Bonjour! Bienvenue...

guymamoumani Je suis ravi de vous accueillir sur ce blog que j’ai ouvert pour favoriser les échanges et les débats sur ce qui nous lie tous et me tient particulièrement à cœur : le développement de l’économie numérique. Notre société et notre économie sont aujourd’hui transformées en profondeur par l’apport des nouvelles technologies et nos entreprises y contribuent amplement. Elles doivent être entendues dans leurs spécificités, leur rôle et leurs ambitions. Elles sont également confrontées à de nombreux sujets qui font l’actualité du numérique. C’est la raison pour laquelle ce blog est d’abord le vôtre, adhérents de Syntec Numérique, professionnels de l’informatique ou simplement intéressés par ce numérique qui bouleverse notre quotidien : toutes les contributions sont les bienvenues et je m’efforcerai d’y répondre rapidement. Je souhaite que ce blog s’enrichisse de dialogues et d’idées et j’apporterai régulièrement ma contribution et mon regard personnels sur les sujets qui m’animent. Je suis impatient de vous lire.

24 juin 2015 ~ 0 Commentaires

La transformation numerique de l’économie française

Publié dans relais d’opinion  le 

http://www.lopinion.fr/blog/relais-d-opinion/transformation-numerique-l-economie-francaise-24256

Dans une précédente « tribune » de l’Opinion, je faisais observer que l’avenir de notre pays et de ses entreprises, notre propre avenir, dépendait pour une très large part des réponses que nous apporterions collectivement aux enjeux de la transformation numérique qui concerne aussi bien l’administration centrale que les collectivités locales, les entreprises que les individus.

Même si nous n’en sommes pas toujours conscients, notre vie quotidienne dans ses différentes composantes tout comme d’ailleurs ses représentations, à commencer par celle de l’âge avec la “silver économie”, est en passe à l’aune du numérique de changer radicalement. Son avènement embarque une révolution complète de la connaissance qui entraîne avec elle toutes les autres disciplines tant son potentiel est contagieux.

C’est un phénomène général qui est en train de gagner toute la société et prospère au rythme d’innovations qui ne sont pas qu’incrémentales. Les particuliers en sont les premiers bénéficiaires, qu’ils soient consommateurs ou citoyens. Nous le verrons s’agissant de nos rapports avec l’administration (Etat-offreur de solutions, généralisation de la dématérialisation des actes administratifs, accés libre aux données publiques) dans un prochain billet.

Paradoxalement, nos entreprises, pourtant aussi conscientes de l’importance du numérique que leurs homologues des 28 pays de l’union européenne qui accélèrent leur transformation numérique (75% des entreprises européennes possèdent un site web contre 65% des françaises; 30% des entreprises utilisent un média social contre 19% en France), donnent l’impression de marquer le pas: “en France, alors que les usages numériques sont largement répandus chez les consommateurs, ils tardent à s’imposer dans les entreprises”.

C’est le constat accablant que dresse le cabinet McKinsey dans son étude 2014 sur la mutation numérique des entreprises[1] que corrobore Philippe Lemoine dans le Rapport sur “la transformation numérique de l’économie française” [2]qu’il a remis en fin d’année dernière au Gouvernement.

Ce retard, qui prive notre pays d’un gisement considérable de croissance et de compétitivité, m’interroge d’autant plus que la responsabilité en incombe, pour une part du moins, à des dirigeants qui manquent encore visiblement de motivation – pour ne pas dire d’implication –  pour épouser leur temps et entreprendre la “métamorphose numérique” de leur entreprise.

Ils sont pourtant mieux placés que quiconque pour discerner le parti qu’ils pourraient tirer du potentiel de valeur attaché au numérique qui modifie les processus métiers, casse les organisations en silos, instaure des démarches de transversalité porteuses de nouveaux équilibres dans la gouvernance, eux-mêmes source de nouvelles modalités d’engagement.

Si les entreprises, jouaient pleinement le jeu en acceptant de bouleverser les habitudes et les usages qui ont cours dans l’économie matérielle, la France collerait davantage au nouveau monde dans lequel nous sommes entrés et pourrait accroître la part du numérique dans son PIB de 100 Md€ par an selon les estimations McKinsey.

Il est donc urgent de corriger le tir et de sonner l’heure de la mobilisation générale, sauf à se résoudre au déclin de notre pays, à la disparition les uns après les autres de ses fleurons industriels faute d’avoir su réinventer à temps leurs business models, et à nous voir rétrograder pour la nième fois dans le classement des grandes puissances économiques mondiales.

C’est tout le sens de l’initiative prise par le Président de la République en confiant à des acteurs économiques (dont le SYNTEC Numérique), la création d’une association dédiée à l’Industrie du futur.

Parmi les propositions concrètes de l’association, figurent 3 actions emblématiques : la création et la promotion – d’ici fin 2016 – de plus de 15 projets de dimension nationale voire européenne, la sensibilisation de plus de 15000 entreprises à la transformation numérique et l’accompagnement  de 2000 PME ou ETI industrielles dans leur projet de modernisation, et enfin, le déploiement de plates-formes technologiques accessibles aux industriels sur l’ensemble du territoire français.

Cette initiative qui prolonge et amplifie les actions conduites dans le cadre du plan Nouvelle France industrielle pourrait avantageusement être déclinée dans d’autres secteurs d’excellence  qui n’ont pas encore exploité toute la richesse que le numérique met pourtant à leur portée. Je pense par exemple à la santé et au médico-social: les énergies des acteurs du numérique dans ces deux domaines gagneraient à être fédérées comme le montre le  livre blanc “la révolution du Bien vieillir” que SYNTEC Numérique va publier prochainement.

J’ai personnellement la conviction que c’est en favorisant systématiquement le basculement de la technologie vers l’usage et en les adossant sur un environnement de type click-and- mortar plus propice à leur développement que les entreprises, qu’elles soient traditionnelles ou pure players, rencontreront leur marché et feront mentir Henri Verdier, chief data officer (CDO) de la France, qui pouvait encore observer mi 2012 dans son Plaidoyer pour une néo-industrialisation  qu’ il n’y a aucun produit français parmi les 25 produits les plus vendus en France!

 

 

24 juin 2015 ~ 0 Commentaires

N’ayez pas peur

Paru dans la tribune le  
http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/entreprise-n-ayez-pas-peur-de-l-uberisation-475341.html
Pour beaucoup d’entreprises, l’irruption du numérique équivaut à l’arrivée de barbares s’attaquant à l’Empire. Mieux vaut jouer le jeu de le coopération et de l’intégration. par Guy Mamou-Mani, président du Syntec numérique

« Uberisation », cannibalisation des marchés, destruction créatrice, fracture, clivage des générations, renseignements, sécurité, … Les expressions ne manquent pas quand est évoquée l’irruption du numérique dans nos vies quotidiennes. Tout se passe comme si le reste de l’économie voyait dans l’industrie numérique et même dans la transformation numérique des barbares qui tenteraient d’attenter à l’Empire, en sapant ses bases pour le mettre à genoux.
Or, vis-à-vis des barbares, deux attitudes sont envisageables : tenter de les repousser, à coups de réglementation et de contraintes, ou les intégrer dans son modèle pour en tirer profit. Si la première solution a le mérite d’être rassurante, elle risque pourtant de condamner notre pays, et même notre continent en faisant un confins de l’Empire, où l’on envoie les touristes.

L’exemple de la santé

La seconde solution, que l’on pourrait qualifier de gallo-romaine, bouscule sans doute un peu plus les habitudes des citoyens et des entreprises mais elle offre des possibilités d’améliorations inouïes de notre quotidien. La santé en est sans doute le meilleur exemple : non seulement les chercheurs et médecins du monde entier ont maintenant accès aux dernières innovations de traitement en un clic, mais encore les patients bénéficient, grâce à la télémédecine, d’un suivi personnalisé et constant, tout en diminuant les coûts pour le système de santé. Les professions médicales et paramédicales, par essence prudentes, se sont installées dans les territoires barbares et leurs patients ne peuvent que s’en féliciter.

Des boulangeries connectées

Qu’attendent alors les autres secteurs pour partir à la conquête du continent numérique ? Car bien sûr, il y a des ajustements à faire, bien sûr de nouveaux problèmes se poseront, bien sûr des habitudes seront modifiées, bien sûr des emplois seront détruits, bien sûr il faut créer le cadre de confiance, mais c’est pour que des solutions qui améliorent notre quotidien soient trouvées, d’autres emplois soient créés. Et surtout il s’agit d’aller dans le sens de cette révolution : les romains ont apporté leurs techniques d’agriculture, et les gaulois les ont adaptées avec les connaissances de leurs terres. Ils ont ainsi considérablement amélioré leur production et leur bien-être ! Le numérique porte en lui la capacité de s’intégrer aux modèles traditionnels : les boulangeries de demain créeront leur site internet, qui permettra aux usagers de commander en mobilité les baguettes et gâteaux du dimanche.

Intégrer les barbares

Cette intégration « gallo-romaine » est d’autant plus importante, que, si elle n’est pas faite, nous risquons de nous faire « hacker », au sens strict. Le numérique entrera sans autorisation dans nos quotidiens et pourrait cette fois nous balayer en nous laissant crier « Numérique, rends moi mes légions », comme Auguste à la bataille de Teutobourg.
La France a été en pointe lors de la révolution industrielle, une pionnière pour le dépôt de brevets. Nous pouvons aujourd’hui, grâce à l’éducation et à la formation, faire de la France une Nation qui embrasse en pleine confiance le numérique et fait de ses peurs son meilleur atout pour intégrer les barbares. Ayez confiance !

17 mars 2015 ~ 0 Commentaires

FORMER NOS JEUNES AU NUMERIQUE, UNE GRANDE CAUSE NATIONALE

Fin février, Olivier Rollot, ancien rédacteur en chef du Monde étudiant, publiait sur son blog les réponses à un entretien que je lui avais accordé dans lequel je défendais une idée qui ne devrait pas étonner les lecteurs de mon propre blog, à savoir que la formation au numérique est un sésame qui donne accès au monde de demain comme aux métiers d’avenir mais qui, si vous n’en maîtrisez pas les codes d’accès, fait de vous un handicapé.
D’où ma conviction, mise en exergue dans le titre donné à ce blog dans lequel je m’exprimais au nom de l’ensemble du secteur, qu’«il faut former au numérique du primaire au doctorat!» (http://orientation.blog.lemonde.fr/2015/02/25/il-faut-former-au-numerique-du-primaire-au-doctorat-guy-mamou-mani-president-du-syntec-numerique/) de telle sorte qu’une large majorité de la population française, à commencer par nos jeunes, puisse acquérir les compétences numériques suffisantes pour tirer pleinement parti de l’environnement de travail d’aujourd’hui.
Mon entretien a suscité beaucoup de réactions de la part des internautes: 668 tweets, 228 like, 205 inShare, 73 commentaires.
La lecture de leurs commentaires m’a notamment permis de comprendre que je n’avais pas été assez précis sur la confusion entre la « culture numérique » ambiante dans laquelle ils sont immergés et ce qui relève à proprement parler de la « formation au numérique » dont certains ne mesurent pas toujours la nécessité de la généraliser à tous les niveaux de l’enseignement et où la France accuse un retard certain en comparaison avec d’autres pays.
Or, comme certains commentaires l’ont souligné, savoir surfer sur internet, ouvrir une page Facebook, ou être un « utilisateur » de jeux vidéo -fussent-ils sérieux-, ne fait pas automatiquement de vous un « développeur » capable de maîtriser les langages informatiques, composés de lignes de chiffres, lettres et symboles utilisés pour créer des applications, structurer l’information en réseau ou pour faciliter l’interconnexion des objets de notre quotidien. Bien qu’un peu raccourci mon message voulait souligner le fait qu’il était intéressant d’encourager certains de ces jeunes utilisateurs du Numérique à en faire leur métier.

Un sondage de l’institut Odoxa sur les Français et la « e-Education », paru le 26 février, soit le lendemain de la publication de mon entretien sur le site lemonde.fr, est venu étayer mes convictions, montrant qu’elles étaient partagées, bien au-delà du cercle des professionnels du secteur IT, par une large frange de la population française qui se déclare convaincue de l’intérêt et de l’impact de l’apprentissage du numérique et, a contrario, peut mesurer l’écart qui se creuse entre ses aspirations et ce qu’elle vit.
Principaux résultats du sondage :
• 70 % considèrent la France « en retard » sur ce sujet
• 87 % estiment que l’enseignement du numérique permettra aux élèves de développer des compétences recherchées sur le marché du travail
• 58 % pensent que la création d’une matière spécifique est nécessaire pour enseigner efficacement le numérique à l’école
L’émission BFM TV du 7 mars consacrée au numérique à l’école et à laquelle j’étais invité avec le directeur de l’institut de sondage Odoxa m’a donné l’occasion de revenir sur la confusion relevée plus haut et sur les résultats de ce sondage qui, à mon sens, devraient faire réfléchir les politiques et les inciter à investir massivement dans la formation au numérique avec des outils et un accompagnement différents, en faisant appel aux ressources de l’enseignement enrichi ( Enhanced-Learning through Information Technologies)
http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/numacrique-a-l-accole-oa-en-est-la-france-cyril-bedel-guy-mamou-mani-et-gaal-sliman-0703-463863.html
Les Français sont, à l’évidence, plus avertis qu’on ne le pense habituellement et sont prêts à s’adapter aux nouvelles réalités. Même s’ils n’ont pas tous connaissance des chiffres publiés il y a 2 ans par Nellie Kroes, vice présidente de la Commission Européenne en charge de la stratégie numérique, selon laquelle 90% des métiers de demain seront concernés par le numérique et nécessiteront des compétences ad hoc, 87% d’entre eux estiment « intuitivement » qu’un enseignement du numérique est aujourd’hui indispensable pour les y préparer.
Il est donc urgent de rattraper notre retard en mettant le cap d’abord sur la formation. Muriel Barnéoud, présidente du Collège éditeurs de Syntec Numérique, a indiqué très clairement la trajectoire à suivre : « l’ouverture précoce aux grands concepts de la science et technique informatique est essentielle. Elle répond à deux enjeux majeurs : donner des clés aux élèves pour comprendre le monde qui les entoure et leur permettre de devenir acteurs de cet écosystème, et non plus de simples consommateurs du numérique, mais aussi d’accéder aux nombreux emplois futurs pour lesquels la connaissance des savoirs numériques sera indispensable »

Syntec Numérique a obtenu de longue lutte, avec l’aide de l’association Pascaline, que soit enfin créée en terminale une option ISN (informatique et science du numérique) après qu’aient été mis en place le B2i école et le B2i collège dans le socle commun de connaissances pour s’assurer de la capacité des élèves à créer, produire, traiter et exploiter des données.
Nous prônons aujourd’hui une formation à l’encodage dés l’école primaire, encore une fois non pas tant pour que tout le monde se dirige demain vers le secteur du numérique, mais pour que tous ceux qui seront en âge de travailler aient les compétences exigées pour faire face à ce qu’il faut appeler par son nom, « la compétition mondiale numérique ».
Si les jeunes de notre pays ne maîtrisent pas les codes qui font l’honnête homme du XXIème siècle, ils seront considérés comme des « analphabètes du numérique », inaptes au travail.
Ce serait faire injure à l’avenir que de consentir à pareilles perspectives. Nous devons tout faire pour combattre cette nouvelle forme d’illettrisme et pour que nos jeunes soient, au contraire, parfaitement en phase avec le monde dans lequel ils sont appelés à prendre des responsabilités.
Nous avons, en tant que profession, notre part de responsabilité dans pareille entreprise. L’école a la sienne, qui est grande, comme l’avait relevé le député Jean-Michel Fourgous : « Les modèles sur lesquels [l’Éducation nationale] repose sont obsolètes. Elle doit passer d’un système replié sur lui-même à une École ouverte et interactive, de l’ère anté-numérique à l’ère des réseaux. Elle doit préparer les jeunes à la société numérique dans laquelle ils vont se réaliser et renouer avec l’efficacité qui a fait sa renommée »

PS1 : Chiffres clefs du secteur : 10 000 créations d’emplois nets /an en moyenne depuis 20 ans, 93,6% de CDI, 23,6% ont plus de 45 ans, rémunération brute moyenne 47,4K€…
PS2 : aucun commentaire sur ce qui a pu être dit à propos des jeunes filles majoritaires en médecine ; pas davantage pour répondre aux insultes : c’est tellement éloigné de mes préoccupations et de mes actions…

17 mars 2015 ~ 0 Commentaires

Le numérique, une révolution à venir

Publié le

Avec l’avènement du numérique, nous avons changé d’ère et sommes entrés, sans souvent nous en rendre compte, dans un nouveau Monde, largement dominé par l’économie de l’immatériel, où le temps, les distances, l’organisation de la société et des entreprises, et même notre rapport au réel connaissent un profond bouleversement, prennent une tout autre dimension.

Les changements induits par les technologies numériques nous introduisent dans un « nouvel âge de l’humanité » a pu écrire Gilles Babinet, le digital champion français, celui de la réalité augmentée, où le virtuel vient en quelque sorte se superposer au réel et permet, grâce à la contextualisation des données, d’« augmenter » n’importe lequel de nos cinq sens.

Nous sommes train de vivre la troisième révolution de l’humanité. Le numérique est en effet à l’origine de ce qu’il faut bien appeler une véritable « révolution » dans nos modes de vie et, on l’a vu, dans nos modes de perception de la réalité. Il vient en quelque sorte bouleverser la condition humaine et la vie sociale elle-même.

A l’heure du tout numérique, l’homme contemporain, qui manipule en permanence des interfaces numériques, que ce soit à son domicile, sur son lieu de travail, dans les transports ou dans la rue, pourrait facilement être assimilé à « un nouvel objet connecté » pour reprendre la terminologie audacieuse utilisée lors d’un récent séminaire du Syntec santé. Il a développé une capacité, inconnue auparavant, de s’informer, de s’autoréguler et d’agir dans la vie privée comme dans la sphère publique.

On ne saurait désormais, sauf à injurier l’avenir, ignorer la force de l’immatériel et l’impact du numérique. L’avenir de notre pays et de ses entreprises, notre propre avenir dépend pour une très large part des réponses que nous saurons apporter collectivement aux enjeux de la transformation numérique. Nous sommes tous concernés, Etat, collectivités locales, entreprises, individus.

Familiarisés aux usages numériques et aux différentes formes d’interactivité dans leur vie personnelle, nos concitoyens attendent par exemple des pouvoirs publics qu’ils embrassent à leur tour cette culture numérique, que l’Etat fasse montre de plus d’agilité et d’efficience et que les entreprises, quelles que soient leur taille, leur apporte la souplesse et l’autonomie renforcée à laquelle ils aspirent.

Les entreprises françaises sont conscientes de l’importance que revêt ce chantier de la transformation numérique qui concerne tous les secteurs d’activité (le transport, l’hôtellerie…) y compris l’industrie, toutes les fonctions de l’entreprise et tous les niveaux hiérarchiques: la production, les relations clients et fournisseurs, la comptabilité et le contrôle, la communication et les relations humaines.

Tout doit être repensé, redéfini à l’aune du numérique. Il en va de l’avenir des entreprises. Soit elles deviennent rapidement « smart » (on parle de smart manufacturing, de smart cities), soit elles sont condamnées à péricliter.

Aussi la plupart ont-elles engagé d’importants efforts, y compris financiers, pour opérer leur mutation vers le numérique, notamment en travaillant sur leurs processus-clés, leurs métiers, l’environnement concurrentiel, leur e-réputation mais aussi en apprenant à valoriser leurs données et en dématérialisant leurs échanges d’information, ce qui entraîne des gains de productivité du simple fait de la diminution des coûts d’intermédiation.

Pour autant, si les entreprises ont face à elles un Etat qui ne bouge pas au même rythme qu’elles quand de leur côté elles cherchent, comme celles de la grande distribution, à s’adapter à l’évolution des comportements d’achat des consommateurs vers le Web, et s’astreignent à faire des économies pour rester compétitives, leur effort de modernisation, pour louable qu’il soit, reste vain.

Il faut impérativement que l’État, toutes fonctions régaliennes et catégories de personnels confondues, se modernise à son tour et entre de manière plus volontariste dans l’ère de la e-administration en y associant tous ses agents qu’il devra s’attacher à former pour qu’ils jouent pleinement le jeu et acceptent les changements inéluctables de leurs statuts, chacun d’eux devenant prestataires de services face à des citoyens devenus clients.

C’est à ce prix  que l’Etat pourra  non seulement faire gagner l’entreprise France mais qu’il sera en mesure d’offrir à nos concitoyens un meilleur service, qui soit coût-efficient pour être supportable au regard des contraintes budgétaires du pays et des ressources de la population, ce qui suppose qu’en amont, l’Etat se réforme lui-même en systématisant par exemple les échanges de documents publics dématérialisés entre administrations et collectivités avant de pouvoir étendre ce service aux entreprises suivant le modèle e-Bourgogne dont le ROI a été démontré.

L’Etat français, on le voit, gagnerait à être exemplaire en matière numérique et à se souvenir des objectifs de « zéro papier » qu’il s’était donné un temps. Se préparer pour réussir ce rendez-vous stratégique est affaire de courage politique autant que d’ambition industrielle. Nos amis canadiens s’y sont essayés avec succès avant nous. Pourquoi pas nous ?

En favorisant  l’interaction numérique entre les entreprises et les administrations, l’Etat contribuerait utilement au développement d’une industrie du numérique qui regroupe aujourd’hui 400 000 personnes pour un chiffre d’affaires de 50 milliards d’euros. Cette industrie qui a démontré sa capacité à offrir année après année depuis 10 ans 35 000 postes porte en elle des démarches d’innovation comme sa capacité à créer des start up et son ouverture à toutes les diversités.

Pour toutes ces raisons, je milite activement pour que la France connaisse sans tarder les bienfaits de la révolution numérique qui seule permettra de résoudre les grands enjeux auxquels notre pays est confronté.

 

11 décembre 2014 ~ 0 Commentaires

Ma préface du Code Informatique, fichiers, et libertés de Alain Bensoussan

Si la révolution numérique se mesurait à l’échelle d’une année, sans doute pourrions-nous dire que le printemps du numérique est achevé et que nous allons rentrer dans l’été, le temps des moissons. Dans L’ère numérique, un nouvel âge de l’humanité, Gilles Babinet écrit « La révolution numérique n’est qu’à ses prémisses et le rythme des innovations va progressivement s’accélérer ». Pourtant, en fait de prémisses,  notre quotidien en entreprise ou dans nos foyers a été plus bouleversé ces dix dernières années que durant les cinquante précédentes.

 

Cela a des conséquences non négligeables pour nos entreprises et pour l’Etat. Nos entreprises, d’abord, se voient profondément transformées dans tous leurs aspects. Les consommateurs sont devenus des « consomm’acteurs », qui interagissent directement avec les entreprises via les réseaux sociaux, pour donner leur avis, proposer des produits, des évolutions. C’est autant leur offre, dont les consommateurs sont devenus des gendarmes, que leur image que les acteurs du marché ont transformé avec eux et pour eux, en les menant notamment vers plus de sincérité et de transparence. Et nous n’en sommes qu’au démarrage de l’aventure « Big data », qui réinvente le marketing.

 

Entre entreprises, nous sommes allés bien au-delà de la différence entre marketing transactionnel et marketing relationnel. La généralisation des systèmes de gestion de relation client, le fameux CRM, a modifié de façon définitive non seulement la qualité des services proposés au client mais encore les outils internes de fonctionnement des entreprises.

 

Ces nouveaux outils permettent l’émergence de salariés plus libres dans leur organisation, adeptes du télétravail qui réduit la fatigue et la pollution des métropoles et plus conscients de leur rôle, des objectifs qui sont les leurs. Les entreprises deviennent, en réponse, des lieux de travail plus proches des jeunes de la « génération Y », en mal d’indépendance et tout à la fois plus créatifs et innovants que la « génération X ».

 

L’Etat, ensuite, participe de cette révolution. Des systèmes tels que la télé-déclaration, la demande de passeport en ligne, sont en train de se généraliser et rapprochent l’Etat du citoyen, qui, derrière son écran, se sent finalement plus proche et mieux compris de son administration. Elle n’est plus une longue file faite d’énervements mais une administration réactive et moderne. Le processus d’ouverture des données publiques est aussi un gisement formidable pour les entrepreneurs curieux qui vont développer des services : le Royaume-Uni, selon une étude Gartner, évalue à 6 milliards de livres sterling les bénéfices de sa démarche d’Open Data. L’Etat doit cependant continuer ses efforts de simplification. Outre une souplesse qui bénéficiera indubitablement aux administrés et aux entreprises, il s’agit d’un gisement d’économies, tant en ressources qu’en termes d’accès aux droits et, plus prosaïquement, de lutte contre la fraude.

 

Le virtuel est en fait devenu réel. Et ce nouveau monde a besoin de règles. Disons d’un nouveau code pour les codes informatiques. En premier lieu parce que ces révolutions font peur : peur de ne pas savoir maîtriser ses outils, peur pour ses données, peur enfin de la déshumanisation et d’une société où l’humain serait absent. Pourtant, nous voyons plutôt une nouvelle réalité où rien n’est binaire, mais par essence hybride : l’écoute en streaming se conjugue avec la fréquentation des concerts, l’e-commerce se complète avec de nouvelles expériences terrain, le moi s’exprime dans un multi communautarisme des réseaux, la globalisation de notre univers fait écho à l’économie circulaire. Ensuite, parce qu’elle génère une industrie prospère. L’industrie du numérique emploie 1,5 million de personnes (700 000 créations d’emplois ces 15 dernières années), recrute 40 000 personnes par an (dont 25 000 jeunes), et qu’elle génère 41 milliards d’euros de chiffre d’affaires, et qu’elle a connu une croissance de 25% en 2011 en France. Cette industrie est compétitive et moderne, elle crée des champions français dont l’exemple le plus parlant est celui de Criteo, rentré en 2013 au NASDAQ après moins de huit ans d’existence. Cette industrie recrute aussi les jeunes de haut niveau, formés en France et en Europe dans la droite ligne de la Stratégie de Lisbonne. Elle peine même à trouver suffisamment de talents, dans une époque marquée par un chômage très haut.  Mais nous pourrions aller plus loin, plus fort, plus haut, nous pouvons passer du printemps du numérique à son été avec une régulation pour accompagner la transformation.

 

En effet, si l’industrie du numérique est bien la réponse à la crise économique et sociale que nous traversons, elle ne pourra l’être efficacement que dans un cadre stable, sûr et souple. Qu’il s’agisse de cybersécurité, de souveraineté, de propriété intellectuelle, l’Etat doit offrir un cadre pour encourager l’attractivité de notre économie : une régulation pour accompagner la transformation, pour que la donnée, pétrole de l’économie numérique, soit un outil de développement.

 

L’Union européenne l’a bien compris avec le projet de règlement sur la protection des données personnelles engagé depuis 2 ans, qui est une chance unique d’appliquer des règles communes aux vingt-huit Etats membres et d’ouvrir la voie à une intégration européenne en matière de politique d’innovation et de développement de l’économie numérique au bénéfice de tous. Il est nécessaire qu’il y ait un débat public sur les données personnelles et qu’une voie constructive soit ouverte n’opposant pas protection de la vie privée, défense des libertés publiques, lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée et enjeux de compétitivité de l’économie numérique et de l’innovation. Ce débat engage la compétitivité de nos industries du numérique au niveau mondial, qui opèrent dans tous les secteurs fortement utilisateurs d’information et de données personnelles, comme par exemple les banques et sociétés d’assurance, les télécommunications, les transports, la distribution et les services publics.

 

Il est aussi impérieux qu’un tel cadre juridique puisse devenir véritablement un levier pour les entreprises européennes dans la compétition mondiale. Il ne peut le devenir qu’en assurant pour tous, entreprises et citoyens, la protection d’un cadre juridique homogène, clair et certain dans l’espace européen facilitant notamment la vie des petites et moyennes entreprises.

 

Le code que vous tenez entre vos mains et qu’Alain Bensoussan a bien voulu me faire l’honneur de préfacer, est une pierre à la construction d’un environnement de confiance et de compétitivité et je le remercie de ce bel ouvrage, dont l’expertise et la qualité saura guider les profanes, les initiés et, peut-être, les régulateurs.

16 septembre 2014 ~ 2 Commentaires

DSI versus Métiers : la controverse de l’été

Décidément, le numérique fait son chemin. Il a alimenté tout au long de l’été une controverse comme seuls des passionnés savent en produire. J’ai été involontairement à l’origine de cette polémique estivale ayant accordé au mois de mai dernier une interview au site d’information  le « Petit Web », lequel avait cru bon de résumer mon propos dans un titre de sa façon qui a suscité le débat: « à chaque fois qu’un DSI est promu responsable du digital, on a gagné » (http://www.petitweb.fr/actualites/guy-mamou-mani-a-chaque-fois-quun-dsi-est-promu-responsable-du-digital-on-a-gagne/)

Avec sa sagacité coutumière, Eric Mettout, directeur adjoint de la rédaction de L’Express et directeur éditorial de Lexpress.fr, qui avait repéré en bon professionnel qu’il est le développement sur twitter  d’un « débat sauvage» (sic) pour savoir qui, du DSI ou des Métiers, avait le plus de légitimité pour piloter la transformation numérique, a souhaité à son tour apporter sa pierre à l’édifice en publiant au cœur de l’été un papier (http://blogs.lexpress.fr/nouvelleformule/2014/07/30/a-chaque-fois-quun-dsi-est-promu-responsable-du-digital-on-est-mal-barre/ ) dans lequel il entendait prendre le contrepied des propos qui m’étaient prêtés par le chroniqueur du décodeur numérique.

Contrairement à ce que cette polémique sur fond de débats sémantiques et d’apparente opposition entre DSI et Métiers pourrait laisser croire, nos points de vue, certes contrastés, ne sont pas aussi éloignés que cela. On se souviendra que c’est moi qui ai changé le nom de Syntec Informatique en Syntec Numérique et celui de « société de services en ingénierie informatique » (SSII) en « entreprise de services du numérique » (ESN). Qu’on ne m’accuse pas après cela d’être le défenseur d’une définition étroite, unilatérale, de l’informatique.

Il faut toutefois se rendre à l’évidence, il y a une vraie différence entre l’informatique et le numérique, la DSI et les métiers. Je partage d’ailleurs la définition englobante qu’en donne Eric Mettout qui met bien en exergue cette différence sans nier pour autant la proximité des termes: « si le numérique, c’est de l’informatique, c’est aussi des tas d’autres choses, du contenu, des réseaux sociaux, de la communication, de la curiosité, de l’adaptabilité, de la réactivité… tous éléments dont les DSI ne sont pas naturellement des spécialistes ».

Là où nous divergeons c’est quand il écrit, fort de son expérience des rédactions confrontées quotidiennement aux injonctions des développeurs de site et autres DSI qui brident leurs « envies de mouvement perpétuel et de créativité non stop » au nom d’impératifs techniques, que « les deux fonctions sont contradictoires ».

En opposant ainsi des fonctions qui, dans la réalité, entretiennent entre elles des relations d’ordre – d’aucuns qualifierait cet ordre d’architectonique pour marquer l’éventuelle prééminence de l’une des fonctions sur l’autre -, Eric Mettout s’interdit de penser la révolution numérique en cours qu’il voit, à tort selon moi, exclusivement sous l’angle des métiers. La question qui se pose et qui est loin d’être triviale, est celle de savoir qui va  porter cette révolution, de la DSI ou des Métiers?

Les DSI portent d’ores et déjà, en raison même des compétences techniques qui leur sont reconnues, tout ce qui a trait à la sécurité, à la gestion et à la circulation des données. Les Métiers, quant à eux, doivent comprendre ces enjeux que sont la sécurité, l’intégrité, la protection des données, la disponibilité de la DSI.

Les métiers ont besoin du numérique pour exercer leur activité comme le fait justement remarquer notre journaliste : « lorsque les tuyaux sont fermés, c’est généralement plus catastrophique, plus immédiatement visible et inquiétant en tous cas, pour [les développeurs] que pour nous – aussi, parce que quand les dits tuyaux sont fermés, que l’info ne part pas ou que l’alerte arrive trop tard, la rédaction tape sur un seul et même clou, rarement la DSI, presque exclusivement son interlocuteur quotidien… le développeur. »

A contrario, je milite avec nos amis du CIGREF, pionniers s’il en est de la transformation numérique, pour que l’on n’oppose pas inutilement ces deux mondes, qu’il faut en réalité réconcilier. Je suis convaincu comme eux que la réussite de la transformation numérique des entreprises passera par la convergence entre les enjeux traditionnels de la DSI et ceux des métiers, comme on le voit par exemple avec l’alignement DSI-marketing en passe d’être réalisé.

En dépit des tensions liées à la croissance des budgets IT gérés en dehors de la DSI qui perdurent,  Ariane Beky  observe en effet que «  les directions informatique et marketing sont davantage prêtes à collaborer que par le passé, selon un sondage réalisé par Accenture Interactive auprès de 1 100 dirigeants dans 10 secteurs et 11 pays, dont la France, entre novembre 2013 et janvier 2014 ». Cette progression s’expliquerait selon elle « par la mutation numérique du marketing, combinée à la consumérisation de l’informatique (BYOD, Cloud, mobilité) »

C’était le sens même de mon interview. Mes propos retrouvent un regain d’actualité avec les déclarations  concordantes avec les miennes que vient de faire Nils Ehle, Head of CoE Operational Sales Transformation d’E.ON ( http://www.petitweb.fr/actualites/comment-e-on-se-transforme-pour-reconcilier-marketing-et-it/) qui montre que quand la DSI comprend les enjeux business de l’entreprise et, inversement, quand les métiers apprennent à composer avec les contraintes du numérique, on est sur le chemin critique du succès.

C’est en prenant conscience « que les systèmes d’information ne pouvaient fonctionner que s’ils étaient envisagés comme des éléments du processus de transformation globale de [son] business et de [sa] stratégie » que le géant de l’énergie a pu réussir simultanément la nécessaire convergence SI-métier et la transformation du marketing à l’échelle du groupe.

On l’aura compris, s’ils veulent porter avec quelque chance de succès la transformation numérique , les DSI devront faire leur révolution et s’approprier les questions que les métiers leur posent. Symétriquement, si les gens des métiers veulent porter la transformation numérique, ils doivent s’approprier les compétences des métiers informatiques. Ceux qui vont porter la transformation numérique en cours, ce sont donc de nouveaux profils, issus de l’un ou de l’autre monde ou qui viendront d’ailleurs, comme Nils Ehle, dés l’instant qu’ils porteront l’ensemble de ces enjeux

Pour la transformation numérique que nous sommes en train de vivre nous devons reconcevoir les modèles économiques des entreprises et, quel que soit le secteur d’activité, veiller à intégrer les métiers au système d’information dont les données deviennent le centre de l’intelligence de l’entreprise et sa richesse.

 

01 septembre 2014 ~ 1 Commentaire

La sous-représentation des femmes dans le numérique : Pourquoi se priver de tant de talents ?

27,4 % de femmes travaillant dans le numérique alors qu’elles sont représentées en général à hauteur de 48 % partout ailleurs, c’est notoirement insuffisant au regard du potentiel de notre secteur d’activité où les ingénieurs formés à nos métiers et justifiant d’un niveau bac+5 sont en situation de « plein emploi ».

Le numérique en général et Syntec numérique particulièrement est très préoccupé par cet état de fait. Comment  peut on se priver de 50% de nos talents  dans le contexte de pénurie de ressources que nous connaissons ?

Il n’y a en effet aucune raison qu’il n’y ait pas davantage de femmes dans notre métier alors que le numérique offre de très nombreux débouchés. Du fait d’une présence en nombre insuffisant aussi bien dans nos entreprises que chez nos clients, nous nous privons des qualités propres qui leur sont reconnues et qui représentent une véritable richesse.

C’est précisément pour remédier à cette situation, d’autant plus critique que la profession globalement manque de talents,  que notre chambre professionnelle a créé la Commission Femmes du Numérique, aujourd’hui co-présidée par Véronique di Benedetto, Directrice générale d’Econocom et Viviane Chaine-Ribeiro, présidente de Talentia Software (Dernier signal fort Viviane vient d’être élue Présidente de la fédération Syntec).

Cette commission a précisément pour objectif de rendre le secteur IT plus attractif chez les femmes et de faire connaître les métiers du numérique en particulier auprès des jeunes filles qui, de manière spontanée, ne s’orientent pas vers eux.  Alors que 46% des Bacs S sont des femmes, on constate qu’elles ne sont plus que 10 à 20% dans les écoles d’ingénieurs en France : « Au rythme actuel de fréquentation par les femmes des écoles d’ingénieurs, il faudrait attendre 170 ans pour atteindre la parité » fait justement observer Viviane Chaine- Ribeiro.

Conscients des inégalités salariales entre hommes et femmes qui nuisent également à l’attractivité de notre secteur, toujours  aiguillonnés par cette commission, nous avons mis au point un certain nombre de dispositifs pour y remédier. Grâce aux efforts de transparence salariale opérés dans les entreprises du numérique, les écarts salariaux ont fortement diminué.

Je m’honore d’être arrivé chez OPEN, à ce qu’il n’y ait plus d’écarts de salaire à niveau de travail comparable entre les hommes et les femmes.

Reste à accélérer le rythme de féminisation de notre profession et des formations qui y préparent.

C’est l’objectif de notre participation au Trophée Excellencia en partenariat avec l’EPITA, une école internationale à la pointe de l’informatique et des technologies de l’information.

http://blogs.ionis-group.com/epita/2014/07/guy-mamou-mani-president-syntec-numerique-parrain-promotion.html

« Premier trophée à récompenser les femmes High-Tech » comme se plaît à le souligner Véronique di Benedetto, ce trophée vise à récompenser trois profils de femmes: deux jeunes filles qui souhaitent faire/poursuivre des études scientifiques, une créatrice d’entreprise numérique, une femme qui travaille dans le numérique.

Le Trophée « Etudiante scientifique » distinguera deux étudiantes (une en post-bac et une autre en bac + 2) pour les inciter à s’inscrire dans une école de l’EPITA ; les deux lauréates se verront offrir la prise en charge complète de leurs études pendant 2 à 4 ans y compris l’intégralité des frais de scolarisation et du coaching pour la mise en confiance.

Le Trophée «Créatrice d’entreprise numérique» récompensera une lauréate parmi des jeunes femmes qui ont un projet d’entreprise numérique ; l’idée est de les accompagner pendant quatre mois et de leur offrir une accélération technique et marketing. Par le biais d’un incubateur : Paris Pionnière.

Le Trophée «Femme investie dans l’action sociale et humanitaire » vise à mettre en lumière une femme qui se distingue car, elle sait concilier vie privée – vie professionnelle, s’engager au profit d’une action humanitaire, caritative, de mécénat de compétence ; le trophée lui permettra de bénéficier du sponsoring d’un ou deux partenaires de l’opération pendant un an pour accompagner son action.

Rendez-vous donc le 30/09 à 18h.

http://www.excellencia.org/

On en parle sur BFM business dans mon ITW de rentrée par Frédéric Simmotel

http://bfmbusiness.bfmtv.com/mediaplayer/video/syntec-numerique-quels-sont-les-enjeux-et-les-priorites-de-la-rentree-guy-mamou-mani-dans-01business-3008-14-307514.html

 

15 avril 2014 ~ 0 Commentaires

Les industriels du numérique en santé prêts à cosigner un « pacte de responsabilité » avec les acteurs publics

Il y a deux ans, des membres éminents de l’équipe de campagne de François Hollande dressaient un constat sévère sur l’enlisement numérique qui, selon eux, plombait les industries de santé et du numérique (http://www.liberation.fr/societe/2012/04/11/cinq-ans-denlisement-numerique-une-menace-pour-la-qualite-des-soins_810931)

Nous partagions alors le sentiment de ne pas avancer suffisamment vite en matière d’intégration des Technologies de l’Information et de la Communication (TICs) dans le système de santé au regard des enjeux énormes que représentaient ces transformations (selon l’étude prospective de PwC « Socio-economic impact of m-health » de septembre 2013, l’Union Européenne pourrait augmenter son PIB de 93 milliards d’euros en 2017 grâce à la m-santé)

Nous déplorions notamment l’absence de lignes directrices nationales claires et constantes, l’empilage de structures aux compétences proches prêtant à confusion et la trop grande fragmentation des systèmes d’information alors que les TICs sont des leviers puissants susceptibles de favoriser la coordination des professionnels de santé entre eux, au sein et en dehors des établissements, d’améliorer la qualité et la sécurité des prises en charge, et d’optimiser l’utilisation des ressources sur tout le parcours de soin.

 

La multiplication des « appels à projets », e-santé n°1 puis n°2[1], ne nous paraissait pas davantage répondre aux besoins du moment : des expérimentations loco-régionales sans objectif de passage à l’échelle ne dessinent pas les contours d’une véritable politique industrielle en santé.

 

Aussi avons-nous accueilli avec satisfaction la publication par Marisol Touraine, le 23 septembre 2013, de la Stratégie Nationale de Santé (SNS) qui est venue clarifier le débat et éclairer la route. Non seulement la Ministre des Affaires sociales et de la Santé fixait le cap et les échéances mais elle reconnaissait le rôle déterminant des TICs dans le développement des collaborations sur les territoires et dans l’optimisation des compétences.

 

Nous ne pouvions que nous réjouir de retrouver dans ses orientations un écho direct de nos propres préoccupations concernant en particulier la Télémédecine, l’Hôpital Numérique ou encore l’ouverture des données de santé[2].

 

Depuis, nous assistons à un foisonnement impressionnant d’initiatives en matière d’usage du numérique au service de l’amélioration et de la modernisation du système de soins.

 

Ce foisonnement va à priori dans le bon sens, même si les acteurs ne sont pas toujours au clair sur les différents projets, et surtout sur leur articulation. Passons en revue quelques une de ces initiatives :

 

  • Le programme « Territoire de soins numérique » (TSN). Doté d’une « enveloppe FSI » de 80 millions d’€, ce programme est l’une des premières traductions de la stratégie de santé. Il en épouse en effet l’un des axes majeurs qui consiste à organiser les soins sur un territoire donné dans le cadre d’une médecine de parcours s’appuyant sur les ressources du numérique. Ce sont les agences régionales de santé (ARS) qui ont été invitées à candidater et qui, si elles sont sélectionnées, feront appel – et alors seulement – aux industriels pour mener à bien le projet moyennant rétrocession d’une partie de la dotation.
  • Seconde initiative lancée quasi simultanément par le Ministère de la santé, l’appel à candidatures pour des expérimentations de télémédecine dont les actes seront pris en charge à titre dérogatoire et pour une durée de 4 ans par un fonds d’intervention régional (FIR) selon les termes de la loi de financement de la sécurité sociale pour 2014. Là aussi ce sont les ARS qui, d’ici le 21 février, doivent se déclarer candidates. Suivra le temps de l’instruction administrative puis celui de la sélection des régions sur la base de l’intérêt de santé publique des projets candidats et de leur capacité à faire adhérer au programme le plus grand nombre de professionnels de santé, ce qui laisse entendre que l’aire géographique concernée pourrait être plus grande que dans le cas de TSN.
  • Mentionnons également celle prise par le « Comité Stratégique de Filière » Santé qui s’est engagé à faire progresser une mesure relative à la e-santé/télémédecine en tant que filière technologique émergente à fort potentiel de développement.
  • Dans le même temps, une nouvelle filière fait son apparition à côté du sanitaire, la Silver Economie, laquelle ambitionne de faire du vieillissement de la population un atout économique. Le Syntec Numérique figure au nombre des signataires du « Contrat de Filière », constatant que les outils numériques sont à ce jour encore peu utilisés par les acteurs concernés.
  • Enfin, l’une des dernières initiatives des pouvoirs publics est le Plan Santé Numérique (PSN), l’une des 34 priorités de la « nouvelle France industrielle » du Ministère du Redressement Productif.

 

On le voit, il manque à cet empilement de projets, tous vertueux par ailleurs, un cadre architectural, qui fixe les objectifs à atteindre pour chacun de ces projets, leur ordonnancement réciproque; qui positionne les Cahiers des Charges et les métriques d’évaluations respectifs, voire détermine la « Doctrine Administrative » sous-jacente.   

 

En tant que partie prenante sur ce Plan Santé Numérique, nous proposerons des actions qui permettront d’aller vers un meilleur pilotage et de lever les freins que la filière industrielle constate. .

 

« PSN » réunit en effet dans une formation mixte, acteurs du public et du privé, autour d’une feuille de route définie par l’exécutif : « préciser les objectifs à atteindre, les freins à surmonter, les outils à mobiliser, les financements à solliciter (notamment dans le cadre des investissements d’avenir), les éventuelles expérimentations à conduire, les partenaires à associer et le calendrier à suivre. »

 

Un bilan d’étape est prévu courant avril 2014 et nous en attendons beaucoup, au-delà de l’évaluation qui reste à faire de ce qui a été déjà expérimenté au-travers d’innombrables rapports et appels à projets subventionnés. On l’aura compris, nos attentes sont fortes, notamment en matière de fixation d’objectifs industriels atteignables, de parcours mieux fléchés d’accès au marché, de clarification des règles du jeu concurrentiel et d’une architecture globale de pilotage national lisible.

 

Nous souhaiterions que les préconisations du Plan Santé Numérique aident à compléter ce qui manque encore à la stratégie nationale de santé pour produire son plein effet, à savoir l’existence d’un cadre commun d’urbanisation. La définition de ce cadre comme celle de ses principes fondateurs procède d’une démarche collective et reste entièrement à faire.

 

Nous sommes prêts pour notre part à contribuer activement au succès de cette stratégie en introduisant la démarche d’urbanisation dans le volet numérique de la SNS, à participer aux côtés des ARS aux expérimentations préfiguratrices qui s’annoncent et à accompagner la mise en œuvre opérationnelle de ce qui sera édicté dans le Plan Santé Numérique ».

 

Ce travail de co-construction pourrait être régi par un « pacte de responsabilité » qui nous associerait étroitement aux Ministères concernés, en particulier dans les phases de concertation amont. C’est dans ce cadre que pourraient, par exemple, être fixés les objectifs phasés de la stratégie nationale et arrêtée la doctrine d’emploi des Entreprises de Services du Numériques (ESN) [3] en santé qui peuvent se prévaloir d’un modèle économique particulier.

 

 L’idée de « bénéfice moralement acceptable » est totalement étrangère à ces entreprises pour qui la santé n’est qu’une activité parmi d’autres. Il serait dés lors aberrant de leur demander de « sponsoriser » le marché santé dont elles attendent un ROI normal tout comme les « Medtechs » françaises regroupées au sein d’InnoTechmed France qui ont récemment fait valoir qu’en l’absence de ventes significatives en France, elles « n’ont souvent pas d’autres solutions que de faire leur premier chiffre d’affaires à l’étranger »[4].

 

Les signataires de cette tribune sont conscients que faute d’engagements réciproques dans la durée les efforts des uns et des autres pour rendre possible ce qui est nécessaire dans le domaine qui nous intéresse resteront vains.

 

La santé mérite mieux !

 

 

 

Thierry Zylberberg                                                                Guy Mamou-Mani                

Vice-président exécutif d’Orange                                         Président, Syntec Numérique

Directeur Général d’Orange Healthcare                              

 



[1] Sous l’intitulé « santé et autonomie sur le lieu de vie grâce au numérique »  pour le 1er et « Développement de services numériques pour la santé et l’autonomie » pour le 2d, ces appels à projets menés dans le cadre des investissements d’avenir étaient dédiés au soutien de déploiement expérimentaux de technologies et de services numériques dans le champ de la santé

 

[2] Cf les Livres blancs Syntec Numérique sur l’hôpital numérique,  la télémédecine

[3] Cf le livre blanc à paraître : de la SSII à l’ESN, enjeux et modes de transformation

[4] Pierre Moustial et les dirigeants d’InnoTechmed in La Tribune, 5 02 2014

28 mars 2014 ~ 0 Commentaires

Il faut impérativement réorienter les efforts fiscaux du Pacte de responsabilité vers les emplois à forte valeur ajoutée

 

J’y vois une obligation même si elle ne fait pas consensus. C’est peu dire que les positions en présence sont contrastées, les unes insistant sur l’emploi et la réduction du chômage,  les autres sur la compétitivité des entreprises et l’attractivité du pays.

 

Des économistes comme Vincent Beaufils (sur BFM le 27 mars 2014), ou David Thesmar soutiennent l’idée (les Échos du 6 février) que dans les futurs allègements, il faudra cibler les réductions de charges sur les bas salaires. Cet allègement de charges sur les  salaires voisins du SMIC aurait un effet rapide et puissant sur l’emploi et contribuerait notamment à la résorption du chômage des jeunes, très élevé en France, en les rendant employables. Une étude récente publiée par l’Institut Montaigne viendrait étayer leur conviction : « une mesure annulant complètement les charges patronales qui subsistent au niveau du SMIC (14 points en moyenne) pourrait créer jusqu’à 800 000 emplois ». A noter toutefois que cet allègement de cotisations sur les bas salaires a pour corollaire une surcharge des salaires plus élevés qui pénalisent l’emploi qualifié.

 

D’autres veulent que la baisse des charges soutienne prioritairement la compétitivité et donc soit appliquée à des niveaux de salaires plus élevés. C’est le point de vue développé par Jean-Louis Beffa dans la livraison de Challenges de cette semaine ; c’est aussi l’orientation prise par le Medef qui, par la voix de son vice-président, Jean-François Pillard (les Échos du 12 mars), plaide pour « le maintien des allégements de charges dits ‘ Filion’, le maintien du CICE et la mise en œuvre d’une baisse supplémentaire […] sur les cotisations patronales », soulignant au  passage que la concentration des allégements sur les bas salaires « serait inacceptable pour le Medef et en particulier pour les activités à haute valeur ajoutée [qui ] seraient obligées d’en tirer les conséquences »

Alors que rien n’est encore arrêté et que les arbitrages sur le ciblage des 10 milliards d’allégement de charges du pacte de responsabilité n’ont pas encore été rendus, je me réjouis de cette prise de position du Medef qui augure bien de l’issue des débats à venir avec l’Exécutif qui, pour l’heure, comme tous les gouvernements depuis 20 ans – qu’ils soient de gauche et de droite-, penche plutôt pour la solution préconisée par Vincent Beaufils et David Thesmar d’une baisse des charges sur les bas salaires donc pour une croissance riche en emplois peu qualifiés qui entrave la montée vers le haut de gamme et les services à forte valeur ajoutée.

Ces négociations sur ce sujet du ciblage des charges qui, loin d’être trivial, engage notre perception de l’avenir. Il est impératif de demander, contrairement aux idées généralement reçues, à ce que les charges qui pèsent sur les emplois qualifiés- les métiers à valeur ajoutée-, soient allégées sans délai. Ce sont ces emplois qui créent de la valeur et donnent à notre pays un avantage compétitif. Or ce sont aujourd’hui ces emplois et derrière eux les acteurs des secteurs qui les suscitent qui sont indûment pénalisés. Ils devraient au contraire être encouragés à créer des emplois qualifiés par des mesures fiscales appropriées.

 

De plus, la compétitivité obtenue par l’ensemble des entreprises favorisant les investissements de rupture générera mécaniquement des créations de postes dans les catégories socioprofessionnelles les moins qualifiées.

 

Une étude COE-Rexecode/Syntec récemment publiée souligne à raison que les entreprises françaises payent les salaires chargés parmi les plus élevés d’Europe alors que leurs salariés perçoivent des rémunérations nettes qui sont parmi les plus faibles. Cette situation ne peut plus durer, sauf à prendre le risque de voir notre pays à jamais disqualifié, ses entreprises les plus innovantes et ses centres de recherche & développement s’étant délocalisés comme c’est déjà le cas pour certaines activités très pointues. Certains éditeurs de jeux sont ainsi partis, de guerre lasse, à Montréal (Canada), alors que ces pépites avaient vocation à rester françaises.

 

Il faut trouver le moyen pour que les entreprises de notre secteur puissent continuer à attirer des talents et à mieux payer leurs collaborateurs de haut niveau – ce qui est une manière de reconnaître leurs compétences et de les fidéliser -, sans pour autant que cela les mette en difficulté. Le CIR répond pour partie au problème posé mais ce dispositif est réservé à la recherche. Il reste à imaginer des mécanismes applicables aux activités du secteur numérique.

 

Aussi , pour faire gagner à la France la bataille de la compétitivité, demandons-nous de manière insistante  au Gouvernement et en particulier à François Hollande qui sera in fine l’arbitre de la situation :

 

  1. que le plafond du CICE (Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi) actuellement assis sur des rémunérations dont le montant n’excède pas 2,5 Smic et concerne de ce fait peu le secteur des TICs où le salaire moyen est supérieur à celui des autres secteurs d’activité, soit porté au moins à 3,5 fois le SMIC comme le préconisait le rapport Gallois
  2. que la baisse des charges cible prioritairement les salariés investis dans les secteurs les plus porteurs comme le Numérique, afin que leur rémunération nette augmente et les incite à moins quitter la France dans un contexte où la concurrence est rude et mondiale, un des effets de cette mesure étant de renforcer l’attractivité du territoire national et de réduire les approches dites « off-shore »
  3. que l’on soit attentif au bon équilibre des comptes des entreprises de pointe qui doivent supporter un coût horaire du travail dans la programmation, le conseil et d’autres activités informatiques parmi les plus élevés d’Europe.

 

Notre pays est aujourd’hui à un tournant de son histoire. Les recettes utilisées depuis des décennies l’ont conduit dans une impasse dont il faut impérativement sortir. Les analyses concernant les solutions à apporter au drame du chômage manquent de nuances et sont trop simplistes. Leurs auteurs reconnaissent eux-mêmes leur caractère court-termiste qui conduit aux millions de chômeurs actuels : Pole Emploi, recensait en janvier 2014, toutes catégories et territoires confondus, 5 972 000 inscrits, auxquels il faudrait ajouter les chômeurs invisibles…

Il est temps de changer de méthode !

20 décembre 2013 ~ 1 Commentaire

Le numérique est toujours « terra incognita » en France

Même si nous avons déjà les yeux rivés sur 2014, cette période de l’année est traditionnellement propice aux bilans. Je ne dérogerai pas à la règle et, ce qui ne devrait pas vous surprendre, je le ferai à l’aune du numérique.

C’est avec une très grande satisfaction, comme je l’avais indiqué lors de la présentation par François Hollande des « 34 plans industriels », que je vois des pans entiers de l’industrie française pénétrer dans l’ère du numérique rendant obsolète la dialectique passée opposant l’industrie aux services.

En favorisant l’innovation et la diffusion des technologies numériques dans l’ensemble de l’économie par une politique industrielle qui ne se limite pas à l’étroit segment de la haute technologie mais au contraire privilégie l’usage, notre pays s’adapte aux caractéristiques et aux défis des économies fondées sur le savoir.

Si je salue la digitalisation croissante de toute notre économie, je déplore par contre qu’en dépit des efforts de tous la « culture numérique » qui figurait pourtant en bonne place dans l’agenda présidentiel n’ait pas progressé davantage cette année et reste encore trop cantonnée dans une frange de la population, certes de plus en plus nombreuse, mais encore trop limitée en nombre.

Force est en effet de constater que la culture de la transformation numérique se développe à un rythme beaucoup moins soutenu qu’escompté par les industriels du secteur. Si l’on ne corrige pas de manière volontariste la trajectoire en jouant sur les bons leviers, à commencer par le système éducatif, je ne vois pas que la situation puisse s’améliorer, du moins à brève échéance.

Nous courons plutôt le risque, en comparaison avec les autres pays, de voir la France continuer à s’enfoncer dans les bas du tableau des classements internationaux, quoique l’on pense par ailleurs de ces classements et, en particulier, des biais méthodologiques introduits comme ceux liés à la construction d’une échelle de compétences et l’algorithme d’estimation des scores à ces échelles.

Les résultats de la dernière étude du Programme international de suivi des élèves (Pisa) réalisée par l’OCDE sont à cet égard éloquents qui placent Shanghaï à la première place.

Les performances testées par l’enquête PISA des élèves français en mathématiques et lecture sont comparativement parmi les moins bons du panel. Ces résultats sont corroborés par ceux d’une autre étude de l’OCDE publiés en novembre dernier qui montrent que la France accuse une perte rapide de compétences, et cela à tous les niveaux, ce qui nuit à sa compétitivité globale.

http://www.usine-digitale.fr/article/former-au-numerique-un-enjeu-d-efficacite-economique-et-d-insertion-sociale.N223436

Il est encore temps, collectivement, de réagir. Le choix du déclin n’est pas une option, même si certains s’y complaisent. Aussi proposons-nous au président de la République qui a bien voulu solliciter notre avis de faire entrer la France de plein pied dans ce « nouveau monde » qui nous attend en propageant méthodiquement la culture numérique.

Ce monde qui vient est en effet encore, pour trop de nos concitoyens, une « terra incognita». Il faut aller au-delà de la simple acculturation au numérique. Aujourd’hui, seuls les « digital natives », ceux qui ont grandi dans un environnement numérique depuis leur naissance, maîtrisent les codes de ce nouveau monde qui est en train de casser les codes des ères précédentes.

C’est parce que cette culture du numérique leur fait défaut, que le parlement a voté sans sourciller l’article 13 de la loi de programmation militaire qui crée, sous couvert de généraliser la cyber surveillance, une brèche dans le contrôle démocratique des données.

http://lecercle.lesechos.fr/entreprises-marches/high-tech-medias/internet/221186541/lpm-et-confiance-numerique-si-viens-numeriqu

Pour que la fracture numérique ne se creuse pas davantage et éviter que ne se reproduisent pareilles aberrations qui font perdre confiance dans le numérique, nous préconisons la mise sur pied d’une filière de formation Informatique et Numérique qui permettra de remettre à niveau les compétences du plus grand nombre et dés lors de renouer avec le leadership que la révolution industrielle de la fin du 19 ème siècle nous avait donné.

N’est-ce pas ce que nous pouvons nous souhaiter de mieux au seuil de l’année prochaine.

Avec tous mes bons vœux.