique convaincus que notre secteur est facteur d’intégration.

 

Ils ont d’abord une première conviction, qu’on ne répétera jamais assez : les métiers du numérique sont, par essence, des métiers d’égalité des chances pour des décrocheurs éloignés du système scolaire, qui se prêtent à des pédagogies alternatives, des métiers où l’on peut réussir sans capital social ou culturel, des métiers où de nombreux autodidactes ont déjà réussi, des métiers où les femmes sont attendues. Or, le numérique est un secteur en pénurie de talents : 35 000 recrutements étaient prévus pour 2014. L’Union Européenne a recensé 900 000 emplois à pourvoir d’ici à fin 2015. À l’horizon 2018, le contrat d’étude prospective prévoit lui 36 000 créations nettes d’emplois.

Nul besoin ici de CV anonyme : plus les profils sont variés, plus nos entreprises s’en réjouissent, elles ont besoin de qualités toujours plus diverses pour imaginer les services de demain, qui changeront radicalement la manière dont nous vivons et dont nous travaillons.

 

Car c’est la seconde conviction qui anime les entrepreneurs du numérique : ils y voient profondément un moyen de transformer notre société et la manière dont elle se perçoit. Loin des fractures que l’on voit dénoncées, par Pierre Nora dans les colonnes du Figaro récemment, et des critiques faites à des geeks coincés derrière leurs écrans, le numérique a vu l’émergence d’une économie du partage, qui rapproche les individus, de décrocheurs qui raccrochent, par des modes d’apprentissage favorisant toutes les formes d’intelligence, de solutions de santé innovantes, pour permettre à des personnes porteuses de handicap ou âgées de faire pleinement partie du corps social et nous ne sommes qu’au début de cette révolution.

 

Pour transformer ces convictions en réalité, il est capital que tous les jeunes maîtrisent cette nouvelle grammaire qu’est le numérique et l’école doit en être la première marche – en intégrant le codage et l’algorithmie dans les programmes, mais aussi en favorisant les pédagogies nouvelles proposées par le numérique.  Il faut aussi marteler que la diversité réelle des métiers du numérique permet à chacun de trouver sa place. Nous y gagnerons une société rapprochée, sans fracture, pour le bénéfice de tous et c’est ce à quoi nous aspirons.
En savoir plus sur http://www.respectmag.com/9917-le-numerique-facteur-dintegration-pour-tous-par-guy-mamou-mani#GTQhmVhjTm5dRHkP.99

16 décembre 2015 ~ 0 Commentaires

A partir de maintenant je vérifierai les participants aux tables rondes et refuserai toute participation s’il n’y a pas de femmes

Publication: Mis à jour: 
Et en Anglais

 

ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES – A une semaine d’intervalle, deux manifestations parisiennes ont réalisé une performance peu commune, passée quasiment inaperçue, celle de réserver leur tribune à la seule gente masculine. Le MEDEF tenait début juin sa première « Université du Numérique » en organisant 5 tables rondes, exclusivement masculines, sans que personne dans l’auditoire n’ait cru bon de s’en offusquer publiquement. Bis repetita le 18 juin lors de la Conférence de Paris sur les actions de l’Etat en matière de numérique où 87% des intervenants étaient des hommes.

Il y a quelques jours, le 27 octobre, le président de la République accueillait cette fois au Palais de l’Elysée la « Conférence numérique franco-allemande » en présence de la chancelière de la République fédérale d’Allemagne et de plusieurs ministres tant côté français qu’allemand (Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat chargée du numérique, Sigmar Gabriel, ministre de l’économie et de l’énergie de la République fédérale d’Allemagne).

Deux tables rondes étaient au programme de cette rencontre au sommet qui visait à favoriser la transformation numérique de l’industrie en France et en Allemagne en accélérant la croissance des startups en Europe. Quel n’a pas été mon étonnement de constater une fois encore l’absence criante des femmes. Au total, 14 personnes avaient été invitées à s’exprimer sur ces sujets d’avenir, dont une seule femme lors de la seconde table ronde. La première était exclusivement masculine!

Trop c’est trop. Quand on sait mes engagements, en particulier au côté de la commission « Femmes du numérique » de Syntec Numérique qui s’est fixée pour mission de promouvoir l’égalité entre femmes et hommes dans notre écosystème, je ne pouvais pas rester sans rien faire face à pareille situation dont l’énormité sautait aux yeux.

J’ai donc immédiatement réagi et envoyé à mes « followers » (6833 abonnés) un tweet dans lequel je prenais l’engagement formel de ne plus participer à des panels 100% masculins et de mener campagne contre cet état de fait.

 
Ce tweet, à ma grande surprise, a fait l’effet d’une bombe. Il a été aussitôt relayé par Nicolas Bouzou, professeur d’économie à Sciences Po et par ailleurs directeur du cabinet d’analyses Asteres (« Si tous les hommes réagissaient comme ça on arriverait à changer les choses »), et par Henri Verdier, « chief data officer » de l’Etat avec qui j’ai toujours plaisir à échanger et qui vient d’être nommé à la tête de la nouvelle Direction interministérielle du numérique.

Ma décision – je devrais dire « notre » décision – ne devrait surprendre personne. Il devrait être aujourd’hui considéré comme acquis que les femmes ont toute leur place dans la société des hommes, tout particulièrement au sein du numérique. Or, force est de constater avec Axelle Lemaire, Secrétaire d’Etat chargée du Numérique, qui a répondu à mon tweet en ces termes « je ne sais plus quoi faire » que « dans le secteur économique le plus porteur, celui qui crée des emplois et de la valeur, les femmes sont quasiment absentes ».

Un constat d’autant plus accablant venant d’un ministre qui se déploie sans compter pour corriger cet état de fait, par exemple en affichant une ambition pour la Grande Ecole du Numérique, celle d’intégrer 30% d’élèves filles parmi ses élèves ou en se déplaçant à chacune des éditions du trophée Excellencia, « premier trophée à récompenser les femmes High-Tech » comme se plaît à le souligner Véronique di Benedetto, présidente de Femmes du Numérique.

Non seulement les femmes sont encore aujourd’hui « interdites » – par inadvertance ? – de parole dans les grandes conférences technologiques mais en outre elles sont sous représentées dans les écoles d’ingénieurs (13% de jeunes femmes) et les professions du numérique (27,4% de femmes alors qu’elles sont représentées en général à hauteur de 48 % partout ailleurs) comme j’ai eu l’occasion de le faire remarquer lors de la conférence « les métiers de l’IT encore très masculins aujourd’hui, quid de demain ? » organisée par le Crédit Agricole dans le cadre de journée de la « Femme Digitale ».

Il est urgent de remédier collectivement à cette situation. Les pouvoirs publics ont pris conscience de cette situation et ont lancé plusieurs chantiers en ce sens sous l’impulsion du Secrétariat au Numérique ; notre chambre professionnelle s’y attelle depuis des années. Au seuil de mon second mandat de trois ans à la tête de Syntec Numérique j’avais annoncé que je multiplierai les initiatives en direction des populations les plus jeunes, en particulier, les jeunes femmes, précisant que nous devions nous montrer plus imaginatifs que par le passé pour les attirer en nombre vers les métiers de notre secteur.

En dépit de ces efforts, les habitudes ne changent pas, on se retrouve encore avec les tables rondes sans femmes. Parfois de leur fait. Je dois reconnaître que, souvent, étant invitées à participer à une table ronde, elles déclinent la proposition qui leur est faite. Il faut que les femmes elles-mêmes prennent conscience qu’elles doivent être davantage proactives sur ces sujets.

Ainsi, au conseil d’administration de Syntec numérique, malgré mes efforts et ceux des administrateurs, nous n’avons encore que cinq administratrices sur 30 administrateurs que compte notre Chambre. Signe des temps, à notre dernière Assemblée Générale, 100 % des femmes qui avaient présenté leur candidature ont été élues. Malheureusement, il n’y avait qu’une seule candidate.

24 juin 2015 ~ 0 Commentaires

La transformation numerique de l’économie française

Publié dans relais d’opinion  le 

http://www.lopinion.fr/blog/relais-d-opinion/transformation-numerique-l-economie-francaise-24256

Dans une précédente « tribune » de l’Opinion, je faisais observer que l’avenir de notre pays et de ses entreprises, notre propre avenir, dépendait pour une très large part des réponses que nous apporterions collectivement aux enjeux de la transformation numérique qui concerne aussi bien l’administration centrale que les collectivités locales, les entreprises que les individus.

Même si nous n’en sommes pas toujours conscients, notre vie quotidienne dans ses différentes composantes tout comme d’ailleurs ses représentations, à commencer par celle de l’âge avec la “silver économie”, est en passe à l’aune du numérique de changer radicalement. Son avènement embarque une révolution complète de la connaissance qui entraîne avec elle toutes les autres disciplines tant son potentiel est contagieux.

C’est un phénomène général qui est en train de gagner toute la société et prospère au rythme d’innovations qui ne sont pas qu’incrémentales. Les particuliers en sont les premiers bénéficiaires, qu’ils soient consommateurs ou citoyens. Nous le verrons s’agissant de nos rapports avec l’administration (Etat-offreur de solutions, généralisation de la dématérialisation des actes administratifs, accés libre aux données publiques) dans un prochain billet.

Paradoxalement, nos entreprises, pourtant aussi conscientes de l’importance du numérique que leurs homologues des 28 pays de l’union européenne qui accélèrent leur transformation numérique (75% des entreprises européennes possèdent un site web contre 65% des françaises; 30% des entreprises utilisent un média social contre 19% en France), donnent l’impression de marquer le pas: “en France, alors que les usages numériques sont largement répandus chez les consommateurs, ils tardent à s’imposer dans les entreprises”.

C’est le constat accablant que dresse le cabinet McKinsey dans son étude 2014 sur la mutation numérique des entreprises[1] que corrobore Philippe Lemoine dans le Rapport sur “la transformation numérique de l’économie française” [2]qu’il a remis en fin d’année dernière au Gouvernement.

Ce retard, qui prive notre pays d’un gisement considérable de croissance et de compétitivité, m’interroge d’autant plus que la responsabilité en incombe, pour une part du moins, à des dirigeants qui manquent encore visiblement de motivation – pour ne pas dire d’implication –  pour épouser leur temps et entreprendre la “métamorphose numérique” de leur entreprise.

Ils sont pourtant mieux placés que quiconque pour discerner le parti qu’ils pourraient tirer du potentiel de valeur attaché au numérique qui modifie les processus métiers, casse les organisations en silos, instaure des démarches de transversalité porteuses de nouveaux équilibres dans la gouvernance, eux-mêmes source de nouvelles modalités d’engagement.

Si les entreprises, jouaient pleinement le jeu en acceptant de bouleverser les habitudes et les usages qui ont cours dans l’économie matérielle, la France collerait davantage au nouveau monde dans lequel nous sommes entrés et pourrait accroître la part du numérique dans son PIB de 100 Md€ par an selon les estimations McKinsey.

Il est donc urgent de corriger le tir et de sonner l’heure de la mobilisation générale, sauf à se résoudre au déclin de notre pays, à la disparition les uns après les autres de ses fleurons industriels faute d’avoir su réinventer à temps leurs business models, et à nous voir rétrograder pour la nième fois dans le classement des grandes puissances économiques mondiales.

C’est tout le sens de l’initiative prise par le Président de la République en confiant à des acteurs économiques (dont le SYNTEC Numérique), la création d’une association dédiée à l’Industrie du futur.

Parmi les propositions concrètes de l’association, figurent 3 actions emblématiques : la création et la promotion – d’ici fin 2016 – de plus de 15 projets de dimension nationale voire européenne, la sensibilisation de plus de 15000 entreprises à la transformation numérique et l’accompagnement  de 2000 PME ou ETI industrielles dans leur projet de modernisation, et enfin, le déploiement de plates-formes technologiques accessibles aux industriels sur l’ensemble du territoire français.

Cette initiative qui prolonge et amplifie les actions conduites dans le cadre du plan Nouvelle France industrielle pourrait avantageusement être déclinée dans d’autres secteurs d’excellence  qui n’ont pas encore exploité toute la richesse que le numérique met pourtant à leur portée. Je pense par exemple à la santé et au médico-social: les énergies des acteurs du numérique dans ces deux domaines gagneraient à être fédérées comme le montre le  livre blanc “la révolution du Bien vieillir” que SYNTEC Numérique va publier prochainement.

J’ai personnellement la conviction que c’est en favorisant systématiquement le basculement de la technologie vers l’usage et en les adossant sur un environnement de type click-and- mortar plus propice à leur développement que les entreprises, qu’elles soient traditionnelles ou pure players, rencontreront leur marché et feront mentir Henri Verdier, chief data officer (CDO) de la France, qui pouvait encore observer mi 2012 dans son Plaidoyer pour une néo-industrialisation  qu’ il n’y a aucun produit français parmi les 25 produits les plus vendus en France!

 

 

24 juin 2015 ~ 0 Commentaires

N’ayez pas peur

Paru dans la tribune le  
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/entreprise-n-ayez-pas-peur-de-l-uberisation-475341.html
Pour beaucoup d’entreprises, l’irruption du numérique équivaut à l’arrivée de barbares s’attaquant à l’Empire. Mieux vaut jouer le jeu de le coopération et de l’intégration. par Guy Mamou-Mani, président du Syntec numérique

« Uberisation », cannibalisation des marchés, destruction créatrice, fracture, clivage des générations, renseignements, sécurité, … Les expressions ne manquent pas quand est évoquée l’irruption du numérique dans nos vies quotidiennes. Tout se passe comme si le reste de l’économie voyait dans l’industrie numérique et même dans la transformation numérique des barbares qui tenteraient d’attenter à l’Empire, en sapant ses bases pour le mettre à genoux.
Or, vis-à-vis des barbares, deux attitudes sont envisageables : tenter de les repousser, à coups de réglementation et de contraintes, ou les intégrer dans son modèle pour en tirer profit. Si la première solution a le mérite d’être rassurante, elle risque pourtant de condamner notre pays, et même notre continent en faisant un confins de l’Empire, où l’on envoie les touristes.

L’exemple de la santé

La seconde solution, que l’on pourrait qualifier de gallo-romaine, bouscule sans doute un peu plus les habitudes des citoyens et des entreprises mais elle offre des possibilités d’améliorations inouïes de notre quotidien. La santé en est sans doute le meilleur exemple : non seulement les chercheurs et médecins du monde entier ont maintenant accès aux dernières innovations de traitement en un clic, mais encore les patients bénéficient, grâce à la télémédecine, d’un suivi personnalisé et constant, tout en diminuant les coûts pour le système de santé. Les professions médicales et paramédicales, par essence prudentes, se sont installées dans les territoires barbares et leurs patients ne peuvent que s’en féliciter.

Des boulangeries connectées

Qu’attendent alors les autres secteurs pour partir à la conquête du continent numérique ? Car bien sûr, il y a des ajustements à faire, bien sûr de nouveaux problèmes se poseront, bien sûr des habitudes seront modifiées, bien sûr des emplois seront détruits, bien sûr il faut créer le cadre de confiance, mais c’est pour que des solutions qui améliorent notre quotidien soient trouvées, d’autres emplois soient créés. Et surtout il s’agit d’aller dans le sens de cette révolution : les romains ont apporté leurs techniques d’agriculture, et les gaulois les ont adaptées avec les connaissances de leurs terres. Ils ont ainsi considérablement amélioré leur production et leur bien-être ! Le numérique porte en lui la capacité de s’intégrer aux modèles traditionnels : les boulangeries de demain créeront leur site internet, qui permettra aux usagers de commander en mobilité les baguettes et gâteaux du dimanche.

Intégrer les barbares

Cette intégration « gallo-romaine » est d’autant plus importante, que, si elle n’est pas faite, nous risquons de nous faire « hacker », au sens strict. Le numérique entrera sans autorisation dans nos quotidiens et pourrait cette fois nous balayer en nous laissant crier « Numérique, rends moi mes légions », comme Auguste à la bataille de Teutobourg.
La France a été en pointe lors de la révolution industrielle, une pionnière pour le dépôt de brevets. Nous pouvons aujourd’hui, grâce à l’éducation et à la formation, faire de la France une Nation qui embrasse en pleine confiance le numérique et fait de ses peurs son meilleur atout pour intégrer les barbares. Ayez confiance !

17 mars 2015 ~ 0 Commentaires

FORMER NOS JEUNES AU NUMERIQUE, UNE GRANDE CAUSE NATIONALE

Fin février, Olivier Rollot, ancien rédacteur en chef du Monde étudiant, publiait sur son blog les réponses à un entretien que je lui avais accordé dans lequel je défendais une idée qui ne devrait pas étonner les lecteurs de mon propre blog, à savoir que la formation au numérique est un sésame qui donne accès au monde de demain comme aux métiers d’avenir mais qui, si vous n’en maîtrisez pas les codes d’accès, fait de vous un handicapé.
D’où ma conviction, mise en exergue dans le titre donné à ce blog dans lequel je m’exprimais au nom de l’ensemble du secteur, qu’«il faut former au numérique du primaire au doctorat!» (http://orientation.blog.lemonde.fr/2015/02/25/il-faut-former-au-numerique-du-primaire-au-doctorat-guy-mamou-mani-president-du-syntec-numerique/) de telle sorte qu’une large majorité de la population française, à commencer par nos jeunes, puisse acquérir les compétences numériques suffisantes pour tirer pleinement parti de l’environnement de travail d’aujourd’hui.
Mon entretien a suscité beaucoup de réactions de la part des internautes: 668 tweets, 228 like, 205 inShare, 73 commentaires.
La lecture de leurs commentaires m’a notamment permis de comprendre que je n’avais pas été assez précis sur la confusion entre la « culture numérique » ambiante dans laquelle ils sont immergés et ce qui relève à proprement parler de la « formation au numérique » dont certains ne mesurent pas toujours la nécessité de la généraliser à tous les niveaux de l’enseignement et où la France accuse un retard certain en comparaison avec d’autres pays.
Or, comme certains commentaires l’ont souligné, savoir surfer sur internet, ouvrir une page Facebook, ou être un « utilisateur » de jeux vidéo -fussent-ils sérieux-, ne fait pas automatiquement de vous un « développeur » capable de maîtriser les langages informatiques, composés de lignes de chiffres, lettres et symboles utilisés pour créer des applications, structurer l’information en réseau ou pour faciliter l’interconnexion des objets de notre quotidien. Bien qu’un peu raccourci mon message voulait souligner le fait qu’il était intéressant d’encourager certains de ces jeunes utilisateurs du Numérique à en faire leur métier.

Un sondage de l’institut Odoxa sur les Français et la « e-Education », paru le 26 février, soit le lendemain de la publication de mon entretien sur le site lemonde.fr, est venu étayer mes convictions, montrant qu’elles étaient partagées, bien au-delà du cercle des professionnels du secteur IT, par une large frange de la population française qui se déclare convaincue de l’intérêt et de l’impact de l’apprentissage du numérique et, a contrario, peut mesurer l’écart qui se creuse entre ses aspirations et ce qu’elle vit.
Principaux résultats du sondage :
• 70 % considèrent la France « en retard » sur ce sujet
• 87 % estiment que l’enseignement du numérique permettra aux élèves de développer des compétences recherchées sur le marché du travail
• 58 % pensent que la création d’une matière spécifique est nécessaire pour enseigner efficacement le numérique à l’école
L’émission BFM TV du 7 mars consacrée au numérique à l’école et à laquelle j’étais invité avec le directeur de l’institut de sondage Odoxa m’a donné l’occasion de revenir sur la confusion relevée plus haut et sur les résultats de ce sondage qui, à mon sens, devraient faire réfléchir les politiques et les inciter à investir massivement dans la formation au numérique avec des outils et un accompagnement différents, en faisant appel aux ressources de l’enseignement enrichi ( Enhanced-Learning through Information Technologies)
http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/numacrique-a-l-accole-oa-en-est-la-france-cyril-bedel-guy-mamou-mani-et-gaal-sliman-0703-463863.html
Les Français sont, à l’évidence, plus avertis qu’on ne le pense habituellement et sont prêts à s’adapter aux nouvelles réalités. Même s’ils n’ont pas tous connaissance des chiffres publiés il y a 2 ans par Nellie Kroes, vice présidente de la Commission Européenne en charge de la stratégie numérique, selon laquelle 90% des métiers de demain seront concernés par le numérique et nécessiteront des compétences ad hoc, 87% d’entre eux estiment « intuitivement » qu’un enseignement du numérique est aujourd’hui indispensable pour les y préparer.
Il est donc urgent de rattraper notre retard en mettant le cap d’abord sur la formation. Muriel Barnéoud, présidente du Collège éditeurs de Syntec Numérique, a indiqué très clairement la trajectoire à suivre : « l’ouverture précoce aux grands concepts de la science et technique informatique est essentielle. Elle répond à deux enjeux majeurs : donner des clés aux élèves pour comprendre le monde qui les entoure et leur permettre de devenir acteurs de cet écosystème, et non plus de simples consommateurs du numérique, mais aussi d’accéder aux nombreux emplois futurs pour lesquels la connaissance des savoirs numériques sera indispensable »

Syntec Numérique a obtenu de longue lutte, avec l’aide de l’association Pascaline, que soit enfin créée en terminale une option ISN (informatique et science du numérique) après qu’aient été mis en place le B2i école et le B2i collège dans le socle commun de connaissances pour s’assurer de la capacité des élèves à créer, produire, traiter et exploiter des données.
Nous prônons aujourd’hui une formation à l’encodage dés l’école primaire, encore une fois non pas tant pour que tout le monde se dirige demain vers le secteur du numérique, mais pour que tous ceux qui seront en âge de travailler aient les compétences exigées pour faire face à ce qu’il faut appeler par son nom, « la compétition mondiale numérique ».
Si les jeunes de notre pays ne maîtrisent pas les codes qui font l’honnête homme du XXIème siècle, ils seront considérés comme des « analphabètes du numérique », inaptes au travail.
Ce serait faire injure à l’avenir que de consentir à pareilles perspectives. Nous devons tout faire pour combattre cette nouvelle forme d’illettrisme et pour que nos jeunes soient, au contraire, parfaitement en phase avec le monde dans lequel ils sont appelés à prendre des responsabilités.
Nous avons, en tant que profession, notre part de responsabilité dans pareille entreprise. L’école a la sienne, qui est grande, comme l’avait relevé le député Jean-Michel Fourgous : « Les modèles sur lesquels [l’Éducation nationale] repose sont obsolètes. Elle doit passer d’un système replié sur lui-même à une École ouverte et interactive, de l’ère anté-numérique à l’ère des réseaux. Elle doit préparer les jeunes à la société numérique dans laquelle ils vont se réaliser et renouer avec l’efficacité qui a fait sa renommée »

PS1 : Chiffres clefs du secteur : 10 000 créations d’emplois nets /an en moyenne depuis 20 ans, 93,6% de CDI, 23,6% ont plus de 45 ans, rémunération brute moyenne 47,4K€…
PS2 : aucun commentaire sur ce qui a pu être dit à propos des jeunes filles majoritaires en médecine ; pas davantage pour répondre aux insultes : c’est tellement éloigné de mes préoccupations et de mes actions…

17 mars 2015 ~ 0 Commentaires

Le numérique, une révolution à venir

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Avec l’avènement du numérique, nous avons changé d’ère et sommes entrés, sans souvent nous en rendre compte, dans un nouveau Monde, largement dominé par l’économie de l’immatériel, où le temps, les distances, l’organisation de la société et des entreprises, et même notre rapport au réel connaissent un profond bouleversement, prennent une tout autre dimension.

Les changements induits par les technologies numériques nous introduisent dans un « nouvel âge de l’humanité » a pu écrire Gilles Babinet, le digital champion français, celui de la réalité augmentée, où le virtuel vient en quelque sorte se superposer au réel et permet, grâce à la contextualisation des données, d’« augmenter » n’importe lequel de nos cinq sens.

Nous sommes train de vivre la troisième révolution de l’humanité. Le numérique est en effet à l’origine de ce qu’il faut bien appeler une véritable « révolution » dans nos modes de vie et, on l’a vu, dans nos modes de perception de la réalité. Il vient en quelque sorte bouleverser la condition humaine et la vie sociale elle-même.

A l’heure du tout numérique, l’homme contemporain, qui manipule en permanence des interfaces numériques, que ce soit à son domicile, sur son lieu de travail, dans les transports ou dans la rue, pourrait facilement être assimilé à « un nouvel objet connecté » pour reprendre la terminologie audacieuse utilisée lors d’un récent séminaire du Syntec santé. Il a développé une capacité, inconnue auparavant, de s’informer, de s’autoréguler et d’agir dans la vie privée comme dans la sphère publique.

On ne saurait désormais, sauf à injurier l’avenir, ignorer la force de l’immatériel et l’impact du numérique. L’avenir de notre pays et de ses entreprises, notre propre avenir dépend pour une très large part des réponses que nous saurons apporter collectivement aux enjeux de la transformation numérique. Nous sommes tous concernés, Etat, collectivités locales, entreprises, individus.

Familiarisés aux usages numériques et aux différentes formes d’interactivité dans leur vie personnelle, nos concitoyens attendent par exemple des pouvoirs publics qu’ils embrassent à leur tour cette culture numérique, que l’Etat fasse montre de plus d’agilité et d’efficience et que les entreprises, quelles que soient leur taille, leur apporte la souplesse et l’autonomie renforcée à laquelle ils aspirent.

Les entreprises françaises sont conscientes de l’importance que revêt ce chantier de la transformation numérique qui concerne tous les secteurs d’activité (le transport, l’hôtellerie…) y compris l’industrie, toutes les fonctions de l’entreprise et tous les niveaux hiérarchiques: la production, les relations clients et fournisseurs, la comptabilité et le contrôle, la communication et les relations humaines.

Tout doit être repensé, redéfini à l’aune du numérique. Il en va de l’avenir des entreprises. Soit elles deviennent rapidement « smart » (on parle de smart manufacturing, de smart cities), soit elles sont condamnées à péricliter.

Aussi la plupart ont-elles engagé d’importants efforts, y compris financiers, pour opérer leur mutation vers le numérique, notamment en travaillant sur leurs processus-clés, leurs métiers, l’environnement concurrentiel, leur e-réputation mais aussi en apprenant à valoriser leurs données et en dématérialisant leurs échanges d’information, ce qui entraîne des gains de productivité du simple fait de la diminution des coûts d’intermédiation.

Pour autant, si les entreprises ont face à elles un Etat qui ne bouge pas au même rythme qu’elles quand de leur côté elles cherchent, comme celles de la grande distribution, à s’adapter à l’évolution des comportements d’achat des consommateurs vers le Web, et s’astreignent à faire des économies pour rester compétitives, leur effort de modernisation, pour louable qu’il soit, reste vain.

Il faut impérativement que l’État, toutes fonctions régaliennes et catégories de personnels confondues, se modernise à son tour et entre de manière plus volontariste dans l’ère de la e-administration en y associant tous ses agents qu’il devra s’attacher à former pour qu’ils jouent pleinement le jeu et acceptent les changements inéluctables de leurs statuts, chacun d’eux devenant prestataires de services face à des citoyens devenus clients.

C’est à ce prix  que l’Etat pourra  non seulement faire gagner l’entreprise France mais qu’il sera en mesure d’offrir à nos concitoyens un meilleur service, qui soit coût-efficient pour être supportable au regard des contraintes budgétaires du pays et des ressources de la population, ce qui suppose qu’en amont, l’Etat se réforme lui-même en systématisant par exemple les échanges de documents publics dématérialisés entre administrations et collectivités avant de pouvoir étendre ce service aux entreprises suivant le modèle e-Bourgogne dont le ROI a été démontré.

L’Etat français, on le voit, gagnerait à être exemplaire en matière numérique et à se souvenir des objectifs de « zéro papier » qu’il s’était donné un temps. Se préparer pour réussir ce rendez-vous stratégique est affaire de courage politique autant que d’ambition industrielle. Nos amis canadiens s’y sont essayés avec succès avant nous. Pourquoi pas nous ?

En favorisant  l’interaction numérique entre les entreprises et les administrations, l’Etat contribuerait utilement au développement d’une industrie du numérique qui regroupe aujourd’hui 400 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros. Cette industrie qui a démontré sa capacité à offrir année après année depuis 10 ans 35 000 postes porte en elle des démarches d’innovation comme sa capacité à créer des start up et son ouverture à toutes les diversités.

Pour toutes ces raisons, je milite activement pour que la France connaisse sans tarder les bienfaits de la révolution numérique qui seule permettra de résoudre les grands enjeux auxquels notre pays est confronté.